L'ostéopathie cranio-sacrée ou le soufle de vie

Le bon moyen d’approcher la subtilité du mouvement vital qui est en vous est de devenir un patient entre les mains sensibles de l’ostéopathe. C’est ce que je vous propose de faire en lisant cet article avant de prendre le rendez vous qui peut transformer votre vie.

QU’EST-CE QUE L’OSTÉOPATHIE ? ET QU’EST-CE QU’UN OSTÉOPATHE ?
L’ostéopathie diagnostique et soigne les troubles fonctionnels et les désordres organiques sans l’aide d’aucun médicament. Le remède est le thérapeute lui-même qui recherche et traite avec ses seules mains. C’est pourquoi il est permis de parler d’esprit ostéopathique et non de méthode ou de technique, même si les conditions requises pour former un bon praticien reposent sur une parfaite connaissance du corps humain.
L’esprit ostéopathique est une manière d’appréhender la vie en soi et d’approcher au plus près du vivant en chacun. Lorsque l’ostéopathe rencontre son patient, il entre en communication avec la globalité de l’être et c’est à ce moment précis qu’intervient la différence avec d’autres approches thérapeutiques. Pour recueillir les informations nécessaires à son diagnostic, le praticien n’utilise pas uniquement son savoir valorisé par un diplôme, ni sa seule expérience du corps, il entre en quelque sorte en communion avec le fluide de la vie qui glisse sous ses mains.

Le mot ostéopathie comprend deux racines grecques : ostéon = os et pathos = maladie. La juste compréhension de ce mot est : maladie par l’os et non : maladie de l’os. Ce qui explique que lorsque la charpente osseuse constituant la structure corporelle se décale, se bloque ou se sclérose, les symptômes de mal-être apparaissent en signes précurseurs de l’entrée en scène d’une prochaine maladie. Vous comprenez donc maintenant l’importance d’une consultation, d’un suivi d’entretien et du choix fondamental d’un bon praticien. L’ostéopathie bien comprise et bien appliquée permet de réajuster les structures en rééquilibrant l’alignement corporel.

ORIGINES DE L’OSTÉOPATHIE

La vocation du docteur Andrew Taylor Still (1828-1917), créateur de l’ostéopathie, naît des valeurs humaines et religieuses qui lui sont transmises dès l’enfance par son père tout à la fois fermier, médecin et pasteur. Chirurgien pendant la guerre de Sécession (1861-1865), Still est très vite confronté tant au pouvoir limité du scalpel et de la chimie qu’au manque de matériel d’urgence nécessaire. Un jour, il ramène dans ses bras, à l’infirmerie de campagne, une petite fille gravement blessée pour essayer de lui prodiguer des soins malgré la pénurie de médicaments. Il fut très étonné lorsqu’en arrivant, il s’aperçut que l’hémorragie était presque stoppée alors que sa seule intervention avait consisté à poser ses mains sur le ventre de la fillette en effectuant une pression constante pendant le transport de l’enfant.

À partir de cette expérience, il entame une réflexion sur l’emploi exclusif des traitements chimiques et chirurgicaux, introduisant la possibilité de soigner et même de guérir certaines maladies sans avoir recours à l’allopathie. Le fruit de ses observations lui révèle le pouvoir du corps possédant en lui-même, soit mécaniquement soit chimiquement, les éléments nécessaires à son propre rétablissement. Il voit ses appréciations confirmées lors d’une épidémie de dysenterie. En auscultant le dos des enfants malades, il ressentit de la chaleur alors que leur ventre était froid. Il entreprit de palper l’abdomen pour permettre aux muscles de se relâcher, ce qui fit revenir la chaleur dans les intestins. En éliminant les symptômes, il sauva la vie de 17 enfants dysentériques. Il apparaît alors clairement à l’esprit du docteur Still “que les fièvres et les maladies sont des effets produits par des causes mécaniques”. Il poursuit ses recherches en appliquant directement ses théories sur la structure osseuse de ses patients et obtient des résultats surprenants vis-à-vis de maladies réputées incurables. Bien entendu et comme toujours, en dérogeant aux règles établies tout en obtenant des succès que les autres n’atteignent pas, le docteur Still est bientôt mis par ses confrères au ban des coupables d’innovation. Mais la voix des “guéris” lui ramène des patients par centaines qui se chargent de couvrir le son des jaloux, des envieux et des malfaisants. En 1892, songeant à la transmission de son art, il fonde dans le Missouri le premier collège ostéopathique dont les premiers élèves seront ses propres enfants. L’American School of Osteopathy essaima ses richesses partout dans le monde et à la mort du docteur Still, d’autres écoles voient le jour aux États-Unis, puis le concept s’exporte vers l’Europe.

L’AXIS MUNDIS : L’AXE DU MONDE

Le meilleur élève du docteur Still, William Garner Sutherland, fit une découverte en 1899, qui allait élargir le champ médical de l’ostéopathie. Un jour, en se rendant en salle de cours, il s’arrêta devant les os d’un crâne se trouvant là pour illustrer les enseignements de l’anatomie. Une perception nouvelle lui vint à l’esprit : “Alors que j’étais là à réfléchir et regarder des pièces d’anatomie, mon attention fut attirée par une surface articulaire au niveau des temporaux du crâne. Cela ressemblait exactement aux ouïes d’un poisson, et soudain l’idée s’imposa à moi qui m’indiquait une mobilité articulaire pour un mécanisme respiratoire.” Un battement, une respiration existaient à l’intérieur du crâne!
Après de multiples expériences sur les os des crânes, y compris le sien, il réussit à démontrer l’existence d’un axe reliant le crâne au sacrum, axe autour duquel les cellules produisent un battement. Semblables au mouvement des vagues, ces battements cellulaires correspondent aux échanges et aux contractions des cellules dans leur activité pour puiser les nutriments et se débarrasser des toxines. Transmise aux os du crâne, cette pulsation cellulaire produit des micromouvements comparables à une respiration subtile. Lorsque le mécanisme du battement est ralenti ou bloqué à un endroit quelconque de l’axe, le traitement en ostéopathie crânio-sacrée peut intervenir pour rétablir le battement physiologique d’origine. En mettant les mains sur la tête du patient, le thérapeute peut ressentir le mouvement rythmé de 7 à 14 fois par minute et l’évaluer pour faire un traitement si besoin est.

LE MÉCANISME INVOLONTAIRE
À la mort de Sutherland, un de ses élèves, le docteur Rollin Becker, décédé en 1996, poursuivit les recherches en ostéopathie. Il axa ses investigations sur ce qu’il appela le “mécanisme involontaire”. Partant de l’idée que toutes les cellules battent de concert, leurs pulsations peuvent être ressenties non seulement au niveau du crâne mais sur n’importe quelle partie du corps, bien que certains endroits soient plus propices que d’autres pour les percevoir. Aucun centre ne contrôle ou ne dirige ce mécanisme présent au niveau de chaque cellule depuis le sommet du crâne jusqu’à la plante des pieds. Ce mécanisme respiratoire primaire, appelé mécanisme crânio-sacré, n’est commandé que par un fonctionnement involontaire, qualifié de “souffle de vie” par le docteur Becker. Selon lui, tout le corps est pulsation ou battement et l’ostéopathie peut agir en cas de restriction ou de blocage partiel du battement cellulaire.

LE CORPS GLOBAL
Lorsque vous dites : “J’ai mal à la jambe, à l’épaule ou dans la nuque”, vous situez couramment la cause de la douleur à l’endroit de sa localisation. C’est oublier que dans le corps, tout fonctionne ensemble et qu’aucune de ses parties ne peut évoluer seule. Une douleur du genou peut provenir d’une faiblesse des hanches ou du sacrum, un déséquilibre vertébral ou cervical. En se mettant à l’oeuvre afin de repositionner l’ensemble, le praticien s’emploie à éliminer la douleur. Un des grands principes de l’ostéopathie est d’intervenir au niveau des structures osseuses, musculaires et nerveuses, pour améliorer ou soulager les fonctions déficientes.

LE TRAITEMENT PAR L’INVOLONTAIRE
L’intelligence corporelle se fait comprendre lorsqu’elle manifeste les blocages physiques et/ou émotionnels sous forme de compression. Par une résistance plus ou moins dure, plus ou moins dense, suivant l’intensité du traumatisme, elle signale le barrage édifié dans le but de limiter la propagation des conséquences inhérentes aux chocs. Apparaît sous les mains exploratrices du praticien une sorte de caillou formé par le ralentissement du battement cellulaire. Le corps réagit ainsi en bloquant la circulation énergétique dans l’endroit endommagé. L’intervention thérapeutique s’effectue par l’intermédiaire d’une pression de la main égale à celle du blocage qui aide à réduire progressivement la compression.

L’OSTÉOPATHIE CRÂNIO-SACRÉE
L’ostéopathie crânio-sacrée du docteur Sutherland est une technique médicale agissant sur le corps pour l’aider à surmonter des blocages physiques, psychosomatiques ou émotionnels en rééquilibrant le fonctionnement correct du mécanisme primaire de l’axe crânio-sacré. Cette technique utilise le battement cellulaire, les liquides, les membranes intracrâniennes et le mouvement que fait le sacrum entre les os iliaques. Il va sans dire que cette technique médicale nécessite de ne jamais contraindre le corps mais uniquement de l’aider à surmonter un obstacle, qu’il sait lui-même créer pour faire barrage à une souffrance.

PRATIQUE
Q
uelques exercices pour vous apprendre à ressentir les battements de votre corps.
LE FRONT :
Allongez-vous sur votre lit, mettez vos mains paumes à plat sur le front. Vous pourrez sentir des micromouvements sous vos mains, indiquant la respiration cellulaire. Restez tranquille quelques instants dans cette attitude et laissez-vous aller. Surtout n’exercez pas de fortes pressions et faites des respirations naturelles et tranquilles.

LES SINUS :
Pour contribuer à leur drainage, posez vos doigts à la naissance du sourcil, lieu des sinus frontaux. Effectuez de petites pressions plusieurs fois de suite et tout le long de cette région en descendant de chaque côté des narines, jusqu’aux sinus maxillaires. Il est nécessaire de rester quelques secondes immobile à chaque endroit. Vous contribuez ainsi à leur drainage.

LES YEUX :
Pour les reposer quand ils sont fatigués par le manque de sommeil ou par l’ordinateur, posez vos doigts délicatement sur vos paupières fermées. Vous sentirez peu à peu les muscles se relâcher. Cette micropression va vous occasionner une réelle détente.

LE VENTRE :
Si vous avez des spasmes abdominaux, posez les mains à plat sur votre ventre. Sentez les endroits où les tensions se manifestent, laissez vos mains suivre les mouvements qui se présentent. Ce sont les mouvements dont le ventre a besoin pour se libérer.

LE DOS, SES RAIDEURS ET SES DOULEURS :
Vous ne pourrez rien faire avec vos mains. Mais prenez 2 balles de tennis et faites-les rouler très lentement de haut en bas. Utilisez cet exercice au niveau de vos cervicales avec une pression modérée. Une balle de chaque côté du cou et tournez lentement la tête de gauche à droite sans jamais la forcer.

LES JAMBES :
Si vous avez les jambes lourdes et sensibles, faites avec les mains des micropressions douces en partant toujours des pieds vers le haut des jambes. Ne crispez pas vos bouts de doigts ni vos mains. Cet exercice favorise la circulation.

À LIRE
L’ostéopathie pour tous de Célia Le Dressay, éd. Sully. Un livre accessible à tous sous forme de bande dessinée.
Ostéopathie pour les bébés et les enfants par Raymond Solano, éd. Sully.

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