Repenser l’altérité dans notre rapport aux animaux

Le rêve du chien sauvage.
Amour et extinction
Deborah Bird Rose
Traduction Fleur Courtois-L’Heureux
Éditions La découverte - Les Empêcheurs de penser en rond
14 x 20 cm
224 pages
Version papier 18 €
Version numérique 12,99 €.

« Tu ne détourneras pas les yeux d’un animal mort », tel est le commandement qui viendra dans la tête du lecteur en refermant ce livre important, le dernier écrit par Deborah Bird Rose (1946-2018) en 2011, pour la première fois traduit en français. L’anthropologue américaine a vécu en Australie avec les communautés aborigènes de Yarralin et Lingara pendant près de trente ans.

Elle y a développé son concept de « l’éthique de la connectivité », à la base d’un « existentialisme écologique », qui invite à considérer les liens qui unissent les humains au vivant et à la terre.

Dans ce livre, à partir des campagnes d’éradication par les éleveurs blancs des dingos, les chiens sauvages australiens, elle questionne les conceptions des aborigènes au regard des fondements de la culture occidentale et de la colonisation. Une pensée critique pour un questionnement éthique.

Ainsi Le Rêve du chien sauvage est bien plus qu’un document ethnographique sur le cas australien et sert de support à la philosophe pour interroger notre rapport aux animaux : l’hyper-séparation qui conduit dans nos civilisations les humains depuis l’Antiquité à se penser en dehors du règne animal et qui a mené, selon elle, à la tragique sixième extinction à laquelle nous assistons. Au fil des chapitres, on croise Levinas, la Bible, Walter Benjamin, Lucien Lévy-Bruhl, Léon Chestov, Donna Haraway et Val Plumwood, sans oublier le Vieux Tim et ses chiens, passeur d’une pensée aborigène où les humains et les chiens descendent du même ancêtre et dont la culture est elle-aussi menacée d’extinction. Peu à peu, elle nous entraîne à repenser l’amour et la mort, à se rappeler que le sang rouge qui coule dans nos veines est celui des générations disparues, des êtres vivants que nous mangeons, à condition de prendre conscience de la parenté universelle qui nous lie.

Qui peut mieux résumer cet essai que Thom van Dooren et Isabelle Stengers dans la préface quand ils écrivent : « un hurlement de lamentation face aux disparitions incessantes et précipitées dont nous sommes aujourd’hui témoins ». Un cri d’autant plus fort que la fumée est à peine éteinte après les incendies qui ont ravagé l’an dernier le bush australien.

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