BRÛLURES : EAU SECOURS !

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Les minutes qui suivent une brûlure, qu’elle soit bénigne ou grave, sont rarement mises à profit pour débuter le traitement.

Lorsqu’il s’agit de brûlures graves, la panique prend le pas, et le réflexe immédiat consiste à diriger la victime vers l’hôpital le plus proche. Et pourtant, vous disposez tous d’un traitement rapide et efficace à domicile : l’eau.

La peau est un organe, comme votre foie, votre coeur. C’est même l’organe de votre corps le plus important en volume. Cette enveloppe détermine en grande partie votre aspect physique et mérite toute votre attention.

La peau, un organe complexe Constituée de deux couches, l’épiderme et, dessous, le derme, la peau a une épaisseur de 1,5 à 4 mm, voire plus dans certaines parties du corps. Elle assure des fonctions de protection des organes, d’excrétion des déchets (par la sueur) et de régulation de la température (sueur, frissons). Elle sert aussi, bien entendu, au toucher, grâce à tous ses récepteurs nerveux.

Entre l’épiderme et le derme se situe la « couche basale », véritable « usine à cellules ». Cette fine couche produit et renouvelle l’épiderme quotidiennement. Elle assure donc la croissance de votre peau. Lorsque la brûlure l’atteint et la détruit complètement (3ème degré), la guérison spontanée est impossible.

Qu’est-ce qu’une brûlure ?

C’est un réchauffement brutal de la peau qui va détruire les protéines cellulaires de façon plus ou moins irréversibles selon la profondeur atteinte.
Le plasma sanguin et l’eau corporelle « s’échappent » et créent les phlyctènes (les cloques) et de l’oedème. L’organisme perd donc son eau et se déshydrate à grande vitesse.

4 types de brûlures

On définit les types de brûlures par leur origine :
- la brûlure électrique (le courant)
- la brûlure chimique (acides, eau de Javel...)
- la brûlure radique (les rayons)
- la brûlure par le feu et les liquides bouillants.

Il est très important d’apprécier l’étendue de la surface brûlée (en pourcentage) et la profondeur qui déterminent la gravité et le pronostic.
Les enfants et les personnes âgées sont bien entendu beaucoup plus fragiles que les adultes.
L’atteinte du visage, des plis de flexion des mains, des organes génitaux et l’aspiration de flammes ou de fumée brûlante sont aussi des facteurs aggravants.

De l’eau, de l’eau !

L’application immédiate d’eau froide sur les brûlures a trois actions principales :
- elle calme les douleurs,
- elle hydrate la peau,
- et surtout, elle diminue la température locale.
L’évaporation de la chaleur est vingt fois plus rapide avec l’eau qu’avec l’air. Asperger la victime a donc comme conséquence l’avenir de la peau brûlée. Le pronostic n’est en effet plus le même quand il s’agit d’une brûlure au 3ème degré. L’eau peut stopper le processus au 2ème degré, de moindre conséquence. C’est une question de secondes et de millimètres.

Chaque seconde compte

« On est venus tout de suite après qu’il se soit brûlé. On n’a même pas pris le temps de fermer la porte. On a bien fait ? » C’est souvent ce que disent les parents d’enfants brûlés ou les accompagnateurs, lorsqu’ils arrivent à l’hôpital. Pour eux, les quelques minutes passées dans le transport ne comptent pas. Et pourtant, ces secondes perdues auraient peut-être pu éviter les greffes et les cicatrices inesthétiques.
On pourrait croire que le simple fait de retirer des vêtements en flamme ou ébouillantés suffit à arrêter la brûlure. C’est faux ! La peau a absorbé la chaleur intense et la brûlure progresse vers la profondeur, menaçant la couche basale. Refroidir rapidement la peau, sous l’eau, est essentiel.

Que faire en cas de brûlure ?

Il faut supprimer la cause de la brûlure, déshabiller la victime et l’allonger.
S’il s’agit d’une brûlure chimique, il faut éliminer le produit par une longue exposition sous l’eau du robinet ou de la douche.
S’il s’agit d’une brûlure par flamme ou par liquide bouillant, il faut l’asperger d’eau du robinet, froide ou tiède (mais jamais glacée), pendant 15 minutes et la protéger par des linges humides et propres (draps...).
Appelez le 15 (SAMU) ou le 18 (POMPIERS). Expliquez-leur la nature des brûlures et grossièrement la surface et la profondeur estimées en donnant l’âge de la victime. Ces deux services mettront en route les secours nécessaires et vous dirigeront vers l’hôpital le plus proche.
Enfin, évitez l’application de beurre, de vinaigre ou de pommades qui risque de compliquer la tâche des personnels soignants et n’apporte rien à la guérison.

À l’hôpital

Le refroidissement par de l’eau est immédiatement effectué s’il n’a pas été pratiqué. On perfuse la victime pour essayer de compenser les pertes hydriques dangereuses sur le plan cardiaque. Des antalgiques sont prescrits lorsque les douleurs sont importantes. La victime est ensuite enduite de Biafine, de pansements stériles (les infections sont redoutables). Il n’est pas facile d’établir rapidement la profondeur exacte de la brûlure. On est parfois obligé d’attendre plusieurs jours. La personne est parfois transférée dans un « centre de grand-brûlés » lorsqu’il s’agit de brûlures très étendues, profondes ou nécessitant des soins très spécifiques.

Souffrir, c’est plutôt bon signe...

Vous pourriez être étonné, voire choqué, de constater que le médecin semble satisfait de voir que vous souffrez de votre brûlure ! Ne vous méprenez pas sur son attitude.
L’absence de douleur lors d’une brûlure, à l’évidence grave, signifie que les nerfs ont aussi été brûlés et qu’ils ne peuvent plus conduire l’influx nerveux ! Autrement dit, il s’agit d’une brûlure profonde du 3ème degré. Souffrir est donc paradoxalement un bon signe. Mais rassurez-vous, passé ce premier temps de l’interrogatoire, le médecin calmera vos douleurs !

Des cultures de peau

Jusqu’à présent, pour traiter en urgence les brûlures profondes, on ne pouvait que prélever des fragments de peau saine sur la victime pour en recouvrir les zones atteintes. On comprend facilement que les brûlures étendues posaient un problème !
Deux nouvelles techniques ont vu le jour pour pallier rapidement cet inconvénient majeur.

1 - La greffe de peau « artificielle »
On peut ainsi recouvrir d’importantes surfaces. A base de silicone, de fibres de collagène bovin, de cartilage de requin, de derme de cadavre humain stérilisé ou de nylon, ces «couvertures» permettent à la peau de se reconstituer lentement.

2 - La culture de peau « autologue »
Autrement dit, on prélève un petit fragment de peau saine sur la victime et on « cultive » cette peau. En 21 jours peut être reconstituée une «peau» qui couvrira environ 45 % de la surface corporelle totale. Cette « peau » est constituée de cellules jeunes (les kératinocytes) qui produisent la kératine. Cette dernière constitue la couche superficielle de la peau normale.

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