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Je suis GRAPHITES

sam, 01/09/2018 - 00:00 -- Anne Dufour
Rubrique : 
Comme une hypothyroïdie

Apathie, lenteur, ralentissement physique et psychique, surpoids, constipation… Graphites a tout de l’hypothyroïdien. Mode d’emploi de ce portrait délicat.

Ma philosophie de vie

=> Une philosophie de vie ? Je ne sais pas. Ça veut dire quoi exactement ? Moi, du moment que j’ai mon petit cocon, chez moi, bien à l’abri, que je peux regarder la télé et m’occuper de mes chats/de ma maison/de ma moitié, je ne demande pas plus dans la vie.

=> À quoi ça sert de cogiter tout le temps, de toute façon ? Ça ne change rien. Les politiques, tous les mêmes ; l’ambition, à quoi bon ; ce qui se passe loin de chez moi ne me regarde pas ; les guerres, les migrants, les catastrophes météo ici ou là, je ne sais pas moi, c’est peut-être le réchauffement climatique ou autre chose ? Chacun son métier, je n’ai pas d’avis sur la question. Mais bon, quand on voit ce qu’on voit, qu’on sait ce qu’on sait et qu’on entend ce qu’on entend, on a raison de penser ce qu’on pense. Les jours passent et voilà. Il ne fait pas bon vieillir. Aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain. Le monde est fou.

=> Du moment qu’on peut se retrouver en famille, faire de bons repas et des petites balades dans la nature (ah, les promenades dominicales après une bonne volaille rôtie !), y a pas à se plaindre.

À table

=> J’apprécie la nourriture, qui me remplit corps et âme. Elle m’apaise, elle est de premier plan dans ma vie, ne serait-ce que pour son aspect doudou. Rien que la routine des repas est agréable : leur préparation, les repères (toujours le même boulanger, poissonnier, maraîcher… ou toujours les mêmes rayons au supermarché). D’autant que les autres plaisirs sensoriels me sont, sinon inconnus ou étrangers, en tout cas fortement atténués.

=> Reste donc la table, qui, en plus de ses vertus rassurantes, tempère mes brûlures d’estomac et autres reflux, améliore d’une manière générale mes symptômes et embellit mon quotidien. Dommage que je trouve tout si salé ! Ou trop sucré ! (le sucre m’écœure). En revanche, j’apprécie une touche d’amertume, notamment en boisson : j’adore la bière, et aussi le thé et le café (non sucré, bien sûr), bien chauds, comme toutes les boissons chaudes d’ailleurs. En revanche, après les repas, je ne me sens pas très bien : somnolent, ballonné, constipé…

Mon apparence

=> Je suis en surpoids pour ne pas dire obèse (forme en poire), et l’ai toujours été. Pas ma faute : c’est à cause de mes glandes, qui marchent au ralenti, paraît-il. Alors forcément, je cumule tout ce qui va avec : frilosité, aspect « mou », divers problèmes cutanés - peau très sèche par endroit, avec des plaques suintantes d’eczéma ailleurs, verrues, cicatrices visibles...

=> Mes cheveux sont mous, secs, ternes, cassants, même mes poils font grise mine.

=> J’ai une cellulite tenace. Que vous dire de plus… Que je ne fais rien pour améliorer mon apparence, peut-être, ça c’est vrai, je dois le reconnaître !

Mes proches

=> Introverti, timide, manquant de confiance en moi, un physique « ingrat » : je n’ai pas beaucoup d’atouts en main pour les échanges, les rencontres, la séduction, l’amitié, l’amour…

=> Pourtant, je suis plutôt sensible (surtout à ce qui m’arrive) et très émotif, et j’ai grand besoin d’être protégé.

=> Mais je manque d’empathie : je ne vais pas vers les autres, je ne m’intéresse pas à eux… donc forcément, rien en retour. En plus, je ne déploie aucune énergie particulière pour quiconque : je n’organise pas de dîners, de fête surprise pour un anniversaire (pour quoi faire ?), de sorties, de vacances, je suis difficile à bouger, à mobiliser, à motiver.

=> J’hésite pour tout et n’importe quoi : choisir un vêtement, un resto, un plat au resto, une machine à café, une paire de pantoufles… Bref, un boulet. Alors forcément, ma vie personnelle est limitée.

=> Côté couple, lorsque je suis concerné (ce qui n’est pas si courant), ce n’est pas folichon. Mon « manque d’hormones » se ressent, aussi bien côté masculin (troubles de l’érection, de l’éjaculation, absence d’orgasme…) que féminin (pas d’envies, pas d’énergie pour les satisfaire, pas de satisfaction sexuelle au bout de toute façon).

=> Souvent, je vis jusque très tard chez mes parents. Si tard que c’est trop tard pour ensuite démarrer quelque chose de mon côté. Peu importe, car démarrer quoi ? Pour quoi faire ? Dans quel objectif ? Je préfère regarder la télé, manger, et courir les magasins. Enfin quand je dis courir, c’est façon de parler…

Ma santé

=> Je n’aime pas traîner au lit, la chaleur sous la couette finit par m’indisposer, me démanger. D’un autre côté, je suis très frileux, donc j’aime être dehors, mais il faut qu’il fasse beau et chaud. J’ai horreur de rester coincé entre 4 murs à la maison !

=> Peu porté sur l’effort quel qu’il soit, je ne fais pas grand-chose, donc forcément le soir, je ne suis pas très fatigué et je dors mal.

=> Côté peau, j’ai plein de petits soucis (comme déjà expliqué). Globalement, tout ce qui s’accompagne de suintement comme du miel ou de mucus me concerne : eczéma, perlèche, gerçures, crevasses, dermatites diverses, « plaques » dans les plis (arrière-genou, notamment), hémorroïdes, constipation…

=> Tout semble « ralenti » chez moi, corps, esprit et âme. Je n’entends pas bien, et ça s’aggrave au fil des années, bien sûr. À force, dans ma tête, cela tourne au monde du silence. Et avec l’âge (même encore relativement jeune), je souffre de troubles cérébraux.

=> Si je suis une femme, je ne suis pas épargnée par le syndrome prémenstruel, les pertes blanches irritantes, les bouffées de chaleur, les démangeaisons génitales. Mais comme tant d’autres femmes ! En revanche, les règles elles-mêmes se passent plutôt bien : courtes, légères, espacées, « claires », pas très gênantes en somme !

=> Mes sens, c’est-à-dire mon rapport au monde, sont comme « modifiés » : les odeurs agréables me perturbent alors que j’en sens d’autres, imaginaires (de brûlé) ; j’ai parfois l’impression d’avoir un sac plastique ou un voile posé sur le visage ; les sons me parviennent étouffés et pourtant j’entends mieux dans un environnement bruyant ; mon palais détecte trop de sel et de sucre ; mes yeux sont parfois le siège d’orgelets, de chalazions et autres petites infections désagréables…

La vie est difficile, quand même…

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