Les Celtes et les arbres

L’Alphabet BLN*
Rubrique

« Nos ancêtres les Gaulois » avaient un savoir quelque peu tombé aux oubliettes. Heureusement, des chercheurs ont mis à jour des informations datant de 2000 ans. Près d’Aix-en–Provence, une archéologue s’est passionnée pour cet alphabet des arbres…

"Afin de ne pas confondre les deux termes qui évoquent la même civilisation, disons que les Grecs parlaient des Celtes tandis que les Romains ont été confrontés aux Gaulois" : Myriam Philibert préfère préciser d’emblée les nuances de langage. Ce peuple qualifié de « barbare » par l’empereur César commence à apparaître au Ve siècle avant J.-C. Comme le gallois, le breton et le vieil irlandais font partie de la langue celte.

«Dans la société de l’époque, précise ce docteur en préhistoire originaire du Puy-en-Velay, les bardes avaient une grande importance. À la fois poètes et musiciens, ils avaient l’art de tourner leur société en dérision. L’un d’eux, un Gallois du nom de Taliesin, a écrit un vaste poème intitulé Le combat des arbres dans lequel 23 arbres sont cités.»

13 CONSONNES 5 VOYELLES
En plus de ces arbres, le barde parle des plantes comestibles telles que le blé, les fèves, les poires et les framboisiers. Mais alors, quel rapport avec ce fameux alphabet ? «Il est repris dans Le combat des arbres, bien antérieur et beaucoup plus archaïque, admet Myriam Philibert. À vrai dire, son origine se perd dans la nuit des temps…».
Toujours est-il que cet alphabet, hérité de nos ancêtres et considéré comme sacré, compte 13 consonnes correspondant à 13 arbres : B, pour le bouleau (beth), S pour le saule (saille), D pour le chêne (duir), etc. Ces 13 arbres indiquent les lunaisons de 28 jours... Car cet alphabet a aussi la particularité de constituer un calendrier, le calendrier des arbres!
Ainsi, B va du 23 décembre au 19 janvier ; L du 20 janvier au 16 février, etc.
Les 5 voyelles indiquent les changements de saison : A pour ailm, l’épicéa correspond au solstice d’hiver ; O pour onn, l’ajonc, annonce l’arrivée du printemps ; U pour ur, la bruyère indique le solstice d’été ; E pour eadda, le peuplier marque le passage à l’automne et i, pour idho, l’if indique la date du 21 décembre, jour épagomène**.

OGHAM
On retrouve cet alphabet celte des arbres – très particulier et aussi appelé ogham – sur des pierres, car il servait à transcrire des inscriptions funéraires ou commémoratives. Il peut aussi se comparer à une méthode de divination analogue au tarot ou aux runes, issues de l’alphabet étrusque et datant de la même époque.

À LIRE
L’Alphabet des arbres, de Myriam Philibert (Éditions du Rocher) – 22,30 €.
Ogham, le Yi-King celtique des arbres, de Gwyddhyon (Édition Chariot d’or) – 11,55 €.
Calendrier celtique - Le signe de l’arbre, de Michaël Vescoli (Actes Sud) – d’occasion sur internet ≈ 5 €.
L’ogham celtique ou le symbolisme des arbres : l’oracle des druides, de Julie Conton (Éditions Mémoires du monde) – 24,90 €

* Alphabet des arbres : BLN pour Beth (bouleau), Luis (sorbier), Nion (frêne)
** Un jour épagomène est un jour ajouté à la fin de l’année d’un calendrier composé de mois de longueur égale, afin de corriger le décalage entre les indications du calendrier et le cycle astronomique qu’il représente, c’est-à-dire l’année tropique de 365,2422 jours.

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