Déodorants et aluminium

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Je suis étonné de voir que dans tous les déodorants en spray que j’utilise (Pierre Cardin, Adidas, Brut océan, Brut original, Narta, déo 24 h Trecking, Auchan), il ne figure pas dans leur formule la mention « Chlorhydrate d’aluminium ». Cela veut donc dire qu’ils n’en contiennent pas, n’est-ce pas ? Pourquoi donc dans votre article du N° 110, ne parlez-vous pas de tous ces déodorants nombreux sans aluminium ? Puisque votre article laisse bien entendre que tous en contiendraient… »

M. M. de la Sarthe

Ce lecteur nous avait envoyé la formule de ses déodorants. Nous avons demandé à Laurence Wittner de lui répondre.

Aucun de ces produits ne contient de sels d’aluminium (bon point).
Tous ont le même principe de formulation : alcool + huiles essentielles + gaz propulseurs.
L’alcool : ce n’est pas ce qu’on fait de mieux en cosmétique, même si ce n’est pas ce qu’on fait de pire non plus. C’est un asséchant de la peau, et sa pénétration transcutanée le rend susceptible de toxicité pour l’organisme (comme l’alcool qu’on boit), même apparemment (mais ce point est encore à confirmer, notamment par une étude conjointe de l’Afssaps et de l’Afsset dont on attend les résultats) à de faibles doses si elles sont répétées. À noter qu’un homme, qui a priori ne s’épile pas les aisselles, est mieux protégé sur ce point qu’une femme…
Les huiles essentielles se « cachent » derrière le terme « Parfum » : elles sont antibactériennes (et donc luttent contre les bactéries responsables de la mauvaise odeur de la transpiration), elles parfument aussi (et contrebalancent avec une « bonne » odeur les éventuelles mauvaises…). Mais elles contiennent aussi des molécules aromatiques allergènes, et on en retrouve beaucoup dans ces produits (26 d’entre elles sont soumises à une obligation de déclaration du fait de leur caractère allergisant : Alpha isomethyl ionone, Amyl cinnamal, Amylcinnamyl alcohol, Anisyl alcohol, Benzyl alcohol, Benzyl benzoate, Benzyl cinnamate, Benzyl salicylate, Butylphenyl methylpropional, Cinnamal, Cinnamyl alcohol, Citral, Citronellol, Coumarin, Eugenol, Farnesol, Geraniol, Hexyl cinnamal, Hydroxycitronnellal, Hydroxyisohexyl 3-cyclo hexene carboxaldehyde, Isoeugenol, Limonene, Linalool, Methyl 2-octynoate, Evernia prunastri, Evernia furfuracea.). À noter que toutes n’ont pas le même potentiel allergisant (il y les forts, les moyens et les faibles…) et qu’une molécule allergène ne déclenche d’allergie que si on est sensibilisé à la substance, mais que plus on y est exposé, plus on risque d’y devenir sensibilisé…
Les gaz propulseurs : ce sont les mêmes dans tous ces produits (Butane, Isobutane, Propane). Ce sont des COV (Composés Organiques Volatils) : ils sont évidemment polluants pour l’environnement. À noter qu’on trouve aujourd’hui des déo en spray propulsés avec des gaz neutres comme l’azote. Écologiquement, c’est mieux.
Triclosan : présent dans 2 produits. C’est un conservateur synthétique, antibactérien (c’est pour cela qu’il est dans les déo) mais suspect toxicologiquement, et tellement puissant que plusieurs équipes de chercheurs recommandent de ne plus l’inclure dans les cosmétiques : ils craignent que sa sur-utilisation n’aboutisse à créer des résistances (comme on en a développées aux antibiotiques) et qu’il finisse par ne plus être suffisamment efficace là où on en a vraiment besoin (dans les blocs opératoires des hôpitaux, par exemple…). À éviter, donc…

Laurence Wittner

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