Les cochenilles

Rubrique

Véritables bêtes noires du jardinier et de l’amateur de plantes…

Les cochenilles sont connues pour être de sérieuses ennemies des plantes cultivées.Dans nos régions, ces insectes sont petits et vivent dissimulés sur les plantes. Connaître un peu leur biologie permet au jardinier de mieux les repérer, d’être plus efficace pour prévenir et lutter contre les infestations.

Partout dans le monde

Les cochenilles sont présentes des régions arctiques aux zones tropicales qui abritent les plus grandes espèces (jusqu’à 4 cm). On estime à plus de 8500 le nombre d’espèces de cochenilles connues. La France est, parmi les pays d’Europe occidentale, celui qui compte le plus grand nombre d’espèces de cochenilles (environ 380). Chez nous, ce sont des insectes de petite taille (quelques millimètres).

Des insectes spécialisés

Il semble que les cochenilles soient apparues il y a environ 140 millions d’années et qu'elles aient vécu dans la litière du sol. Puis elles ont évolué, sont devenues phytophages et parasites des plantes à fleurs (1) en se nourrissant exclusivement de leur sève. Aujourd’hui, on trouve des espèces de cochenilles « habituées » de familles de plantes à fleurs ; par exemple, elles s’installent volontiers sur les cactées, les broméliacées, les orchidées, les rosacées (pommiers, rosiers…), les oléacées (olivier…), les rutacées (agrumes), les solanacées (tomate…).

Les cochenilles présentent un fort dimorphisme sexuel 

*

La femelle conserve des caractères de larve : pas d’aile, parfois pas de pattes, un appareil buccal très ventral (2) de type piqueur-suceur et un tégument mou qui peut se rigidifier avec le temps. Elle ne se déplace pas ; lorsqu’une larve femelle s’installe sur une partie de la plante, c’est en principe (3) pour la vie !

Le mâle a une tête, un thorax et un abdomen bien distinct et très souvent il est ailé, donc mobile. Sa durée de vie se limite à un accouplement (1 à 3 jours environ), il n’a pas d’appareil buccal et donc ne provoque aucun dégât.

Trois grands groupes

Les cochenilles se répartissent en trois grands groupes :

Les cochenilles farineuses

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Pseudococcidae : plutôt présentes sur les herbacées. On les repère par la couche de cire poudreuse, blanche, jaunâtre, grise, rose ou rouge dont elles se couvrent. Ces cochenilles sont mobiles.

Les cochenilles à carapace

Coccidae : se rencontrent surtout sur les ligneuses. Sédentaires, elles se sont adaptées en fabriquant une carapace cireuse pour se protéger, et en se débarrassant du miellat qu’elles produisent pour ne pas être souillées. Elles éjectent au loin les gouttelettes de miellat, ou logent sous les feuilles pour profiter de la gravité, ou encore vivent en symbiose avec les fourmis. Pour protéger leurs œufs, ce sont elles qui produisent un ovisac de cire laineuse facilement reconnaissable (exemple Pulvinaria).

D’autres espèces dégagent sur leur face ventrale un espace creux « la chambre à couvain » et leur face dorsale, devenue convexe, s’épaissit et se durcit.

Les cochenilles à bouclier

Diaspididae : forme évoluée, se trouvent surtout sur les arbres et les arbustes. Leur immobilité explique des amas importants sur un plant alors que les plants voisins sont indemnes ; cela facilite parfois l’éradication en supprimant le plant infesté. Contrairement aux autres espèces, leur bouclier est une structure externe édifiée par l’insecte ; en grattant, on peut le détacher et l’insecte, exposé à l’air, meurt. 

Comment se débarrasser des cochenilles ? 

À titre préventif

⇒ Si des cochenilles sont présentes dans le voisinage : traitez les espèces ligneuses (arbres, arbustes, fruitiers, y compris les agrumes sensibles à ce parasite) avec de l’huile blanche. Pulvérisez une solution dosée à 25 ml/litre en hiver après la chute des feuilles, et au printemps au moment du débourrement des bourgeons. Veillez à bien faire pénétrer le produit dans les anfractuosités de l’écorce. Ce traitement préventif est aussi recommandé pour les agrumes ou autres arbustes ligneux (ficus…) cultivés en serre l’hiver.

⇒ Si vous introduisez une nouvelle plante dans la maison ou au jardin : inspectez attentivement la plante et le pot, voire mettez-la en quarantaine. Changez aussi les 2-3 premiers centimètres de terre du pot afin d’éliminer d’éventuels œufs, larves et même mâles adultes qui auraient pu s’y réfugier.

⇒ Si vous rempotez : nettoyez à l’alcool à brûler correctement tout le matériel : pots, soucoupes et cache-pots. 

Pour soigner vos plantes

⇒ Supprimez les organes, voire les plantes infectées : solution radicale et prophylactique qui évite la dispersion éventuelle des larves. Il est prudent d’arracher le plant et de ne pas réutiliser le terreau dans l’immédiat.

⇒ Si l’infestation concerne une plante ou deux ou si elle débute, supprimez manuellement les cochenilles. 

Comment procéder ? 

⇒Supprimez en grattant légèrement pour décoller les cochenilles une par une sur toutes les parties de la plante. 

⇒ Passez ensuite avec un chiffon ou un pinceau une solution à base de liquide vaisselle (1 c. à café) et d’alcool à brûler (1 c. à café) dilués dans 150 ml d’eau. 

Deux à trois jours après, observez tous les organes de la plante et pulvérisez une solution anti-cochenilles « maison » comme indiqué ci-dessous ou achetée dans le commerce.

⇒ Plusieurs de vos plantes d’appartement, de serre ou de plein air sont atteintes : préparez une solution « maison » pour la pulvériser sur les plantes lorsqu’elles ne sont plus exposées au soleil (cela évitera l’effet de loupe qui provoque des brûlures). La préparation « maison » efficace doit dégrader les différents dispositifs qui protègent les adultes femelles, les larves et les œufs. Ces solutions doivent donc d'une part contenir un ou plusieurs ingrédients qui dissolvent les graisses et les cires, et d’autre part avoir un pouvoir mouillant (voir ci-dessous). 

PRÉPARATIONS "MAISON" 

Quelques recettes à utiliser en pulvérisation, ou avec un pinceau, ou un chiffon imbibé.

• 1 c. à café d’huile végétale + 1 c. à café de liquide vaisselle + 150 ml d’eau
• 1 c. à café de savon noir liquide pour 1,5 litre d’eau
• 1 c. à café d’alcool à brûler + 1 c. à café de liquide vaisselle + 150 ml d’eau
• 1 une c. à café d’alcool à brûler + 1 c. à café de décoction de nicotine + 1 c. à café de liquide vaisselle + 150 ml d’eau.

Pour les espèces ligneuses (arbres et arbustes), utilisez de l’huile blanche qui tue les œufs, les larves et les adultes. Ce produit accepté en agriculture biologique est à utiliser avec précaution (25 ml pour 1 litre de solution).

⇒ Pour tout le jardin ou la serre, installez des coccinelles prédatrices de cochenilles (ex : Chilocorus renipustulatus ou Chilocorus nigritus) 

(1) Les plantes à fleurs sont apparues il y a 150 millions d’années.
(2) Certaines espèces n’en ont pas.
(3) Sauf chez les
Pseudococcidae et les Ortheziidae, où les femelles sont mobiles toute leur vie et pas uniquement au stade larvaire.

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