Et si c'était le syndrome de Ganser ?

Vous répondez très mal aux questions...
Rubrique

« 2+2 = mon chien ? » La réponse était évidente, et pourtant. Ce genre de réponses absurdes ou dépourvues de sens, quand elles sont fréquentes, permet d’évoquer le syndrome de Ganser, une manifestation psychiatrique qui accompagne certaines pathologies.

On peut mal répondre à une question simple par inattention. Mais être systématiquement « à côté de la plaque », de façon équivoque ou absurde, doit mettre la puce à l’oreille. C’est peut-être un syndrome de Ganser, ou « syndrome des réponses approximatives », un trouble psychiatrique dit « dissociatif » dans lequel le malade ne répond pas correctement aux questions, ou plus exactement, de façon totalement inadaptée. Il ne s’agit pas de mal répondre à une question posée (quelle est la capitale des États-Unis : New York ?), mais de répondre de façon absurde, incompréhensible ou très décalée (la capitale des États-Unis : ma voiture, bien entendu !).

Stress et traumatisme crânien

L’origine de la maladie reste encore mystérieuse, même s’il existe de nombreuses hypothèses. Ainsi, certains spécialistes estiment qu’elle peut être l’expression d’un stress ou d’un choc psychologique important. D’autres incriminent les traumatismes crâniens.

Signalons d’ailleurs que certains accidents vasculaires cérébraux (dont les ictus, par exemple) s’accompagnent de troubles de l’élocution et de la parole, et de réponses approximatives. L’apparition brutale ou inexplicable de ce genre de symptômes doit donc faire consulter un médecin en urgence. Il s’agit peut-être des prémices d’un authentique AVC en voie de constitution.

Des réponses absurdes, mais pas seulement

Le syndrome de Ganser ne se limite pas à des réponses absurdes, mais comporte d’autres signes évocateurs qui permettent d’ailleurs d’éliminer la simple simulation : état « crépusculaire », aspect rêveur ou confus, mouvements inappropriés, obnubilation, écholalie (répétition involontaire des derniers mots prononcés par l’interlocuteur) ou échopraxie (répétition automatique et involontaire des mouvements de l’interlocuteur), anxiété, désorientation temporo-spatiale, am­nésie (le patient peut oublier ses réponses), perte de l’identité personnelle, fugues, hallucinations auditives et visuelles (déformation de la réalité), zones corporelles analgésiques (perte de la sensibilité cutanée). Parfois, le malade adopte des pratiques étranges, comme tenter d’enfiler son pantalon par la tête, mettre des chaussettes sur ses mains…

Du syndrome au symptôme

Dans nombre de cas, ce syndrome s’inscrit comme un simple symptôme dans une autre pathologie s’installant à bas bruit. Il peut évoquer l’existence d’un syndrome dissociatif, d’une schizophrénie naissante, d’une maladie de Gilles de la Tourette, d’atteintes neurologiques liées à la consommation excessive d’alcool, d’une dépression ou encore d’une autre addiction. 

Traitement

Le traitement passe par la prise en charge de la cause déclenchante (stress, sevrage de l’alcool ou d’une autre addiction, schizophrénie, dépression…). D’une façon générale, la prise en charge s’appuie sur la psychothérapie. Ce n’est que lorsque le malade représente un danger pour lui-même ou son entourage que l’hospitalisation s’avère nécessaire.

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