Vivre dans un jardin

Rubrique

Impossible de passer sous silence cette période délicate d’un confinement imposé au monde par un virus réformateur. 
Comme tout a du bon, de nombreuses vocations jardinières se révèlent, faisant apprécier la nature au point de vouloir l’approcher de plus près.

 La nostalgie du paradis perdu s’estompe aussitôt franchie la limite des cités en béton, et c’est en retrouvant la campagne que l’on renoue avec l’expression la plus pure, la plus belle, que nous portons en nous. Vivre dans un jardin devient un rêve accessible à qui, sur un bout de terrain ou même un balcon, entreprend d’offrir à la terre la possibilité d’exercer son pouvoir en faisant encore et toujours jaillir la vie. 

Présences vivantes

Il n’est pas de meilleur remède contre la morosité que de cultiver son jardin. Les arbres, les fleurs et l’herbe contemplés sont autant de liens renoués avec notre nature profonde. Et quand on les rencontre au détour d’une allée, c’est la vie qui nous parle de la magie de l’être. Nous ne pouvons que nous émerveiller. Nous sommes nés pour aimer et pour protéger. Notre environnement naturel est notre premier espace vital, en prendre soin doit être une priorité. Loin de sembler une corvée, s’occuper de ses plantes est une action vertueuse parce qu’elles sont vivantes et qu’elles perçoivent les sentiments que nous leur adressons. Sans le savoir, une communication invisible d’énergie végétale à énergie humaine s’établit lorsque nous les abreuvons, les nourrissons et les soignons. Nos gestes empreints d’amour et de respect deviennent les guérisseurs, les amis et les partenaires d’une nature qui ne cherche qu’à nous plaire. En revanche, il nous faut oublier de croire que nous lui sommes supérieurs. Dans la nature, toute création est à égalité car tout se complète et s’enrichit au bénéfice d’une seule cause, la vie.

Jardinez la vie

On dit les jardiniers magiciens et je veux bien le croire depuis que j’en ai rencontré un. C’est dans l’écrin des Alpes de Haute-Provence que l’inattendu de la vie m’a ouvert les portes d’un certain paradis. 

Fondée par des moines cisterciens en 1180, l’abbaye de Valsaintes abrite un jardin remarquable qui voit la vie en roses, tout à la fierté de présenter ses innombrables variétés. Le respect du vivant est le mot d’ordre de celui qui règne ici en protecteur. Initié par son père dès son plus jeune âge à l’amour des plantes, des fleurs et de leurs alliés volants et rampants, Jean-Yves Meignen a toujours su qu’il serait jardinier.

Son contact sensuel avec la terre qu’il pétrit et malaxe avec dévotion lui révèle les secrets des plantes et lui transmet les manières de les honorer et de les traiter comme il se doit. Plus qu’un lieu, le jardin est un univers dont le pouls bat au rythme des saisons et toute cette population végétale se réjouit d’être entretenue par un maître jardinier qui sait associer les espèces selon affinités et nécessités.

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Le bonheur est dans un jardin

En premier lieu, protéger la terre, et pour ce faire, le ver de terre est souverain. On accorde trop peu d’importance à cet auxiliaire indispensable au jardin et, bien pire, on ne lui laisse aucune chance de survie en l’empoisonnant avec la toxicité des produits de traitements. 

La science de la microbiologie des sols relève la « nécessité de prendre conscience que la vie de la nature est un ensemble d’interactions et d’associations entre les différentes formes biologiques dont le sol est la parfaite illustration ».

Quand on parle de « jardiner la vie », cela veut dire s’abstenir d’introduire une quelconque substance chimique, y compris la bouillie bordelaise comme le démontre l’exemple de Jean-Yves Meignen qui a abandonné tout usage de toxiques sur les plantes depuis plus de vingt ans. Il explique : « Ce fongicide additionné de chaux diffuse sa toxicité par accumulation sur les micro-organismes du sol. Notre ver de terre est très sensible aux fortes doses de cuivre et aux désherbants encore trop souvent utilisés. Allié aux bactéries et champignons des sols, le ver participe à la décomposition des matières organiques permettant à nos terres de se former à partir de ces ressources naturelles, de devenir plus riches et d’héberger des végétaux sources de nourriture pour les humains et les animaux. Pour mener une action positive, nous devons éviter de perturber ce merveilleux équilibre et pour ce faire, la recette est simple : Ne pas retourner la terre – Apporter des matières organiques pour former l’humus – Ne jamais employer de substances toxiques. »

Le secret des jardins enchantés : les soins des plantes par les plantes

Le bien commun se partage”, dit Jean-Yves Meignen. En tant que défenseur d’un jardinage écologique, cet amoureux de la nature à l’état pur nous enseigne la manière la plus respectueuse de traiter nos amies les plantes. 

Nature et enchantement

Au-delà des jardins tels que nous les connaissons existe une dimension naturellement magique de la nature dans son état divin. Pour ceux qui sont dotés de la capacité d’ouvrir un autre regard sur la présence vivante des arbres et des fleurs, c’est un monde d’émerveillement qui se révèle. 

Avez-vous jamais entendu parler des Devas, ces êtres de lumière protecteurs de la nature ? D’eux on peut dire qu’ils manifestent l’énergie divine dans le monde végétal reliée à l’esprit créateur de la terre. Ils ne sont pas des dieux, mais des énergies vibratoires concourant à la préservation de l’environnement et à la survie des espèces qu’hélas les humains, dans leur aveuglement, se plaisent à détruire.

A lire :

*Prendre soin de ses plantes avec les huiles essentielles
De Jean-Yves Meignen
Aux éditions Rustica
96 pages
12,95 €.
*Nature jardin d’Amour de Sylvie Hetzel
Edité par l’association Selva
263 pages
24 €. 
contact@selva-nature.fr

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