Les hémocultures

jeu, 18/06/2009 - 17:41 -- Dr. Daniel Gloaguen
À pratiquer en cas d’infection sanguine
Rubrique : 

Des frissons soudains accompagnés de sueurs et d’une poussée de fièvre, un syndrome inflammatoire inexpliqué, une altération de l’état général… Il n’en faut pas beaucoup plus au médecin pour suspecter une septicémie ou une bactériémie et demander des hémocultures, autrement dit un prélèvement de sang dans lequel on va rechercher le germe responsable de cette infection sanguine.

ENVAHISSANTES BACTÉRIES
Toute infection localisée — on parle de « foyer infectieux » — peut s’accompagner d’une libération dans le sang du germe responsable. C’est ce que les médecins appellent une septicémie, lorsque l’infection sanguine, généralisée, paraît grave ou encore une bactériémie, lorsque l’infection sanguine est plutôt bénigne et bien supportée. Inutile de dire qu’une septicémie peut avoir de graves conséquences. Il importe donc, dans un premier temps, d’identifier à coup sûr le germe (pas facile lorsqu’on ne sait pas où se situe l’infection de départ, qu’on ne peut donc prélever pour une analyse) et d’administrer ensuite l’antibiotique le plus efficace (pas facile non plus lorsqu’on ne connaît pas le germe) pour traiter l’infection sanguine, mais aussi le foyer infectieux responsable. D’où l’intérêt des hémocultures qui permettent de répondre à ces deux questions grâce à une simple prise de sang. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.

QUAND FAIRE LES HÉMOCULTURES ?
La réponse est simple : le plus tôt possible ! Il faut prélever le sang avant que les anticorps agissent et avant tout traitement antibiotique, a fortiori peu efficace. Un tel traitement «à l’aveugle» risque en effet de «décapiter» l’infection, mais insuffisamment (elle progresse sournoisement), avec un risque de résistance aux autres antibiotiques utilisés par la suite. En général, on prélève du sang lors d’une poussée de fièvre et de frissons qui signent la présence à ce moment précis d’un passage des germes dans le sang (raison pour laquelle on peut être amené à prendre la température d’un patient toutes les 3 heures). On considère que 3 à 6 prélèvements en 24 heures sont suffisants pour espérer mettre le germe en évidence. Les prélèvements sont transmis au laboratoire dans des flacons conservés à 37 °C.

FOYERS INFECTIEUX LES PLUS FRÉQUENTS
> Plaie cutanée (staphylocoques, streptocoques).
> Infection d’une valvule cardiaque, ou endocardite (streptocoques surtout).
> Lymphangite (brucella, salmonella).

CAS PARTICULIERS
> Une seule hémoculture est positive. On estime qu’il s’agit d’une souillure au moment du prélèvement (peau mal désinfectée, erreur de manipulation…).
> Toutes les hémocultures sont négatives. La septicémie est peu probable, mais ne peut être éliminée formellement. De nombreuses causes peuvent expliquer ce « faux négatif » : traitement antibiotique prescrit « à l’aveugle » avant les hémocultures, germe à croissance lente, prélèvement tardif, choix d’un milieu de culture inadapté, libération bactérienne sanguine insuffisante, quantité de sang insuffisante pour ensemencer les milieux de cultures, temps d’observation trop court…
> Les hémocultures montrent plusieurs germes. C’est possible dans les situations où existe une immunodépression : leucémie, cancer, sida…

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