Christelle Lassort - Hypnothérapeute

Chaque mois, nous partons à la rencontre d’un ou d’une thérapeute. Aujourd’hui, conversation avec Christelle Lassort, hypnothérapeute à Saint-Sever.

Rebelle-Santé : Quel est votre parcours ?

Christelle Lassort : Particulier ! J’ai fait plusieurs métiers, de commerciale à restauratrice… mais qui ne m’épanouissaient pas. J’ai eu des passages à vide, physiques comme mentaux, et j’ai commencé à chercher « autre chose ». Enfant, déjà, je ne trouvais pas ma place dans une situation familiale compliquée. J’étais spasmophile, agoraphobe, j’ai pris des anxiolytiques, des antidépresseurs… Je suis devenue maman de six enfants très tôt : je vivais une vie qui n’était pas la mienne, me conformant au schéma familial. Je ne vivais que pour les autres, je ne m’accordais rien, j’ai été éduquée comme ça. Un jour, déclic, j’ai commencé à chercher des méthodes naturelles pour aller mieux. En apprenant et en utilisant peu à peu ces médecines alternatives, j'ai commencé à aller mieux, mais pas grâce aux médicaments !

Pourquoi êtes-vous devenue hypnothérapeute ?

Je me suis intéressée à la naturopathie en lisant des livres... Passionnant, mais assez limite, du genre « Demain, vous serez végétarien ». On doit rester maître de ses choix ! Je me suis intéressée à l’hypnothérapie (hypnose ericksonnienne et humaniste) et à la PNL (programmation neurolinguistique). Enfin, je suis passée de la théorie à la pratique, au bout de plusieurs années. Je n’étais pas vraiment soutenue par mon entourage : « Il y a des gens qui paient pour ça ? » ou « T’es sûre que ça sert à quelque chose ? ». En même temps, j’ai beaucoup travaillé sur moi-même durant ce long chemin. C’était un développement personnel au sens propre ! Ça n’a pas été facile, mais tant mieux : j’ai appris, je suis passée par là et je peux transmettre les outils à d’autres.

L’hypnose, c’est magique ?

Oui et non ! Oui, car si vous souhaitez arrêter de fumer, en une séance, c’est possible. Mais non, car sans travail sur l’origine du tabagisme, vous ne réglez pas la source. Pour traiter en profondeur, il faut un travail de fond, quotidien. C’est pareil pour tout. En cas de burn out, une forme de dépression, si on garde son poste par peur (chômage…), on s’enfonce dans une situation où l’on n’est pas soi. C’est le début de problèmes contre lesquels l’hypnose ne pourra rien !

La peur, c’est le fil conducteur ?

Oui, souvent. Peur de perdre son travail, son statut… Pour les difficultés de couple, peur d’être seul, de manquer d’argent… Le même mécanisme : on ne peut pas, on ne veut pas, alors on ne fait pas. On est davantage confortable dans sa zone d’inconfort, car on la connaît, elle est définie : tout sauf changer ! Donc forcément, ça n’avance pas. Souvent, le patient attend que tout vienne du thérapeute. Or, il n’y a pas de magie : la réponse n’est pas en dehors, elle est en soi. Même chez les enfants.

Un exemple précis ?

Des voisins ont fait hospitaliser leur fille de 3 ans et demi suite à un trouble alimentaire. À cause des vomissements, elle ne mange plus du tout et refuse d’être nourrie par « des tubes ». Elle a peur de vomir.

L’équipe médicale est embêtée, les parents affolés. Histoire de tenter le tout pour le tout, j’enregistre un audio d’hypnose de 15 mn, et propose à sa maman de lui faire écouter pendant son sommeil, plusieurs fois dans la journée. Miracle, l’enfant recommence à manger ! Une compote, un yaourt… c’est gagné. Les infirmières et les parents évidemment ravis ! L’audio était basé sur une Visualisation positive motivationnelle immédiate (VPMI), avec l’esprit de la méthode Coué (« Je vais bien ») et de la méthode Vittoz (thérapie psychosensorielle). J’ai enregistré des paroles rassurantes autour de « C’est ta petite voix intérieure qui te parle. Tu es à la maison, ta maman cuisine, ça sent bon. Elle prépare la chose que tu aimes le plus manger… ». Puis au bout d’un moment, affirmation positive « À partir de maintenant, je suis heureuse de manger. C’est bon pour ma santé ».

En sortant de l’hôpital, où je suis allée l’accueillir, ma petite voisine m’appelait sa meilleure amie (alors qu’on s’était à peine rencontrées jusque-là). Les pouvoirs du subconscient !

La VPMI fonctionne pour quoi ?

Elle fonctionne pour les blocages et les troubles physiques générés ou entretenus par le mental. Je pense à cette dame qui souffrait physiquement. Au fil de la séance de VPMI (« À partir de maintenant je suis bien dans mon corps, mon corps est en pleine santé »), elle retrouvait son énergie et son visage exprimait un réel changement.

Son mental disait à son corps qu’elle était bien. On peut actionner des leviers tels que « Je me vois comme si j’étais en pleine santé, je saute, cours… », « Je ressens l’air, et une odeur de croissant chaud, je touche une écharpe en cashmere d’un très beau vert »… On est en confiance, on est bien, on se sent bien.

Pourquoi travailler spécialement avec l’enfant et l’ado ?

Tout se crée entre 1 et 7 ans. Un enfant en difficulté psychologique, c’est potentiellement un ado de 12 ans en phobie scolaire, puis un adulte à problème. Autant arrêter la machine infernale avant ! Et puis les enfants sont volontaires, ils ont envie d’aller mieux, c’est plus simple que les « grandes personnes ». Et si on prend le problème à la racine, on n’aura pas à le faire plus tard, enfoui sous des tonnes de strates. Moi, j’étais une enfant anxieuse ; à la kermesse je craignais de monter sur scène, tout était un problème. Si j’avais travaillé sur ce « nœud » au départ, je ne serais certainement pas devenue spasmophile, etc. Un enfant sauvé, c’est un adulte sauvé ! Un ado, c’est plus compliqué. S’il est volontaire, génial. Sinon, ça va bloquer et, souvent, ce sont les parents qu’il faudrait voir. Je pense à cette maman qui répétait à sa fille de 12 ans, phobique scolaire « Si, souviens-toi, tu n’étais pas bien ce jour-là, tu avais peur ! » « Non, maman, je t’ai déjà dit que non ! ». En fait, c’est la mère qui a peur, et qui transmet sa peur à son enfant ! Quant à l’adulte, il doit faire son propre choix, exprimer son désir d’avancer, d’être autonome. Il doit avoir déjà réfléchi, être prêt à un travail parfois douloureux. Alors que l’enfant/l’ado est amené par ses parents, il se laisse porter : c’est plus simple.

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Christelle Lassort sur Medoucine

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