Le dosage du CO, un allié dans la lutte contre le tabagisme

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On connaît tous le monoxyde de carbone, ou CO, ce gaz mortel qui s'échappe parfois des chauffages défectueux ou des appareils à gaz. Mais savez-vous que la fumée de cigarette en contient d'énormes quantités ?

Le dosage du CO dans l'air expiré permet d'évaluer l'importance du tabagisme, actif ou passif, et de contrôler le sevrage.

Le CO est un gaz issu de la combustion des substances organiques. Ce gaz passe dans les poumons puis dans le sang. Il se fixe ensuite sur l'hémoglobine des globules rouges, au détriment de l'oxygène qu'il chasse. Son affinité pour l'hémoglobine est 200 fois supérieure à celle de l'oxygène! En d'autres termes, de toutes petites quantités de CO suffisent à chasser l'oxygène fixé à l'hémoglobine, un phénomène synonyme d'asphyxie. Le CO est donc dangereux (et mortel parfois). On déplore au moins 300 morts par an liés directement au CO et bien plus si l'on considère les morts par asphyxie dans les incendies. Le CO n'est pas l'apanage des chaudières ou des gazinières défectueuses et concerne également la fumée de cigarette. C'est même la principale source d'intoxication chronique au CO... pour peu que l'on fume soi-même ou que l'on fréquente un lieu enfumé.

Un bon marqueur

Il y a autant de façons de fumer (profondeur de l'inhalation, longueur du mégot, fréquence des bouffées, environnement clos...) qu'il y a de fumeurs, rendant donc difficile l'évaluation de l'intoxication réelle. Autrement dit, difficile de se faire une idée de l'intoxication si l'on s'en tient uniquement à la consommation journalière de cigarettes! Sachant que les quantités indiquées sur les emballages correspondent à des rendements obtenus dans des machines à fumer, standardisées. À titre d'exemple, une consommation de 30 cigarettes par jour peut donner lieu à une absorption de nicotine qui peut aller de 10 à 100 mg par jour selon les fumeurs! D'où l'intérêt du dosage du CO dans l'air expiré qui constitue un marqueur beaucoup plus précis du degré d'inhalation et donc d'intoxication réelle. Une intoxication qui ne concerne pas que le CO mais englobe également la nicotine, les goudrons et autres gaz toxiques...

Évaluation de la qualité du sevrage

Du fait de sa demi-vie assez courte, de l'ordre de 2 à 6 heures (ndlr : la toxicité du CO inhalé diminue de moitié en 2 à 6 heures), le dosage du CO permet donc surtout d'apprécier l'imprégnation tabagique des quelques heures qui précèdent la mesure. Le CO disparaît en effet de l'air expiré en 5 à 15 heures environ. En clair, le dosage du CO peut donc permettre de savoir si le sevrage est réel. En fonction du taux relevé, on peut également savoir si l'intoxication est importante ou non et même apprécier l'existence d'un tabagisme passif.

Analyseur

L'analyseur de CO dans l'air expiré permet de mesurer le taux de CO qui correspond à l'intoxication réellement subie. Il s'agit d'un petit appareil portable de la taille d'un livre de poche qui va donner une mesure exprimée en ppm, ou "parties par million". Après avoir inspiré à fond et bloqué sa respiration pendant une quinzaine de secondes, il suffit de souffler lentement mais jusqu'au bout dans un embout pour voir s'afficher le taux de CO dans l'air expiré.

À titre d'exemple : dans une ambiance sans tabac, un non-fumeur aura un dosage inférieur à 5 ou 6 ppm (il est exceptionnel d'être à zéro car il existe d'infimes quantités de CO dans l'air expiré).

Entre 6 à 10 ppm, il s'agit d'un petit tabagisme, d'un tabagisme passif ou encore des effets d'une pollution quelconque (automobile, chauffe-eau, chaudière, etc.).
Entre 11 et 20 ppm, il s'agit d'un tabagisme actif.
⇒ ​​​​​​​Au-delà de 20 ppm, on peut parler de tabagisme majeur.

Vous l'aurez compris, le tabagisme passif s'accompagne d'une émission de CO par les poumons, même après quelques minutes passées dans une ambiance enfumée, d'où l'intérêt de ne pas fumer en public et dans un lieu clos, surtout en présence de personnes fragiles du point de vue respiratoire ou d'enfants.

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