Quand la pollution rend obèse

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L’inquiétude grandit avec une nouvelle cause identifiée. Des polluants chimiques agiraient dès la vie fœtale.

C’EST INDÉNIABLE, LA POLLUTION CHIMIQUE DE NOTRE ENVIRONNEMENT EST GLOBALE
Tous les écosystèmes sont touchés, même ceux où les humains sont peu présents. L’air, le sol, les sédiments marins, les eaux contiennent des polluants chimiques qui, absorbés par les plantes, entrent dans les réseaux trophiques, contaminent les animaux les plus divers et s’accumulent plus ou moins tout au long de la chaîne alimentaire. On savait les polluants chimiques impliqués dans les cancers, certaines formes de stérilité, certaines pathologies endocriniennes, les allergies, les maladies respiratoires...

AUJOURD'HUI, LA LISTE S'ALLONGE : LA POLLUTION EST "OBÉSOGÈNE" !
Il ne s’agit plus de soupçons, mais d’études très sérieuses (américaines et espagnoles) qui établissent un lien entre l’exposition à des substances chimiques courantes et la prédisposition pour les enfants à devenir gros.
L’identification de cette nouvelle cause est inquiétante, mais elle permettra de mieux comprendre l’épidémie d’obésité que vivent actuellement les pays développés et de mieux orienter les politiques de santé publique. Les données indiquent nettement que le régime alimentaire et le manque d’exercice ne suffisent pas à expliquer le développement rapide de la maladie.

COMMENT L'ACTION DES POLLUANTS CHIMIQUES A-T-ELLE ÉTÉ MISE EN ÉVIDENCE ?
Tout d’abord la mesure du taux de HCB (hexachlorobenzène) présent dans le cordon ombilical d’une cohorte de bébés montre que, avant la naissance, ces enfants étaient en contact avec cette substance chimique dangereuse (elle est interdite depuis 2004). Autre observation, les enfants présentant un fort taux d’hexachlorobenzène sont deux fois plus nombreux à être obèses à 6 ans et demi.
Ce résultat vient conforter ceux obtenus lors d’expériences menées sur des animaux ; il existe des substances chimiques qui, présentes dans la nourriture de femelles gestantes, provoquent un surpoids chez la progéniture.

PARMI LES SUBSTANCES TESTÉES :
- des composés organostaniques, qui se sont accumulés dans les poissons que nous mangeons ;
- le bisphénol A (BPA), matière utilisée dans la fabrication de biberons, d’ustensiles de cuisine, de boîtes en plastique (pour les fours à micro-ondes), de revêtements de boîtes de conserve (résines époxy), bref, dans de nombreux plastiques alimentaires ;
- les phtalates, présents dans les cosmétiques, les produits d’hygiène corporelle, les films plastiques alimentaires...

Si le résultat est clair, reste à décoder le mode d’action de ces produits. Deux hypothèses sont proposées.
- La première : le HCB provoquerait un diabète de gestation chez la mère, ce qui augmente considérablement les risques de surpoids chez l’enfant (entre autres, risques aussi d’intolérance au glucose, de diabète de type 2).
- La seconde : le HCB traverse la barrière placentaire ou passe par le lait maternel et va s’accumuler dans les tissus fœtaux ; la substance stimule les cellules souches qui deviennent des cellules adipeuses, destinées à accumuler les graisses, et que le bébé conservera tout au long de sa vie.

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