Agoraphobie : comment ne plus avoir peur des autres ?

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Être terrorisé à l’idée de sortir de la maison, se mettre à trembler et à transpirer dans un supermarché, perdre tout contrôle de ses actes dès qu’on se retrouve dans un lieu public… tel est l’enfer que vivent au quotidien les personnes souffrant d’agoraphobie, un trouble à prendre au sérieux et qui se soigne.

L’agoraphobie, qui touche 2 à 3 % de la population, est une très forte réaction émotionnelle et d’angoisse se manifestant par des symptomes corporels liés à cet état de panique intense et incontrôlable. Les symptômes sont très variés : difficultés à respirer, sueur, tremblements, boule dans la gorge, palpitations cardiaques, perte d’équilibre, sensation d’étouffement ou d’oppression, faiblesse, impression de devenir fou, et même parfois perte de conscience.

L’agoraphobie est une maladie psychologique très évolutive. Les crises sont en général courtes au début puis empirent, tant au niveau de la durée que de l’intensité. Très violentes, elles peuvent survenir n’importe quand et n’importe où, dans un bus, une voiture, un cinéma, un restaurant, un centre commercial, un avion… La personne va alors peu à peu éviter tous les lieux dans lesquels elle a été prise d’une telle crise.
Ces crises de panique surviennent principalement à l’extérieur de la maison et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, pas uniquement dans une foule mais également dans des endroits isolés. De crainte d’avoir une crise, les agoraphobes finissent par ne plus oser sortir de chez eux. Ils ont en quelque sorte peur d’avoir peur !

DEMANDER DE L'AIDE EST ESSENTIEL !
Bon nombre de personnes atteintes d’agoraphobie ignorent de quoi elles souffrent. Elles ont souvent peur de parler de leur problème, peur d’être anormales. "Elles ont également peur de l’échec", explique Jocelyne Germain-Geoffrion. "Les agoraphobes savent qu’ils doivent affronter leur peur et craignent de ne pas y arriver. Ils ont peur de s’amoindrir, d’être dévalorisés."
Aller consulter un médecin ou un psychologue, qui identifiera le problème, est le premier pas vers la guérison. L’agoraphobie, non diagnostiquée et non traitée, peut avoir des conséquences graves.

La première conséquence aiguë s’appelle l’évitement phobique. La personne atteinte d’agoraphobie veut absolument éviter certaines situations. Elle va donc conduire sa vie en fonction de cet évitement.
L’agoraphobie peut aussi conduire à la dépression, l’incapacité de travailler et donc la perte de son emploi, l’enfermement.
"L’agoraphobe est incapable de contrôler ses crises. Il n’a pas le recul nécessaire pour maîtriser quoi que ce soit", explique Jocelyne Germain-Geoffrion. "Par contre, après la crise, le fait de noter ce qui s’est passé, le lieu, la durée et les circonstances de la crise, est une manière de prendre du recul le plus vite possible. Il faut que la personne s’intéresse à son mal, qu’elle ne l’évacue pas mais, au contraire, qu’elle le fixe."

UN TROUBLE MYSTÉRIEUX
Les causes de l’agoraphobie demeurent encore mystérieuses. Ce trouble touche souvent des personnes de plus de 20 ans, et les plus grandes crises se rencontrent chez des personnes entre 30 et 45 ans. Après en avoir cherché la cause sur un plan purement psychologique, les médecins recherchent aujourd’hui également des causes plus physiques. En effet, il arrive que l’on rencontre plusieurs agoraphobes dans une même famille, ce qui porterait à croire que ce trouble peut se transmettre de génération en génération.

LES THÉRAPIES
Le traitement de l’agoraphobie relève principalement du domaine des thérapies du comportement et des thérapies analytiques (psychothérapie, psychanalyse), parfois associées à des médicaments.
Les thérapies comportementales sont pratiquées par des psychologues et psychothérapeutes, souvent en hôpitaux. "Elles comportent 2 phases : le déconditionnement et le ré-apprentissage", explique Jocelyne Germain-Geoffrion. Le patient prend petit à petit du recul par rapport à son angoisse et apprend à la surmonter. Il est exposé progressivement à des situations qu’il redoute, accompagné d’un ancien phobique ou d’un thérapeute.
Les thérapies analytiques considèrent l’agoraphobie comme un symptôme et tentent d’en déterminer la cause. La peur est une défense et il faut découvrir ce qui se cache derrière. "Le psychothérapeute travaille sur du long terme. Malheureusement, cela s’avère parfois inefficace", reconnaît Jocelyne Germain-Geoffrion.
Des techniques de relaxation et tout ce qui apporte détente et bien-être peuvent aussi apporter une aide appréciable.

GUÉRIR POUR COMMENCER À VIVRE
Jocelyne Germain-Geoffrion conseille de consulter un psychologue ou un psychothérapeute dès la deuxième crise d’agoraphobie. "Idéalement, il faudrait consulter dès la première crise", souligne-t-elle. "Mais personne ne le fait jamais ! La deuxième crise peut se produire 3 à 4 mois après. C’est différent d’une personne à une autre."
Et, plus les crises se rapprochent, plus il devient important de consulter. Une agoraphobie traitée tardivement sera plus longue à guérir.
Comme l’a écrit Bernanos : "Il y a mille fois plus d’honneur à revivre qu’à survivre". Vivre avec l’agoraphobie est certes un enfer, mais ce n’est pas une fatalité. Il existe des moyens pour s’en sortir. Il est possible de vivre autrement, de ne plus être dépendant de sa peur et de la vaincre définitivement.

À LIRE
La peur des autres, de Christophe André et Patrick Légeron, Editions Odile Jacob.
Surmontez vos peurs : Vaincre le trouble panique et l'agoraphobie, de Jean-Luc Emery, Editions Odile Jacob.
Petites phobies et grosses angoisses, de Christophe André, Muzo, Editions Seuil.

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