Le syndrome de Korsakoff

À ne pas confondre avec la maladie d’Alzheimer
Rubrique

Le syndrome de Korsakoff est lié à un manque de vitamine B1 et se manifeste par un trouble de la mémoire des faits récents.

Le syndrome de Korsakoff (SK)* est encore assez fréquent mal­gré un traitement très simple – la prescription de vitamine B1 – à l’instar du scorbut lié à un déficit en vitamine C. En effet, le SK correspond à un grave déficit en vitamine B1, comme on peut l’observer en cas d’alcoolisme chronique ou lors des dénutritions. L’alcoolisme chronique à lui seul explique la persistance de ce syndrome pourtant facilement réversible.

Problème, le SK, mal connu, et la maladie d’Alzheimer qui l’est beaucoup plus, partagent de nombreux symptômes. Rien de plus facile ou tentant que d’attribuer des troubles de la mémoire à une maladie d’Alzheimer débutante alors qu’il s’agit en réalité d’un authentique SK. Et le risque est d’autant plus important que le diagnostic de SK est essentiellement clinique et basé sur la constatation des symptômes neurologiques. Pour autant, et dans le doute, un dosage du taux sanguin de vitamine B1 peut être réalisé. En pratique, le SK, lorsqu’il est d’origine alcoolique, est souvent précédé par un syndrome de Gayet-Wernicke (SGW), une forme atténuée de SK.

Vitamine B1

La vitamine B1, ou thiamine, concourt à la production d’énergie via les glucides et agit également comme neuromédiateur. Rappelons que les glucides sont essentiels au bon fonctionnement du cerveau. Rien d’étonnant donc d’observer des troubles neurologiques importants en cas de déficit en vitamine B1.
Toutes les pathologies qui peuvent entraîner une dénutrition peuvent donc être à l’origine du SK : alcoolisme chronique, états de dénutrition sévère par privation, volontaire (anorexie, grève de la faim…) ou non (alimentation difficile, nutrition parentérale…).

Troubles de la mémoire antérograde…

Dans le SK, les troubles de la mémoire sont au premier plan. En cause, des altérations des corps mamillaires, deux petites formations nichées au fin fond de l’hypothalamus, cette région du cerveau dédiée notamment à la mémoire. L’amnésie du SK est dite antérograde, c’est-à-dire que le malade ne peut se souvenir des faits récents alors que les faits anciens sont à peu près conservés, voire discrètement perturbés (mémoire rétrograde).

… et propos délirants

Le malade atteint de SK peut avoir des propos délirants. Les fausses reconnaissances des visages sont également possibles, le malade reconnaissant des personnes qu’il n’a jamais vues, d’où une tendance à l’affabulation. Enfin, le patient peut s’égarer facilement, même dans un endroit familier, comme dans la maladie d’Alzheimer. Quelles que soient les perturbations constatées par l’entourage, la personne n’en a pas conscience, ce qui rend la prise en charge difficile.

Pièges diagnostiques

- Maladie d’Alzheimer
- Dénutrition sévère
- AVC
- Pathologie des lobes cérébraux frontaux (« syndrome frontal »)
- Encéphalites diverses, herpétiques notamment
- Intoxication au monoxyde de carbone
- Traumatisme crânien récent.

Symptômes cliniques

À côté des perturbations psychiques, le SK peut s’accompagner de troubles de l’équilibre, d’un nystagmus, d’une altération de l’état général, de troubles oculaires avec impossibilité de regarder vers l’extérieur, mais aussi de troubles neurologiques aux membres inférieurs.
Du fait de l’alcoolisme fréquemment associé, on peut retrouver aussi des stigmates de l’imprégnation chronique d’alcool. Toujours dans les causes possibles d’un SK, n’oublions pas la dénutrition et ses symptômes propres…

Hospitalisation

L’hospitalisation est la règle en cas de SK, dans le but notamment de protéger le patient que son état psychique expose à de nombreux dangers, domestiques notamment. Le traitement de fond repose sur la vitaminothérapie B1 en urgence (injection d’une forte dose de vitamine B1 par intraveineuse et/ou intramusculaire) puis par voie orale (comprimés de vitamine B) une fois la phase urgente passée.

Prévention

La prévention du SK est essentielle en cas d’alcoolisme chronique. Elle consiste d’abord à accepter un sevrage, ainsi qu’à la reprise d’une alimentation suffisante et non carencée en vitamine B1.

* Du nom d’un psychiatre russe qui en fit la première description en 1887.

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