La dysmorphophobie

Quand une image négative de soi devient une maladie…
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Imaginez qu’en vous regardant dans le miroir, vous y voyiez un visage défiguré par l’acné alors qu’en réalité, vous avez une peau de bébé ! Vous vous rendez de dermatologue en dermatologue, ces derniers étant bien entendu incapables de vous aider puisque votre disgrâce physique n’existe que dans votre esprit. Ce trouble de l’image, très invalidant, s’appelle la dysmorphophobie et affecterait de 1 à 2 % de la population.

La société occidentale actuelle prône une image d’apparence idéale. La pub et les médias véhiculent l’idée que, pour trouver sa place dans la société, il faut être jeune, beau et mince, avoir un corps harmonieux et parfaitement symétrique... La qualité de la peau, les formes du corps sont les premières choses que les autres remarquent chez nous. Elles deviennent donc un moyen de communication en vue d’obtenir une certaine reconnaissante sociale.
Aujourd’hui, on utilise de moins en moins son corps, mais on en parle de plus en plus ! Ce culte du corps entraîne la peur de vieillir, la peur de grossir, la peur d’être trop... ou pas assez... Nous avons peur du regard des autres. Regardons autour de nous : nous sommes nombreux à ne pas nous sentir bien dans notre corps et à ne pas être satisfaits de notre apparence physique, et ce nombre augmente chaque année.
Pour être bien dans sa tête, il faut être bien dans son corps et réciproquement, cette image négative de soi peut donc aboutir, chez les personnes fragilisées psychiquement, à une véritable maladie, qui touche autant les hommes que les femmes : la dysmorphophobie.
Contrairement à ce que son nom donne à penser, cette pathologie n’est pas une phobie mais, selon son degré de gravité, elle est considérée par les spécialistes comme un trouble obsessionnel compulsif (TOC) ou comme une véritable maladie mentale.

UN TROUBLE À PRENDRE AU SÉRIEUX
Préoccupées par un défaut physique imaginaire, ou existant mais mineur, les personnes souffrant de dysmorphophobie n’ont absolument pas conscience que leur trouble relève de la psychiatrie. Les formes les plus courantes de dysmorphophobie concernent l’aspect de la peau, la forme du nez, les cheveux et, chez les hommes, les organes génitaux ou encore la dysmorphophobie musculaire.
La dysmorphophobie est une altération pessimiste, inconsciente, de l’image que l’on a de son corps. Le dysmorphophobique est normalement constitué mais se croit affecté de déformations physiques.

POURTANT, LA DISMORPHOPHOBIE SE SOIGNE
Leur trouble se manifeste alors par des comportements répétitifs proches des TOCs, comme se regarder 50 fois par jour dans le miroir, ne pas oser porter certains types de vêtements, camoufler leur défaut imaginaire, passer des heures en soins de toilette ou de beauté, refuser de sortir sans chapeau ou maquillage, etc.
La dysmorphophobie n’est pourtant pas une fatalité. Diagnostiqué le plus tôt possible, ce trouble se soigne très bien. Dans le traitement de la dysmorphophobie, les thérapies comportementales ou cognitives donnent souvent de très bons résultats.

INFORMER PATIENTS ET MÉDECINS
La dysmorphophobie touche de plus en plus de personnes mais reste cependant une maladie peu connue, ce qui conduit souvent à un non-diagnostic ou mauvais diagnostic. Les chirurgiens esthétiques n’ont pas reçu une formation adaptée pour repérer les patients à risque et tenter de leur ouvrir les yeux et de les convaincre de se faire soigner. En outre, ces personnes perpétuellement insatisfaites de leur apparence peuvent malheureusement devenir une cible de choix pour des chirurgiens plastiques peu scrupuleux.
Former et informer suffisamment médecins et chirurgiens permettrait de briser ce cercle infernal qui entraîne les personnes atteintes de dysmorphophobie de dermatologue en chirurgien, les laissant à chaque fois plus déprimées et démunies face à leur trouble.

PETITS CONSEILS POUR APPRENDRE À S'AIMER
=> Entourez-vous de gens qui vous aiment et fuyez les personnes qui ont tendance à vous rabaisser. Acceptez les compliments et cessez de penser qu’ils ne sont pas sincères !
=> Pratiquez des activités que vous aimez, dans lesquelles vous vous sentez à l’aise. Plus vous vous sentirez valorisé(e), quel que soit le domaine, moins vous complexerez sur vos petits défauts physiques, réels ou non.
=> Il n’y a pas de raison d’avoir honte de votre complexe. Parlez-en ouvertement à une personne de confiance, ami, membre de la famille ou spécialiste. Demandez-lui son avis et écoutez vraiment cet avis !
=> Si vos complexes vous gâchent la vie, n’hésitez pas à consulter un psychologue ou un psychothérapeute.
=> Regardez objectivement autour de vous. Tout le monde à des petits défauts. Cette actrice que vous trouvez si belle à pourtant un gros nez et cette chanteuse que vos amis trouvent si sexy est loin d’être mince ! Un petit défaut peut donner du caractère à un visage et une imperfection peut devenir votre meilleur atout.
=> Si vous êtes parent, apprenez à votre enfant, dès le plus jeune âge, à accepter son corps et à l’aimer avec ses imperfections. Montrez-lui que vous l’aimez et le trouvez beau.

DES OUVRAGES À CONSULTER
=> Petits complexes et grosses déprimes, de Christophe André Muzo aux Éditions Seuil, 19,50 €.
=> Mon corps et moi - Chirurgie esthétique et désir de changement, de Xavier Latouche et Alain Krotenberg aux Editions Payot, 14,95 €.
=> Oser - Thérapie de la confiance en soi, F. Fanget, Editions Odile Jacob, 22,90 €.

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