Souffler n'est pas jouer...

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Asthme, bronchopathie chronique obstructive (BCPO), difficultés respiratoires, conséquences de l’amiante... Voici quelques-unes des indications de la prescription d’explorations fonctionnelles respiratoires, autrement dit les EFR, qui regroupent un ensemble d’examens à visée pulmonaire.

Sauf pour les Explorations Fonctionnelles Respiratoires!

Les EFR permettent d’apprécier le retentissement d’une pathologie sur la fonction respiratoire et de mettre en œuvre un traitement adapté.

De façon très simplifiée, respirer sert à capter l’oxygène présent dans l’air ambiant. Cet oxygène est indispensable pour brûler les nutriments apportés par l’alimen- tation. Après la combustion des nutriments, l’organisme doit se séparer du principal déchet de cette combustion : le gaz carbonique. Tout se passe au niveau des poumons, largement irrigués par les artères et veines pulmonaires qui constituent le système vasculaire, également impliqué dans la respiration.

Derrière cette simplicité apparente se cache en réalité un fonctionnement très complexe qui ne peut se limiter à compter le nombre de mouvements respiratoires ou le nombre de pulsations cardiaques. C’est tout l’intérêt des explorations fonctionnelles respiratoires, les EFR, un ensemble d’examens qui analysent de façon précise les capacités pulmonaires d’un individu et sa faculté à assumer la respiration. Schématiquement, les EFR vont donc mesurer les volumes gazeux qui pénètrent et sortent des poumons, ainsi que leurs débits expiratoires et inspiratoires, les capacités «de stockage» de l’air dans les poumons, l’aptitude des alvéoles à filtrer les gaz et la vascularisation pulmonaire.

Pour qui ? Pourquoi ?

Les EFR permettent donc d’analyser l’ensemble des capacités pulmonaires. On les utilise pour apprécier l’état de la fonction respiratoire lors de certaines pathologies dans lesquelles la respiration peut être altérée et pour lesquelles des décisions thérapeutiques importantes doivent être prises, comme l’hospitalisation, la mise sous oxygène à domicile ou encore la pose d’un appareillage respiratoire la nuit. Parmi les indications habituelles des EFR, on retrouve l’asthme, la bronchopathie chronique obstructive (BPCO), un tabagisme important, l’obésité (avant une intervention chirurgicale par exemple), l’exposition à des toxiques respiratoires, l’emphysème, la sarcoïdose, les collagénoses, la fibrose pulmonaire, etc.

Comment se déroulent des examens ?

Pratiquées par un pneumologue (en cabi- net de ville, dans un centre de médecine du travail ou à l’hôpital), les EFR réclament la participation active du patient qui devra inspirer et expirer sur demande, à fond parfois, dans un embout fixé à un tube lui-même relié à un appareil analysant les différents paramètres respiratoires. Difficile donc de pratiquer les EFR chez un patient handicapé, comateux, ou tout simplement chez un très jeune enfant. Les vêtements doivent être desserrés ou retirés (chemise, ceinture, cravate, soutien-gorge...). Réalsées en position assise, les EFR ne sont pas douloureuses et ne nécessitent pas d’être à jeun. 20 à 30 minutes sont nécessaires pour une étude de la seule fonction ventilatoire (spirométrie). Tout dépend toutefois des examens réalisés par le pneumologue. Les EFR sont prises en charge par la Sécurité Sociale.

Les mesures pratiquées

La spirométrie, autrement dit l’analyse des volumes pulmonaires qui correspondent aux capacités de stockage de l’air dans les poumons : volume courant (VC), volume de réserve inspiratoire (VRI), volume de réserve expiratoire (VRE), capacité vitale (CV), volume résiduel (VR), capacité résiduelle fonctionnelle (CRF). C’est l’examen roi qui permet donc d’étudier la ventilation à proprement parler et la performance pulmonaire en matière de volumes gazeux.

La courbe débit-volume, très pratiquée, étudie le débit de l’air inspiratoire et surtout expiratoire, particulièrement perturbé lors de l’asthme. C’est le volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS), autrement dit la quantité d’air totale que l’on peut expirer en une seconde. En cas d’asthme, le VEMS s’effondre.

La gazométrie artérielle, autrement dit les gaz du sang (voir Belle-­Santé n°89), qui permet d’analyser précisément les quantités d’oxygène et de gaz carbonique présentes dans le sang. Le pneumologue peut alors apprécier la capacité des alvéoles à filtrer l’air et celle du sang à capter ces gaz. L’examen se pratique par une prise de sang au niveau de l’artère radiale ou du lobe de l’oreille.

Les gaz du sang sont perturbés dans de nombreuses pathologies pulmonaires. Des tests de provocation, qui consistent à reproduire certains troubles respiratoires et les quantifier, lorsqu’il existe un doute sur la pathologie (asthme notamment). On utilise alors des produits tels que l’histamine ou la métacholine.

Des tests de réversibilité. Quand un trouble respiratoire est constaté, on peut évaluer les possibilités thérapeutiques des médicaments en les administrant au sujet tout en surveillant l’amélioration des paramètres respiratoires lors de nouveaux examens. C’est le cas par exemple de la Ventoline® qu’on va administrer en cas de suspicion d’asthme.

La diffusion pulmonaire du monoxyde de carbone, ou DLCO (Diffusion Lung CO en anglais), qui apprécie l’efficacité des alvéoles et la diffusion pulmonaire au moyen de l’inhalation (contrôlée!) de monoxyde de carbone, d’hélium et d’air, et de l’analyse du monoxyde de carbone expiré  après son passage par les poumons.

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