Alzheimer : l’envers du décor

Le point sur les traitements médicamenteux anti-Alzheimer
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D’une étude récente de l’INPES, il ressort que près des deux tiers des sujets interrogés estiment que l’on ne peut rien faire pour guérir une personne victime de la maladie d’Alzheimer. Leur opinion reflète très exactement la réalité médicale actuelle : malgré les nombreuses recherches menées à ce jour, on n’a pas encore découvert le traitement curatif miracle permettant de « nettoyer » le cerveau des lésions déjà formées. Les médicaments spécifiques de la maladie actuellement disponibles n’agissent que sur les symptômes cognitifs et comportementaux, en particulier sur les troubles de la mémoire.

LES ANTICHOLINESTÉRASIQUES
Avec le recul dont on dispose aujourd’hui, il apparaît que le bénéfice clinique apporté par cette famille de médicaments (anticholinestérasiques) est si faible que la prescription d’inhibiteurs de la cholinestérase ne se justifie plus guère et devrait par conséquent être remise en cause. Des revues d’études publiées ces dernières années ont conforté les doutes que l’on pouvait avoir à ce sujet. Globalement, l’amélioration observée sous traitement demeure plus que modeste, puisqu’elle se situe entre 1,5 et 3,9 points sur une échelle variant entre 0 et 70 points. Or, selon l’Agence américaine de sécurité sanitaire des produits de santé, la FDA, seule une différence de 4 points et plus dénote une efficacité clinique. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS), dont il sera question un peu plus loin, consent à reconnaître, dans un document publié cette année (HAS – Bon usage des médicaments – Les médicaments de la maladie d’Alzheimer à visée thérapeutique dans la pratique quotidienne - Janvier 2009), que le bénéfice clinique apporté aux patients par les anticholinestérasiques « apparaît très difficile à préciser ».

MAIS IL Y A PLUS PRÉOCCUPANT
En 2005, deux études cliniques d’une durée de deux ans (menées par Johnson & Johnson Pharmaceutical Research & Development) ont révélé que le Reminyl (galantamine), commercialisé en France depuis l’an 2000, n’avait non seulement pas d’effet supérieur à celui d’un placebo pour empêcher l’évolution vers la démence en cas de troubles cognitifs modérés, mais, de plus, le taux de décès avec ce médicament était étrangement plus élevé qu’avec un placebo : 14 décès dans le groupe galantamine (1 026 patients) contre 3 dans le groupe placebo (1 022 patients). Les causes des décès étaient diverses, mais majoritairement d’origine cardiovasculaire (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, mort subite). On n’avait pourtant pas décelé d’accroissement de la mortalité sous galantamine dans les études ayant permis l’enregistrement du médicament, sauf que toutes ces études n’avaient duré que six mois, soit quatre fois moins longtemps !

Pourquoi la HAS n’envisage-t-elle pas son déremboursement ?

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