La dénutrition

Repérez les signes par l'examen clinique
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Si les examens complémentaires permettent de conforter l’existence d’une dénutrition et d’effectuer le bilan nutritionnel, l’examen clinique suffit souvent à lui seul pour diagnostiquer certaines carences nutritionnelles ou un déficit global. Encore faut-il en connaître les signes.

La dénutrition correspond à un état où les apports nutritionnels ne couvrent pas les dépenses de l’organisme. En clair, se soumettre à un régime alimentaire draconien tout en continuant à faire du sport de façon intensive, faire un régime alimentaire strict pour éliminer les kilos superflus avant l’été, faire un jeûne prolongé, une grève de la faim, être anorexique, adopter le végétalisme sans une supplémentation ciblée en vitamines ou exclure - volontairement ou non - une grande famille d’aliments peuvent entraîner une dénutrition globale ou un déficit nutritionnel particulier. Rappelons que la définition d’une bonne alimentation se résume à l’aphorisme du docteur Creff, célèbre médecin nutritionniste : « Il faut manger de tout un peu et de peu assez ».

La dénutrition - symptôme…

Fatigue, amaigrissement, altération de l’état général… ces signes d’une dénutrition apparaissent précocement dans l’évolution de nombreuses maladies, un état de dénutrition inexplicable est donc un signal d’alarme. Le repérer permet, par exemple, de dépister plus rapidement une maladie grave pour la traiter à temps.

…et la dénutrition - cause

La dénutrition expose elle-même à de très nombreuses maladies (cancers, maladies métaboliques, maladies cardio-vasculaires…). Un cercle vicieux s’engage dont il devient difficile de sortir. La dénutrition favorise en effet les infections, provoque une anémie, réduit les capacités de cicatrisation, entraîne une baisse du tonus, expose à l’alitement, fragilise les os, favorise les infections pulmonaires…

L’importance de l'auto-examen

Quelques examens très simples permettent de faire le point sur votre statut nutritionnel. Mais attention : plus qu’un seul symptôme, c’est l’association de nombreux signes qui permettent de suspecter une dénutrition.

1. Pesez-vous !

Si la perte de poids n’est pas suffisante à affirmer une dénutrition (un amaigrissement bien mené ne doit pas conduire à une dénutrition mais à la seule perte de graisse), ce paramètre demeure important, car il va souvent de pair avec une dénutrition. Mais attention, dénutrition n’est pas nécessairement synonyme de maigreur ou d’amaigrissement. En clair, on peut être dénutri(e) et en surcharge pondérale, comme on le voit souvent chez les personnes âgées. Pesez-vous fréquemment dans l’année (la pesée quotidienne n’a aucun intérêt, car le poids peut varier d’un jour à l’autre, sans relation significative avec une perte ou une prise de poids), de préférence le matin, après être allé(e) aux toilettes, et avant le petit déjeuner. La pesée doit s’effectuer en sous-vête­ments. Le poids doit être noté sur un carnet, afin de mettre en évidence l’existence d’une dénutrition lente et la vitesse de la perte pondérale. Quelques centaines de grammes de différence à l’apparence anodine entre chaque pesée peuvent se solder par des kilos un an plus tard.

2. Scrutez votre visage

Un visage terne est évocateur, de même que des joues creusées qui contrastent avec des pommettes anormalement saillantes. L’examen de la langue est important. En cas de carence, elle apparaît rouge, lisse, dépapillée et douloureuse. Des fissures au coin des lèvres et des saignements au niveau des gencives orientent également vers une carence nutritionnelle, tout comme des cheveux ternes, cassants et faciles à arracher.

3. Appréciez vos formes

Examinez vos épaules, votre thorax (côtes) et votre bassin. En cas de dénutrition, les os et les articulations s’avèrent plus proéminents qu’à l’habitude. Responsable, une fonte musculaire qui accentue les « contrastes », comme au niveau des épaules où l’atrophie des deltoïdes fait ressortir l’articulation entre l’humérus et l’omoplate.

4. Regardez vos doigts

Vos ongles sont blancs ? Il pourrait s’agir d’un déficit protéique au niveau sanguin (hypoalbuminémie). Incurvés, en revanche, ils indiquent une carence en fer.

5. Palpez et mesurez vos bras

⇒ À l’aide d’un compas ou d’un pied à coulisse, pincez votre peau à l’arrière du milieu du bras, au niveau du triceps (muscle qui permet de tendre l’avant-bras), et mesurez votre pli cutané tricipital (PCT). Plus le PCT est fin, moins le corps est riche en graisse. À titre indicatif, le PCT normal tourne autour de 19 mm chez la femme et de 11 mm chez l’homme.

⇒ Quant à la mesure répétée de la circonférence du bras à sa partie moyenne (CMB), elle permet surtout d’évaluer la perte de masse musculaire (atrophie) après plusieurs mesures. À titre indicatif, la CMB tourne autour de 22 cm chez la femme et 25 cm chez l’homme.

Attention, plus qu’une seule mesure, ce sont les mesures répétées et leur évolution qui permettent d’évaluer les pertes graisseuses et musculaires.

6. Examinez vos jambes

Les œdèmes des membres inférieurs (OMI) ne sont pas toujours l’expression d’une insuffisance cardiaque ou d’un problème rénal. Ils peuvent être le signe d’une baisse de la pression sanguine dans les capillaires. Fait important, le développement des œdèmes peut masquer une chute de poids en la compensant, d’où la relativité de la pesée en cas d’OMI.

7. Inspectez votre peau

Une peau fragile, sèche, recouverte de croûtes (squames), des poils qui s’arrachent facilement, des ecchymoses survenant au moindre choc et des petits vaisseaux qui éclatent spontanément peuvent être liés à une carence nutritionnelle.

Autres signes de dénutrition

• Désintérêt
• Troubles de la concentration
• Nausées et vomissements
• Diarrhée
• Accélération du pouls (tachycardie)
• Fatigue musculaire

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