Hypersensibilité chimique et complémenthérapie

ven, 02/06/2017 - 13:48 -- Didier Le Bail
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L’hypersensibilité chimique est un trouble de santé caractéristique, pour ne pas dire emblématique, d’une civilisation qui, au lendemain de la seconde guerre mondiale, a définitivement basculé dans le tout-chimique, y compris en médecine.

Ce fut peut-être pour le meilleur à court terme (antibiotiques, autosuffisance alimentaire, amélioration du confort matériel), mais certainement pour le pire à moyen terme (antibiorésistance, appauvrissement des sols, empoisonnement progressif de l’eau, de l’air, de la terre et des organismes vivants, baisse de la fertilité, changement climatique). Quant aux conséquences à long terme, ce sont les générations futures qui devront les supporter. Entre-temps, le tout-génétique s’est superposé au tout-chimique. Plus fondamentalement, il y a chez l’homme moderne cette volonté de manipuler l’infiniment petit qui est en train de le faire basculer dans l’ère "nano".

UNE MALADIE "ÉMERGENTE"
Voilà pour le contexte. Revenons maintenant à des considérations plus médicales. Qualifiée de "pathologie environnementale émergente", l’hypersensibilité chimique affecterait, à des degrés divers, 3 % de la population des pays industrialisés. Les personnes concernées développent des symptômes variables et non spécifiques : fatigue, confusion mentale, maux de tête, étourdissements, palpitations, bronchite et asthme chronique, troubles ORL et digestifs, douleurs musculaires et articulaires…

UNE MALADIE DE "TERRAIN"
Une maladie ne peut s’installer que sur un terrain propice à son développement. Dans le cas de l’hypersensibilité chimique, il y a effectivement une dégradation du terrain biologique qui se manifeste sous la forme d’une toxémie et d’un dérèglement de l’immunité. Même si la réalité est certainement plus complexe, il s’agit clairement des deux éléments clés à retenir de prime abord.

D’où une stratégie thérapeutique articulée autour de trois axes principaux :
1 – Détoxication profonde de l’organisme ;
2 – Rééquilibrage d’une immunité ayant basculé vers un profil Th1 et contrôle des processus inflammatoires associés à une immunité à dominante Th1 ;
3 – Lutte contre le stress oxydatif et nitrosatif (1) qui promeut et entretient l’activation des voies immuno-inflammatoires.

LA COMPLÉMENTHÉRAPIE À METTRE EN ŒUVRE
Phase initiale de nettoyage de l’organisme (6 semaines)
Ingrédients clés : concentré enzymatique d’origine végétale (pour à la fois détoxiquer, désacidifier et revitaliser l’organisme) ; phyto-complexe spécial "5 émonctoires" (pour soutenir les organes d’élimination : foie, reins, intestin, poumons, peau).

Traitement de fond (1 an)
Ingrédients clés : vitamine D (pour diminuer la prédominance de la voie Th1) – curcumine (pour contrôler les processus inflammatoires) – ail vieilli (pour lutter contre le stress oxydatif et nitrosatif).

BON À SAVOIR
=> La restriction calorique et le jeûne intermittent ont pour effet d’induire une diminution de la production d’interféron-gamma, principal messager immunitaire pro-inflammatoire associé à la voie Th1.
=> Les amateurs de thé vert gagneront à en consommer encore plus car ses catéchines, en particulier l’EGCG, aident à diminuer la prédominance de la voie Th1.
=> S’exposer au soleil le plus régulièrement possible est également bénéfique. Les UVB, sans lesquels la peau est incapable de fabriquer de la vitamine D, ont pour effet de diminuer les niveaux d’interféron-gamma en cas d’immunité à dominante Th1. Inutile de prendre le soleil derrière une vitre : le verre bloque les rayons UVB !
=> Des chercheurs japonais ont récemment découvert que les taux d’acétyl-L-carnitine étaient abaissés de manière très significative chez les personnes souffrant d’hypersensibilité chimique. L’acétyl-L-carnitine est surtout connue pour sa capacité à améliorer les problèmes de mémoire chez les personnes âgées, mais elle se montre aussi très utile en cas de fatigue mentale, de brouillard mental (brainfog). Une complémentation apparaît donc d’autant plus pertinente quand l’hypersensibilité chimique s’accompagne de fatigue et de confusion mentale. Le produit se prend sur estomac vide à raison de 1500 mg minimum par jour.

(1) Stress oxydatif et nitrosatif : si pratiquement tout le monde a déjà entendu parler du stress oxydatif, lié à une surproduction de radicaux libres de l'oxygène, c'est encore loin d'être le cas pour le stress nitrosatif, induit par la surproduction de radicaux libres de l'azote. La rencontre des radicaux libres de l'azote avec ceux de l'oxygène est explosive car elle précipite l'apparition du plus redoutable des radicaux libres : le peroxynitrite. L'ail vieilli est riche en S-allylcystéine, une substance capable de capter le peroxynitrite.

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Article paru dans le : 
Rebelle-Santé N° 196
Type de publication : 

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