Pour lutter contre la dépression nerveuse

... des recettes naturelles
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En cette période de l’année où l’on pressent déjà l’agitation du futur printemps, vous constatez que vous n’êtes pas dans le mouvement.

Vous êtes accablé.e, rien ne vous intéresse ni ne vous touche. Une immense fatigue s’est emparée de vous ainsi qu’une profonde tristesse. L’obscurité semble avoir envahi votre être, vous n’arrivez plus à vous concentrer, vous dormez mal ou pas quand il le faut et vous avez perdu l’appétit. Votre libido a chuté d’une façon vertigineuse. Devant ce constat, vous vous recroquevillez de plus en plus sur vous-même. Vous êtes certainement touché.e par un symptôme dépressif. Il faut essayer d’enrayer cette situation. Tout d’abord, au-delà de l’envie, pratiquez une activité physique, tous les jours, si possible, pour que votre cerveau sécrète l’hormone du plaisir, la dopamine, et des endorphines, hormones du bien-être. Agissez sur votre alimentation et mangez dans le calme. Créez une atmosphère de détente autour de vous et préparez-vous d’agréables boissons, des tisanes de plantes décontractantes comme la mélisse ou le houblon et, si nécessaire, prenez des extraits standardisés ou des gélules de plantes réputées antidépressives.

Le bonheur serait-il dans l’assiette ?

Une alimentation saine est essentielle en cas de dépression. L’alimentation a toujours été le premier médicament, et une alimentation déséquilibrée, un facteur de déséquilibre mental, depuis toujours. Hippocrate pensait que les états « mélancoliques » étaient dus à trop de « bile noire », on soignait donc d’abord le foie et la sphère digestive par les plantes pour soulager la tête. De nos jours, on s’interroge sur le microbiote intestinal qui héberge bon nombre de bactéries. On s’est aperçu que l’état de ce microbiote agissait sur notre humeur (le bonheur est peut-être dans nos intestins...), qu’une alimentation trop sucrée, trop grasse, avec des aliments transformés favorisait certaines souches de bactéries (présentes dans les intestins) qui perturbaient notre cerveau. Les aliments fermentés telle la choucroute sont par contre une bénédiction. Alors, buvez des boissons fermentées comme le lait fermenté, le kéfir ou le kvas de betterave qui nous vient de Russie.

Voici la recette du kvas de betterave : découpez en tranches sans l’éplucher une belle grosse betterave rouge. Dans un pot en terre, déposez au fond un beau morceau de gingembre et un de curcuma tous deux découpés grossièrement. Ajoutez quatre gousses d’ail et recouvrez avec les tranches de betterave. Bloquez le tout avec une petite soucoupe surmontée d’un poids (un gros galet, par ex.) afin que les aliments ne puissent remonter à la surface. Recouvrez d’eau salée (deux cuillerées à soupe de gros sel pour un litre d’eau). Ne remplissez pas votre pot jusqu’en haut, cela va fermenter… Couvrez-le et laissez à l’ombre, mais à température ambiante, pendant cinq jours. Ensuite, il vous suffit de prélever le liquide fermenté avec une louche, sans toucher aux aliments qui restent au fond. Buvez un verre par jour, et gardez le reste de votre préparation au réfrigérateur.

Et dans la nature

Le millepertuis : Hypericum perforatum

L’effet antidépresseur de l’herbe de la Saint-Jean n’est plus à démontrer, il est maintenant avéré par les recherches médicales actuelles. Il faut toutefois reconnaître que le pouvoir du millepertuis était pressenti des siècles auparavant puisqu’on l’appelait déjà au Moyen-Âge, Fuga daemonum, c’est-à-dire qui chasse le diable, qui chasse les mauvais esprits. C’est l’herbe incontournable en cas de dépression légère à modérée. Cependant, il a des effets secondaires (interaction avec d’autres médicaments, action photo-sensibilisante) qui nécessitent l’avis et le suivi par un médecin. Le traitement est proposé sous la forme d’extrait standardisé solide ou d’extrait standardisé liquide contenant à la fois de l’hypéricine et de l’hyperforine, les ingrédients actifs.

Le safran : Crocus sativus

Cette épice, prisée des gourmands cuisiniers et pâtissiers, est aussi un fameux antalgique et anti-inflammatoire, utilisé notamment en massage sur les gencives douloureuses des enfants. Des études récentes sembleraient confirmer l’effet de cet « or rouge » sur les dépressions légères à modérées, avec certes, une action un peu moins efficace que celle du millepertuis, mais sans les effets indésirables de celui-ci (le safran n’est toutefois pas conseillé aux femmes enceintes car il pourrait provoquer des contractions de l’utérus).

Comme il vous faudrait un champ de crocus pour soigner votre état dépressif, une dose de 30 mg environ de safran étant nécessaire par jour pour que cela soit efficace (ce qui correspond à 15 filaments = 5 crocus), mieux vaut vous tourner vers les préparations toutes faites en gélules ou en capsules ou bien encore en teinture-mère : 50 gouttes de TM matin et soir dans une tisane de mélisse apaisante (10 g de mélisse pour 1/4 de litre d’eau bouillante) ou dans une tisane de houblon qui favorisera votre sommeil (3 g de cônes pour 1/4 de litre d’eau bouillante).

L’oliban : Boswellia serrata

On connaissait les vertus thérapeutiques de l’encens, le Boswellia serrata, sur les pathologies inflammatoires comme l’arthrose, l’arthrite, les pathologies respiratoires... mais pas la relation entre les états dépressifs et le Boswellia. Il est vrai qu’en tant qu’anti-inflammatoire, l’oliban participe à préserver la muqueuse gastrique et intestinale et ceci pourrait expliquer cela...

Et sinon, profitez pleinement de l’oliban en le faisant brûler, tout simplement, car, il ne faut pas l’oublier, la fonction de l’encens était d’apaiser les âmes et d’ouvrir l’esprit...</p

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