Une petite boule dans le pli de l'aine…

Et si c'était une Hernie Inguinale ?
Rubrique

Plus une pathologie chronique qu’une urgence véritable, la hernie inguinale est liée à un relâchement musculaire au niveau du pli de l’aine. Bénigne, elle peut toutefois se compliquer d’une occlusion intestinale. D’où l’intérêt de ne pas la négliger.

Pas de panique !

Dans la plupart des cas, la hernie inguinale (HI) se résume à un simple préjudice esthétique ou à un inconfort. Visible sous la forme d’une « boule » dans le pli de l’aine, permanente ou se manifestant lors de certaines circonstances, lorsque la pression dans l’abdomen augmente (toux, rire, défécation…), la HI correspond tout simplement à une défaillance de tout ou partie des 4 muscles qui constituent la paroi inguinale et qui s’attachent sur le pubis. Résultat, les anses intestinales, non retenues par les muscles, se glissent entre eux et font saillie juste sous la peau. La base de la hernie constituée par les muscles est appelée collet. La boule constitue ce que les médecins appellent le sac herniaire.

Hernies abdominales

La HI fait partie de la famille des hernies de la paroi abdominale dont elle est la plus fréquente, mais il existe également la hernie crurale (plus basse que la HI, concerne surtout les femmes) et la hernie ombilicale (saillie au niveau du nombril, plus fréquente chez les sujets obèses).
Enfin, on distingue les hernies congénitales qui apparaissent à la naissance pour disparaître lors de la croissance et revenir à l’âge adulte, et la hernie acquise, comme la HI, qui survient donc à l’âge adulte.

Plus fréquente chez l'homme

Souvent bilatérale, la HI est plus fréquente chez l’homme, a fortiori âgé, dénutri, obèse et sédentaire (le sport tonifie la paroi abdominale). Il arrive parfois que la HI descende jusque dans les bourses. On parle alors d’hernie « inguino-scrotale ».

Une saillie de taille variée

La hernie se manifeste par une boule d’une taille variée, pouvant aller de la grosseur d’une noix jusqu’à celle d’une grosse orange et dont le sac herniaire abrite une ou plusieurs anses intestinales. Dans certains cas, le sac peut même abriter un ovaire ou l’appendice !
Le diagnostic est donc facile, d’autant qu’il n’est pas rare d’entendre ou de percevoir un gargouillis dans le sac herniaire trahissant la présence d’une anse intestinale. Si besoin était, une simple échographie suffit à en apporter la preuve. Enfin, la HI est réductible : en clair, on peut faire entrer la hernie à l’intérieur de l’abdomen en la poussant avec les doigts… jusqu’à ce qu’elle ressorte un peu plus tard.

Risque d'occlusion intestinale

En soi et sauf exception (fragilisation cutanée), la HI n’est pas grave. En revanche, elle peut donner lieu à une occlusion intestinale lorsqu’une anse intestinale se retrouve coincée, étranglée au niveau de son collet musculaire.
Symptôme très important qui permet de suspecter une occlusion : la HI, indolore jusqu’à présent, devient alors douloureuse, irréductible (on ne peut plus la faire entrer) et s’accompagne d’un arrêt des gaz et des matières. Ces deux signes doivent faire consulter en urgence, a fortiori en cas de vomissements.

Chirurgie surtout

Dans un premier temps, la HI peut être réduite à l’aide d’un bandage herniaire qui consiste à maintenir l’anse intestinale en bonne place au moyen de cales matelassées appuyant sur le sac. Seule la chirurgie peut en venir à bout en retendant les muscles distendus ou en interposant une plaque synthétique de protection.
Selon les cas, l’intervention peut être réalisée sous cœlioscopie ou s’effectuer en ambulatoire.

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