Calculer votre IMC, ou « Indice de masse corporelle »

Un baromètre du surpoids
Rubrique

Les formules plus ou moins complexes destinées à évaluer la composition corporelle sont légion. Mais c’est l’une des plus simples, l’indice de masse corporelle (IMC)*, ou BMI pour les anglo-saxons (Body Mass Index), qui est devenu l’indice de référence dans le monde entier, car facile à pratiquer soi-même : il suffit de connaître seulement son poids et sa taille.

Pour autant, on ne doit le considérer que comme un indice de «débrouillage» ou de suivi d’un régime. Car apprécier la surcharge pondérale d’un individu d’un simple coup d’œil n’est pas toujours facile lorsque l’excès de poids ne dépasse pas quelques kilos. Rappelons que selon l’âge, le sexe et la taille, un individu de corpulence normale dispose en moyenne de 6 à 13 kg de graisse. En d’autres termes, le diagnostic de maigreur, de surcharge pondérale ou d’obésité nécessite une quantification plus affinée que la simple pesée ne permet pas toujours.

Le calcul

L’IMC correspond au poids exprimé en kg divisé par le carré de la taille exprimée en mètre (P/T2). A titre d’exemple, un homme ou une femme de 70 kg mesurant 1,74 m dispose d’un IMC de 23 (70/1,74X1,74). Le poids doit être mesuré à jeun, le matin, après avoir vidé sa vessie et être passé à la selle. La balance doit être bien tarée. La taille doit être mesurée si elle ne l’a pas été récemment (personnes âgées et adolescents notamment).

Fourchette normale

En France, on considère que l’IMC chez un adulte est normal lorsqu’il se situe entre 20 et 24,9 chez l’homme et 19 à 24 chez la femme. Selon les cas, on parle alors de minceur (qu’on doit différencier de la maigreur) ou de corpulence normale. L’IMC idéal est fixé à 22. Rappelons que la notion de «poids idéal» ne repose que sur les statistiques. Ce sont les compagnies d’assu- rance américaines qui lancèrent le concept de poids idéal dans les années 50, un poids sensé éviter l’apparition des problèmes de santé. En pratique, l’IMC idéal correspond plutôt au poids pour lequel on se sent bien, dans la fourchette de normalité des 19-24 (F) ou des 20-24,9 (H).

IMC trop bas...

Un IMC inférieur à 18,5 témoigne d’un poids insuffisant – ou maigreur – et bien souvent d’une dénutrition. En dehors d’une maigreur constitutionnelle, c’est-à-dire «physiologique», plusieurs autres origines sont possibles :
- dénutrition par manque d’apport alimentaire
- anorexie (l’IMC peut passer sous la barre des 13 !)
- maladie grave (cancer, infection...).

... ou trop haut

Un IMC compris entre 25 et 29,9 définit l’existence d’un surpoids. Rappelons que la prédominance du surpoids au niveau abdominal constitue un danger supplémentaire. L’augmentation du périmètre ombilical représente d’ailleurs l’un des paramètres du syndrome métabolique. Entre 30 et 34,9, on parle d’obésité de grade 1, entre 35 et 39,9, d’obésité de grade 2. Au-delà de 40, il s’agit d’une obésité massive ou sévère (grade 3). D’une façon générale, plus l’IMC augmente et plus des problèmes de santé vont apparaître (problèmes cardio-vasculaires, cancers, risques articulaires...), sans parler bien entendu de la mortalité plus élevée.

Un indice limité toutefois

L’IMC n’est pas la panacée en matière d’appréciation de la corpulence, normale ou non, d’un individu. Du fait de sa trop grande simplicité qui ne tient pas compte de la morphologie de l’individu et encore moins de ses spécificités, l’IMC ne peut s’appliquer à tous. Vous l’aurez sûrement déjà compris, tout ce qui va agir sur la taille ou sur le poids, autrement que l’excès de graisse, va faire varier d’autant l’IMC. Ainsi, la musculature importante du sportif ou du bodybuildeur (à volume égal, le muscle est plus lourd que la graisse), un squelette lourd, la présence d’œdèmes dans les jambes ou d’une ascite (œdème abdominal), la grossesse, l’allaitement ou l’hyperhydratation cellulaire vont interférer sur le poids. De la même façon, un tassement vertébral d’origine ostéoporotique ou traumatique peut diminuer la taille et faire varier l’indice. Enfin, l’interprétation de l’IMC dépend de l’âge de l’individu. Un âge qui n’apparaît pas dans le calcul. Car avoir un IMC trop élevé à partir de 70 ans n’a pas le même impact en matière d’espérance de vie qu’un surpoids qui apparaît à l’adolescence.

L’impédancemétrie

Cet examen permet de connaître avec précision le pourcentage de graisse que contient l’organisme, et donc, le nombre de kilos en excès. Il s’agit d’un ordinateur, appelé impédancemètre et relié à des électrodes appliquées sur le corps, qui va étudier la résistance qu’oppose le corps au passage d’un courant électrique de très faible intensité (indolore !). Pour effectuer le calcul de la masse maigre (muscles) mais aussi de la masse grasse, l’impédancemétrie va tenir compte de l’âge, du poids, de la taille et du sexe. A noter qu’il existe dans le commerce des pèse-personnes pourvus d’impédancemètres intégrés dont la fiabilité n’est pas toujours au rendez-vous.

Et chez la personne alitée ?

Il est possible de se passer de la taille réelle pour calculer l’IMC chez une personne qui ne peut se tenir debout, grâce à une équation dont il existe une version femme et homme :

- Femme : taille (cm) = 64,19 – 0,40 X âge (ans) + 2,02 X hauteur de la jambe en cm (hauteur prise de la plante du pied jusqu’au-dessus du genou plié à 90°).
- Homme : taille (cm) = 84,88 – 0,24 X âge (ans) + 1,83 X hauteur de la jambe en cm.

* anciennement appelé «indice de Quetelet»

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