Facteurs rhumatoïdes

Pour diagnostiquer la polyarthrite rhumathoïde
Rubrique

Des mains douloureuses au petit matin, qui se déforment ou gonflent ? Il n’en faut pas beaucoup plus au médecin pour suspecter une polyarthrite rhumatoïde, surtout si les symptômes concernent une femme jeune. Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde passe notamment par la mise en évidence des facteurs rhumatoïdes dans le sang.

Gros plan sur un examen de laboratoire…

… qui concerne les 0,5 à 1 % de la population touchés par cette maladie. Impossible pour un médecin de passer à côté d’une polyarthrite rhumatoïde (PR), le rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent, tant les symptômes sont caractéristiques, presque caricaturaux. La PR, qui touche essentiellement les femmes (75 % des cas) vers l’âge de 35 à 55 ans, se manifeste par des douleurs articulaires, au niveau des poignets et des mains (75 %), phalanges surtout, du cou, des épaules par la suite, des genoux, des chevilles ou encore des coudes. Curieusement, cette maladie rhumatologique ne se manifeste pas par des douleurs dorsales ou lombaires. Des gonflements et des déformations variées traduisant la destruction articulaire cartilagineuse viennent compléter le tableau et rendre le diagnostic encore plus facile. Reste à l’affirmer.

Test au latex et réaction de Waaler-Rose…

La radiographie osseuse de la zone douloureuse (mains essentiellement) suffit à suspecter très fortement le diagnostic en montrant les destructions articulaires caractéristiques. Mais au tout début de la maladie, les radiographies sont normales car il n’y a pas encore de destruction radiologiquement visible. D’où l’intérêt des examens sanguins de confirmation, et notamment les facteurs rhumatoïdes (FR) qui comportent deux examens biologiques distincts, le test au latex et la réaction de Waaler-Rose. Dans les deux cas, il s’agit de doser des auto-anticorps dont la présence est anormale. Ces anticorps sont dirigés contre les immunoglobulines, autrement dit d’autres anticorps. En clair, dans la PR, l’organisme s’attaque à ses propres défenses !

… Positifs dans 80 % des cas

Sauf exceptions, un test au latex et une réaction de Waaler-Rose positifs permettent d’affirmer la PR. Attention, ces deux tests peuvent être négatifs dans les deux premières années de la maladie, d’où une prudence dans l’interprétation des résultats, surtout lorsque les radiographies sont normales. Les tests se positivent ensuite dans 80 % des cas. Autrement dit, ils peuvent rester négatifs dans 20 % des PR, même après deux ans d’évolution. D’une façon générale, plus le test au latex est élevé, plus la maladie est sévère. En revanche, l’intensité de la réaction de Waaler-Rose n’a pas de signification en matière de sévérité. Il peut être positif en l’absence de PR chez la personne âgée.

En pratique

Le test au latex est dit positif lorsqu’il dépasse 1/80*.ÿ    La réaction de Waaler-Rose est positive au-delà de 1/64*. Le taux revient à la normale en cas de rémission de la PR sous l’effet du traitement.

* Certains laboratoires expriment les facteurs rhumatoïdes en Unités Internationales par millilitre (UI/mL). Ils sont dits « négatifs » en deçà de 30 UI/mL.

Pièges

Le test au latex et la réaction de Waaler-Rose peuvent aussi parfois se positiver dans certaines pathologies (15 à 30 %), en l’absence donc de PR :

• maladies auto-immunes (syndrome de Goujerot-Sjögren surtout, lupus, dermatomyosite, sclérodermie, péri-artérite noueuse…)
• mononucléose infectieuse et autres infections virales et parasitaires
• maladies hépatiques (hépatites chroniques, cirrhose biliaire)
• endocardite bactérienne
• pathologies sanguines (leucémie lymphoïde chronique : LLC, maladie de Waldenström, lymphomes…).

Les autres examens

D’autres examens permettent de confirmer le diagnostic, comme le dosage des anticorps antipérinucléaires (APN) et des anticorps anti-kératine. Et enfin, sans surprise, en cas de PR, la Vitesse de Sédimentation (VS) et la C-Réactive Protéine (CRP), marqueurs de l’inflammation, sont élevées.

Autres atteintes de la PR

D’autres atteintes sont possibles, au niveau des hanches (16 à 30 % des cas), mais aussi au niveau vasculaire (artérite des doigts), cutané (nécroses, nodules…), neurologique (lésions des nerfs périphériques), cardiaque (péricardite) ou pulmonaire (pleurésie, fibrose pulmonaire…).

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