Les entorses des doigts

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Sport surtout, mais aussi bricolage, jardinage, chute ou tout simplement maladresse, nombreuses sont les situations où l'on peut se tordre un doigt.

Bénigne le plus souvent, elle peut s'accompagner parfois d'une fracture ou d'une rupture tendineuse.

Comme pour la cheville, l'entorse d'un doigt correspond à une exagération d'un mouvement au niveau de l'une des trois articulations qui le composent (hormis pour le pouce qui n'en compte que deux) : l'articulation métacarpo-phalangienne, entre le métacarpe de la main et la première phalange, l'articulation interphalangienne dite "proximale" (IPP) et l'articulation interphalangienne distale (IPD), entre la seconde phalange et la dernière. Le mouvement articulaire dépasse les limites physiologiques : le doigt se déforme brutalement et revient à sa position normale juste après. Rappelons que des ligaments situés de part et d'autres des articulations leur permettent de rester stables lors des mouvements de flexion et d'extension des doigts.

Entorse ou luxation ?

On parle de luxation lorsque le retour de l'articulation en position normale ne se fait pas. Le doigt reste très déformé au niveau de l'articulation douloureuse et surtout, paraît raccourci du fait du chevauchement des deux phalanges. Il est alors impossible de se servir de son doigt qui ne peut plus bouger normalement. Il faut réduire la luxation au plus vite. Dans l'entorse au contraire, le doigt, bien que douloureux, reste relativement fonctionnel et garde une longueur normale.

Articulation bleue ou gonflée

En cas d'entorse, l'articulation bleuit ou gonfle souvent. Cet hématome est lié à la distension des ligaments qui se mettent alors à saigner. Dans certains cas, l'entorse s'accompagne d'une petite fracture de l'un voire des deux os concernés. Jamais grave, cette fracture, qu'on appelle aussi "arrachement osseux", peut toutefois laisser des séquelles si l'articulation n'a pas été immobilisée de façon efficace ou suffisamment prolongée. Le fragment osseux peut se détacher, rendant l'articulation moins fonctionnelle qu'avant, douloureuse ou gonflée. Enfin, signalons la possibilité d'une rupture du tendon fléchisseur ou extenseur du doigt, qui nécessite une intervention chirurgicale.

Radiographie et examen clinique indispensables

Seule une radiographie permet d'affirmer que l'entorse ne s'accompagne pas d'une petite fracture du métacarpe ou des phalanges. Un bâillement de l'articulation atteste d'une rupture ou d'une élongation importante du ou des ligaments. En pratique, on retrouve alors une laxité lors de l'examen de l'articulation, qui paraît trop mobile comparativement aux autres doigts. Un examen médical est donc indispensable.

Attelle ou syndactylie ?

L'immobilisation dépend du type d'entorse, de sa gravité et de l'existence d'une fracture ou d'un bâillement. L'important est de ne pas immobiliser trop longtemps une entorse bénigne au risque d'entraîner une raideur articulaire par la suite : S'il s'agit d'une entorse simple, une petite immobilisation par une attelle de doigt métallique permet d'obtenir la guérison. 3 à 7 jours suffisent. La reprise sportive doit être prudente. Avant de réutiliser votre doigt, n'hésitez pas à le plonger dans de l'eau chaude afin de favoriser la remobilisation des tissus ankylosés.

En cas d'entorse plus grave (bâillement ou arrachement osseux), l'attelle doit être conservée 3 semaines au maximum. Selon le type de fracture, il est conseillé parfois de pratiquer une syndactylie, autrement dit de se servir d'un doigt voisin valide comme tuteur, au moyen d'un petit bandage. En cas d'arrachement osseux, une radio de contrôle peut être nécessaire.
Dans tous les cas, des antalgiques type paracétamol et un glaçage de l'articulation en cas d'hématome important permettent de diminuer la douleur. Enfin, on peut avoir recours aux infiltrations de corticoïdes lorsque persistent un oedème ou une limitation de la mobilité.

Le cas particulier du pouce

Attention au syndrome de la "dragonne du bâton de ski", cette lanière qui retient le bâton autour du pouce. En cas de chute, le ligament latéral interne du pouce situé sur l'articulation métacarpo-phalangienne peut se déchirer. Dans les formes graves de rupture de ce ligament, l'intervention chirurgicale est nécessaire, au risque sinon de laisser des séquelles importantes dans la fonction de préhension du pouce (saisie délicate des objets entre le pouce et l'index) ou une arthrose précoce. Bien qu'assez spécifique du ski, on peut rencontrer ce type de blessure dans certains sports de balle.

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