En Avril, le printemps s'installe !

Tout augmente : la durée du jour, les températures et… le travail à faire !
Mais en avril, la météo est versatile. L’important, c’est de partir à point !

Les pluies et les coups de froid de cet hiver laissent envisager une belle saison de jardinage avec, dans la plupart des cas, une reconstitution des réserves en eau du sol, et une élimination naturelle de certaines formes parasitaires. Tenez compte du lessivage des éléments minéraux dû aux précipitations des mois précédents, surtout dans les sols pauvres en matière organique : apportez sur tout le jardin un engrais complet (1). Pour partir du bon pied, méfiez-vous d’éventuelles gelées, gardez à portée de main les protections hivernales. Pensez à arroser et à protéger la surface du sol contre l’évaporation les jours chauds, c’est le meilleur moyen de favoriser une remontée efficace de l’eau des profondeurs.

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=> Préparez la terre au fur et à mesure des besoins. Pour les sols peu ressuyés, deux possibilités pour éviter le risque de pourrissement des racines ou des graines : les installer sur une légère butte ou attendre un peu. Comme la terre humide est toujours plus froide, il vaut mieux attendre qu'elle sèche ; en effet, pour la levée ou le démarrage de la croissance, c’est la température du sol qui compte le plus !

=> Semez bette, betterave, carotte, cerfeuil, chou rouge et vert, épinard, fève, navet, persil, pois, radis, roquette, panais, scorsonère, salsifis. Pour les haricots, il est encore un peu tôt.

=> Semez au chaud à l’intérieur ou sur couche chaude sous châssis : aubergine, basilic, concombre, courges, courgette, melon, poivron, potiron. En climat doux, envisagez un semis sous tunnel. Pour éviter le stress de la chute des températures la nuit, vous pouvez opter pour une couche chaude ou un paillage épais des plants. Attention, en avril, certains jours peuvent être très chauds, il faut ouvrir pour ventiler, et arroser en conséquence.

=> Plantez oignons, pommes de terre, batavia, laitue. Que vous achetiez ou que vous les fassiez, ne mettez pas en terre les plants avant de les avoir endurcis et qu’ils aient au moins 4 à 6 feuilles vraies. Comment endurcir les plants ? Tout simplement en les soumettant progressivement aux températures extérieures. Cela ne vous dispensera pas de prévoir une protection légère en cas de coup de froid (tunnel ou voile de forçage).

=> Désherbez avec assiduité. L’important est de ne pas se laisser dépasser. Suivant les situations, vous pouvez faire du faux-semis et/ou pailler pour empêcher la levée des « mauvaises herbes ». Souvenez-vous que nombreuses sont les graines qui ont besoin de lumière pour germer. Trois règles d’or complémentaires pour limiter les mauvaises herbes : ne pas laisser grainer les plantes sur place, ne pas mettre au compost les plantes montées à graines, ne pas segmenter les racines de rumex, de chiendent, renoncule rampante, liseron…

=> Récoltez à vos heures perdues de la consoude ou des orties sur le bord des chemins pour faire du paillage fertilisant au pied de jeunes plants ou en faire du purin. Effet starter garanti.

=> Favorisez assez tôt la présence d’insectes et donc des auxiliaires et des pollinisateurs, soit en installant des plantes attractives (soucis, tagètes, nigelles, romarin, hysope…), soit en laissant quelques pieds d’espèces indigènes fleurir : lamiers, trèfles, potentille…

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=> Aérez le sol au pied des jeunes arbres, en principe sans retourner la terre, compostez et paillez sans couvrir le collet ou le point de greffe.

=> Taillez la treille, palissez et nettoyez les framboisiers, faites un tour des tuteurs pour les vérifier.

=> Prévenez les dégâts dus aux insectes : pensez à planter dans le verger des plantes répulsives et à observer les insectes présents pour identifier les populations. Cela vous aidera à faire des choix pour installer ou pas des insectes auxiliaires, et à savoir quand il sera opportun de les introduire au jardin. De même pour le piégeage des mouches des fruits ou des carpocapses : c’est la présence des adultes qui doit déclencher l’installation des pièges et ceux-ci ne doivent rester en place que pendant la durée du vol. Pour l’hoplocampe (petite guêpe qui pond en fin de floraison, et dont la larve colonise le fruit), par exemple, on utilise environ 10 jours avant la floraison un piège blanc brillant englué, mais si ce piège reste au-delà, il finit par capturer tous les insectes attirés par le blanc, même ceux qui n’ont pas à être éliminés.

=> Terminez les traitements préventifs contre les maladies fongiques, ce sont les plus efficaces, notamment le cuivre, sachant qu’il faut limiter son utilisation. Rien ne vous empêche de mobiliser des solutions complémentaire ou alternatives : le soufre, la stimulation des défenses des arbres avec notamment de la prêle, les huiles essentielles, et pourquoi pas une préparation à base de compost qui depuis maintenant quelques années est conseillée en Suisse : 1 volume de compost pour 5 volumes d’eau à faire macérer pendant 4-5 jours à température ambiante, avant de filtrer et pulvériser.

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=> Semez sous abri les cosmos, tagètes, zinnias, sauges et autres annuelles.

=> Renforcez les plants sur une dizaine de jours avant de les planter : repiquez-les en pots et pincez-les pour développer leurs ramifications.

=> Taillez les rosiers, aérez la terre, apportez du compost, installez de l’ail, de la lavande au pied et paillez. Taillez aussi les hortensias.

=> Nettoyez les massifs de plantes de terre de bruyère (camélias, azalées et rhododendrons) : aérez la terre de bruyère et ajoutez-en, fertilisez avec du purin de consoude + une solution à base d’algues ; nettoyez les plants et, comme toujours, faites entrer la lumière pour favoriser la floraison.

=> Sortez progressivement les semi-rustiques (lauriers roses, orangers, brugmansia, géranium…). Renforcez leurs défenses naturelles par une pulvérisation de décoction de prêle additionnée d’algues.

(1) Engrais complet : engrais qui apporte de l’azote, du phosphore, de la potasse, du magnésium et des oligo-éléments ; ce peut être un mélange de poudre de roche + sang séché + engrais à base d’algues.

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