Un pied douloureux à la marche…

... et si c'était une fracture de fatigue ?
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Marche de découverte, randonnée, raid, sans parler de la course à pied… Ces activités sollicitent nos pieds de façon intense dès le début de l’été. Une surcharge sportive qui finit parfois par une fracture de fatigue.

Décrite pour la première fois chez les soldats de l’armée prussienne soumis à des marches exténuantes, la fracture de fatigue du pied n’est pas une fracture traumatique par chute, entorse ou choc direct. Elle est liée à une hypersollicitation osseuse sur un os sain et normal. 

Un risque augmenté

Ces fractures sont le plus souvent observées dans les sports à fort impact au sol (course, sauts, athlétisme, danse, football, etc.), chez les sportifs confirmés (à forte charge d’entraînement) ou chez les débutants, à la cinquantaine notamment (effort inhabituel soutenu), a fortiori en cas d’équipement mal adapté, de surpoids, de pieds plats ou très creux, de marche ou de course sur bitume. Les femmes sont plus à risque. Enfin, un déficit en vitamine D et en calcium et une hydratation insuffisante y prédisposent. Mieux vaut le savoir.

Le pied surtout

Parmi l’ensemble des fractures de fatigue (qui peuvent concerner tous les os du corps – 33 % d’entre elles concernent le tibia), le pied en rassemble environ 40 %, avec en tête les os du tarse, ces 7 petits os du pied situés entre le couple tibia-péroné, puis viennent les métatarsiens, et le deuxième métatarsien notamment, cet os long situé entre le tarse et le deuxième orteil.

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Hypersollicitation

Cette fracture de stress découle d’un surmenage osseux et se complique d’un remodelage osseux intense : l’afflux sanguin lié à l’effort active de façon réflexe les phénomènes de résorption (destruction) et de reconstruction osseuse. Problème, la reconstitution est plus lente que la destruction et la prépondérance du phénomène de résorption crée une zone de fragilité, autrement dit une microfracture douloureuse, invisible à la radiographie dans les premiers jours de sa constitution. Une radiographie pratiquée trop précocement, et considérée comme normale, peut donc être trompeuse et passer à côté de la fracture de fatigue.

Douleur vive

La fracture de fatigue du pied se manifeste par une douleur vive et localisée. D’abord modérée, la douleur s’accentue et rend l’appui de plus en plus douloureux, jusqu’à la boiterie. Faits importants : cette douleur disparaît au repos et l’examen du pied ne retrouve pas d’œdème ou de rougeur. Pour autant, une tuméfaction inflammatoire est possible dans les jours qui suivent le début des douleurs.

Scintigraphie

Seule une scintigraphie osseuse peut montrer la fracture de fatigue dans les tout premiers jours de la douleur. Mieux, elle permet parfois de retrouver des zones de fracture avant l’apparition des douleurs. La radiographie étant « en retard » sur le diagnostic immédiat, elle est donc inutile, voire dangereuse, car rassurante. En revanche, pratiquée à plusieurs semaines de distance, elle révélera les séquelles de la fracture, autrement dit la constitution d’un cal osseux. En cas de doute, l’IRM constitue une autre option diagnostique. 

Repos sportif

Seul un repos strict pendant 4 à 6 semaines (marche avec des cannes anglaises) peut permettre la consolidation du foyer osseux abîmé, sachant que ce type de fracture ne se plâtre jamais. Continuer à courir ou à marcher malgré la douleur risque de provoquer un déplacement chronique du foyer de fracture (pseudar­throse). Dans certains cas, ce type de fracture nécessite alors une intervention chirurgicale pour fixer les deux extrémités osseuses.

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