Du bio, pour tout le monde !

jeu, 01/11/2018 - 00:00 -- Pinar Selek
Gagnons notre autonomie...
Rubrique : 

« Le capitalisme tue ». J’ai lu ce slogan sur le mur d’une petite rue, juste après mon atterrissage en France. Je n’oublierai jamais : c’était comme un mot de bienvenue.

Il y a quelques jours, quand j’ai vu « Le Roundup face à ses juges », l’excellent film de Marie-Monique Robin qui rend compte de son enquête au cœur du procès Monsanto, ce souvenir m’est revenu. Vous, lectrices et lecteurs de Rebelle-Santé, vous connaissez sans doute très bien Monsanto. Vous savez aussi que le glyphosate, principe actif du Roundup, produit phare de la marque de cette entreprise, a été reconnu « cancérogène probable » pour tous les êtres vivants. Le documentaire nous emmène à La Haye où s’est tenu le procès du glyphosate, ouvrant la voie juridique pour une reconnaissance du crime d’écocide.

Sur la petite brochure qui présente le DVD, il est écrit : « Alors que les institutions nationales et internationales restent impassibles, différentes enquêtes ont été diligentées par des associations, qui démontrent immanquablement qu’on retrouve du glyphosate jusque dans notre urine, et à des taux généralement dix fois supérieurs à ce qui est toléré dans l’eau potable. »

« Une drôle de démocratie »

En France, plusieurs associations, comme Générations Futures, Les Amis de la Terre, Les Faucheurs Volontaires ou Inf’OGM mènent un travail rigoureux pour alerter le public sur les dangers des pesticides et pour appeler les autorités à agir.
Et Greenpeace a lancé la « course zéro pesticide » pour évaluer chaque année la grande distribution (Carrefour, Auchan, Monoprix…), encourageant les mar­ques à débarrasser de leurs rayons les molécules toxiques le plus rapidement possible. Toutes ces mobilisations ont sans doute été déterminantes dans la réaction du gouvernement, qui s’est engagé à ce que le glyphosate ne soit plus utilisé en France d’ici 3 ans.

Mais, comme Sophie Lacoste l’a écrit dans son édito du numéro de Juillet-Août dernier, il a suffi d’un vote de 63 députés à 2 heures du matin pour que le texte soit rejeté : « Moins de 15 % des député.es ont donc décidé qu’on n’inscrirait pas l’interdiction du Roundup dans la loi. » C’était à la fin du mois de mai. Les autres députés dormaient sans doute à poings fermés, ne se doutant pas, pour certains, que l’on puisse ainsi voter sans eux…
Mi-septembre, le débat a repris à l’assemblée, avec un nouvel amendement demandant que l’interdiction du glyphosate dans les 3 ans soit inscrite dans la loi. Cette fois, le vote a eu lieu à 4 heures du matin, avec une représentation toujours aussi faible : 35 députés pour et 42 contre.

Comment expliquer qu’une promesse officielle du Président de la République ne soit pas validée ? Peut-on encore y croire ? Et comment ne pas réagir devant ce poids des lobbys alors qu’il y a une véritable urgence écologique ?

C’est de la collaboration avec le crime d’écocide. Comment expliquer une telle réaction des élus ? Sans doute ont-ils facilement accès au bio parce qu’ils ont de l’argent, et ne se sentent pas personnellement concernés. Sans doute pensent-ils que le Roundup est loin de leurs assiettes et que le capitalisme ne tue que les pauvres… Mais ils se trompent. La planète s’écroule et tout le monde avec. Bien sûr, à court terme, les riches ont davantage de ressources pour se protéger et, comme le montre le film de Marie-Monique Robin, les premières victimes sont les pauvres. D’ailleurs, quand je vais au magasin bio, je croise surtout des gens aisés… Je me sens mieux dans les magasins plus populaires. Mais voilà, j’ai l’impression que tout ce qui y est vendu ou presque est toxique, alors je n’y vais pas.

Pour essayer d’être le plus en accord avec mes idées, je ne mange pas de viande, ni de conserves, ni de plats préparés, et je vais aussi souvent que possible acheter chez les maraîchers que je connais, avec qui je discute...

Sans argent, nous ne sommes pas, pour autant, condamnés à manger n’importe quoi. Chacun peut décider d’agir à son échelle. Pourquoi ne pas créer un potager à plusieurs ? En permaculture, les potagers sont très productifs et il n’y a pas besoin de beaucoup d’espace.
À défaut d’avoir soi-même un jardin, en se renseignant auprès de sa mairie, on peut souvent avoir accès à un jardin ouvrier ou un terrain financièrement accessible.

On peut aussi en parler aux voisins, aux amis...

J’ai décidé de devenir actrice de ma vie. Pour cela, je dois être la plus autonome possible et m’affranchir des grandes industries. Créons des espaces de solidarité pour nourrir notre corps et notre âme.

Serrons-nous les coudes et donnons-nous la main !

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Article paru dans le : 
Rebelle-Santé n° 210
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