Rencontre avec une agricultrice bio… dynamique

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C’est à une quarantaine de kilomètres de Clermont-Ferrand, entre collines bourbonnaises et chaîne des Puys, que Cécile Soubre a posé ses valises, il y a 5 ans, pour cultiver des plantes aromatiques et médicinales en bio-dynamie.

C’est l’histoire d’une petite fille qui rêvait d’être agricultrice, mais qui détestait l’école… Cécile, l’adolescente picarde, était plutôt fâchée avec la rigueur du système de l’Éducation nationale et a intégré, en cours de scolarité, une école Steiner installée à deux pas de chez ses parents. « La pédagogie (1) d’ouverture et la liberté que j’ai trouvées dans cette école m’ont tout de suite séduite et parfaitement convenu », se rappelle la jeune femme. Là, elle rencontre enfin des professeurs qui l’aident à développer son individualité à travers le penser, le sentir, le vouloir, à cultiver un intérêt pour tout ce qui touche l’être humain, et à s’insérer dans le monde de manière créative et responsable. Elle termine sa scolarité en présentant un travail de fin d’études sur le volcanisme, un sujet qui l’intéresse particulièrement…

ETHNOBOTANIQUE
Après avoir décroché le bac, Cécile se lance dans des études de droit qui l’intéressent, certes, mais c’est d’Auvergne et de volcans qu’elle rêve maintenant ! Le hasard faisant bien les choses, ses pas l’amènent en fac de pharmacie à Lille pour un diplôme d’ethnobotanique appliquée. Et, coup de chance, c’est en Auvergne, dans cette région de puys volcaniques, qu’elle vient faire son mémoire… et rencontre celui qui deviendra son mari !
Le couple, passionné par les plantes, s’installe à 700 m d’altitude et commence à défricher un terrain bordé par des bois d’un côté et par un ru de l’autre. Des rangées de pavots de Californie, mélisse officinale, verveine odorante, sarriette, hysope, vigne rouge, mauve, bourrache et soucis voient bientôt le jour.
« Tout ne pousse pas ici – inutile d’essayer le mélilot jaune ou l’artichaut, par exemple, remarque Cécile. Le sol est trop acide et le climat bien trop rude pour ces fragiles végétaux qui se plaisent bien mieux sous des latitudes plus clémentes. »

CONSTELLATIONS
Loin de toute pollution et dans le prolongement de l’enseignement de Steiner, la jeune cultivatrice veut aller plus loin que le bio en appliquant les règles de la bio-dynamie – à savoir : utilisation de préparations à pulvériser, rotation des cultures, pratique du compostage en tas, régulation des adventices indésirables et des parasites, et enfin respect du calendrier des semis et des rythmes cosmiques, saisonniers, journaliers, lunaires et planétaires.
« Ce calendrier tient compte des influences des constellations zodiacales, explique Cécile. Celles-ci transmettent leurs impulsions au sol et à la plante par l’intermédiaire des éléments eau, air/lumière, terre et chaleur. À chacun de ces éléments sont liées trois constellations, et comme il en existe 12, cela donne quatre groupes : racine, feuille, fleur et fruit. Un peu compliqué, reconnaît-elle volontiers, surtout quand il faut tenir compte de tous ces paramètres pour semer, planter, soigner et récolter ! » Mais le jeu en vaut la chandelle. En quelques années de cette pratique respectueuse de la nature, le terrain de 5 000 m2, épuisé par un pâturage intensif, commence à donner des signes encourageants d’amélioration.

RECETTES BIO-DYNAMIQUES
Le principe est simple : tisanes, décoctions et macérations de plantes sont pulvérisées au jardin en prévention ou en curatif contre nombre de parasites et maladies. Selon Maria Thun, elles favorisent la santé et l’arôme des plantes, et augmentent les rendements.
Tisane d’ortie : régulateur et stimulant de la croissance végétale ; elle a un effet préventif pour le mildiou de la vigne (4 poignées d’orties fraîches pour 5 litres d’eau. Laisser infuser 10 à 20 mn).
Tisane de prêle : en maraîchage, stimulante des défenses naturelles.
Tisane de rhubarbe : diluée à 5 %, elle est efficace en prévention du mildiou. Également répulsive pour pucerons, chenilles et limaces. 2 kg de feuilles infusées dans 10 litres d’eau pendant 24 h. S’emploie non diluée.
Décoction d’ail et d’oignon : repousse pucerons et punaises. Mettre 1 kg d’ail et 1,5 kg d’oignons dans 50 litres d’eau et laisser bouillir ¼ d’heure. Se pulvérise sans dilution.
Macération d’orties (purin) : puissant fertilisant et stimulant. Mettre 1 kg d’Urtica dioïca fraîches dans 10 litres d’eau de pluie et laisser fermenter entre 5 jours et 2 semaines, à l’abri du soleil et en remuant régulièrement.
Macération de fougères : utilisée non diluée contre limaces, cochenilles et pucerons. La recette est la même que pour l’ortie.

(1) École fondée en 1919 par Rudolf Steiner, dont les spécificités sont, entre autres, le respect des rythmes de l’enfant et l’ouverture au monde. Son but était de former des individus capables en eux-mêmes et par eux-mêmes de donner un sens à leur vie.

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