Une drôle de démocratie...

L’Union européenne s’est prononcée pour la fin du glyphosate d’ici 5 ans. Notre Président de la République, lui, a promis qu’on ne l’utiliserait plus dans nos champs d’ici 3 ans. Rappelons que le glyphosate, plus couramment appelé Round’Up, est un désherbant hyper efficace, mais fortement suspecté de nuire à la santé ; il est même jugé cancérogène par l’OMS.

Il aurait paru normal, après l’engagement de la France par la voix de son Président, que la fin du glyphosate soit inscrite dans la nouvelle loi sur l’agriculture, ce qu’ont demandé une cinquantaine de député·es sous forme d’un amendement. Mais, contre toute attente, le texte a été rejeté : 63 voix contre 20. Vous avez bien lu, en tout, ça fait 83 sur 577 député·es…

Moins de 15 % des député·es ont donc décidé qu’on n’inscrirait pas l’interdiction du Round’Up dans la loi. Comment l’expliquer ? C'est tout bête : le vote a eu lieu à 2 h du matin, la plupart des député·es étaient parti·es se coucher et le président de l’Assemblée Nationale a décidé de prolonger les débats. Tout cela après sept jours de discussions non stop de 9 h 30 à 1 h du matin. Comme s'il fallait vraiment en finir...

Le fonctionnement de notre démocratie me semble parfois très étrange. Nous élisons des député·es qui nous représentent, mais dont la présence n’est pas indispensable pour voter les lois… les décisions sont entérinées sans même que soit fixé un pourcentage minimum de présent·es pour passer au vote.

Dans le même projet de loi, des mesures défendant le bien-être animal avaient aussi été demandées. Là encore, toujours en pleine nuit, il a suffi des voix de 48 député·es pour que rien ne change : les poules pondeuses resteront en cage, les poussins seront toujours broyés vivants et il n'y aura pas de caméra dans les abattoirs sauf si ces derniers se portent volontaires… Et cela alors qu’une majorité de Français·es réclament ce type de mesures (88 % des Français·es attendent une meilleure protection des animaux d’élevage selon une enquête de la commission européenne datant de 2016...).

Quant aux pubs pour les aliments sucrés et bourrés de mauvais gras, elles pourront continuer à passer à toute heure sur les écrans dont s’abreuvent les enfants, avec l’hypocrisie de la petite phrase associée qui nous protège de mille maux : « Évitez de grignoter entre les repas » ou « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé »… La proposition d’interdire la promotion de ces aliments poisons a elle aussi été retoquée.

À notre échelle, que pouvons-nous faire ? Tout. Ou presque, finalement. Par exemple, choisir d’arrêter de manger n’importe quelle viande ou produit animal, de cultiver son lopin de terre ou d’adhérer à une Amap pour avoir de bons fruits et légumes, d’acheter le moins possible d’aliments transformés (suivez les conseils de Murielle Toussaint p.21 à 23) en se rappelant la sagesse de Coluche : « Quand on pense qu’il suffirait de ne pas les acheter pour que ça ne se vende plus… ». Notre avenir dépend aussi beaucoup de nous, assumons nos choix et nos responsabilités !

Je vous souhaite un très bel été,

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