Par ici, la bonne sauge!

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Il y a des sauges dans votre jardin ? Profitez encore de leur floraison et conservez-les cet hiver. Il n’y en a pas ? Adoptez-en dès maintenant (boutures) ou au printemps (semis ou plant), mais surtout, pour la saison prochaine, ne vous privez plus de leur compagnie.

Plantes faciles à cultiver, floraison abondante, feuillage varié et décoratif, attractives pour les insectes pollinisateurs, utiles pour soigner les hommes et le jardin… Les sauges ont tout pour convaincre n’importe quel jardinier ! Avec quelques 700 à 900 espèces, les sauges constituent une famille tout à fait remarquable, que les horticulteurs ont largement explorées pour nous proposer des déclinaisons de couleurs et des variétés horticoles adaptées à des usages divers : couvre-sol, plantes en pots, plantes de bordure ou de massif, plante médicinale plus ou moins riche en principes actifs… Toutes ces espèces ont en commun d’appartenir à la famille des lamiacées, d’avoir une tige carrée, des feuilles opposées et une fleur de forme caractéristique et d’aimer la lumière.

DES PLANTES PEU EXIGEANTES
Les sauges craignent le manque de lumière, les sols humides et acides. Donc, une terre de jardin meuble, assez fertile, bien drainée, pas trop acide (pH >  6) leur suffit.

POUR INSTALLER VOS SAUGES
=> choisissez une exposition ensoleillée sud / sud-ouest, plutôt à l’abri des vents pour préserver les fleurs délicates et les tiges parfois un peu fragiles de certaines espèces. Attention, en région à fort ensoleillement, évitez les zones trop claires du jardin (proximité de surfaces blanches, beiges…). Cet excès de lumière réduit parfois la floraison ou l’intensité de la couleur des fleurs.
=> en sol un peu lourd (argileux ou argilo-limoneux), prévoyez un drainage localisé au moment de la plantation : à 70 cm de profondeur, mettez des galets puis comblez jusqu’à 40-50 cm avec de la terre du jardin mélangée à des graviers, ensuite finissez de combler avec un mélange de 50 % de terre, 20 % de terreau et 30 % de sable pas trop fin. Ajoutez aux deux mélanges un peu de matière organique pas trop décomposée (fragments de feuilles) et quelques grammes de lithothamne ou de phosphates naturels. Autre solution pour échapper aux risques d’humidité : la  plantation sur butte. Il faudra s’arranger alors pour valoriser cette contrainte sur le plan esthétique, ce qui n’est pas très difficile avec la diversité et l’abondance de floraisons chez les sauges.

EN COURS DE CULTURE
=> Surtout pour les vivaces, veillez à maintenir le taux de matière organique, à la fois pour alimenter les plantes, mais aussi pour préserver la structure en sol lourd. Si les restitutions organiques sont faibles (pas de paillage ou de feuilles laissées sur le sol…), veillez à incorporer un peu de compost ou de fumier en automne.
=> L’apport d’engrais n’est pas du tout indispensable, les sauges sont assez frugales. Par contre, il faut de temps à autre un peu de calcaire pour limiter l’acidification du sol. Vous pouvez chaque année en automne et en fin d’hiver épandre un peu de lithothamne à raison de 2 fois 20 g par m² pour un sol léger (jusqu’à 2 fois 40 g par m² pour les sols plus lourds). Évitez la chaux.

DIFFICILE DE FAIRE SON CHOIX
La plupart des sauges que vous sèmerez ou que vous trouverez en pépinière ont la même rusticité, elles supportent le froid jusqu’à -8°C, -10°C parfois en situation plus abritée mais guère plus.
Sans vouloir se lancer dans une collection, il est intéressant de varier les espèces car certaines ont un beau rendu même sans fleur et en période hivernale ; si vous êtes passionné, vous pouvez même adopter des exotiques qui feront votre bonheur l’été en extérieur et l’hiver en plante d’intérieur ou sous la véranda (Salvia ‘Blue Ribbon’,  Salvia discolor,  Salvia dorisiana,  Salvia guaranitica, Salvia scutellariodes,  Salvia uliginosa,  Salvia miniata,  Salvia madrensis…).

Quelques noms de sauges qui ont une faible longévité, entre 1 an et 2 ans (pour les conserver, récoltez vos graines ou bouturez) : Salvia argentea (résiste à -12°C !), Salvia farinacea, Salvia fruticosa, Salvia juriscii, Salvia moorcroftiana, Salvia hydrangea, Salvia patens d’un bleu remarquable, Salvia sclarea ‘Turkestanica’.
Certaines résistent bien au froid, sous réserve de ne pas souffrir de l’humidité : Salvia blepharophylla, Salvia buchananii, Salvia dominica, Salvia microphylla superbe floraison, très beau port et très poussante en bonnes conditions, Salvia pratensis, Salvia mellifera, Salvia nemerosa, Salvia ‘Purple Majesty’, Salvia repens, Salvia runcinata, Salvia sclarea ‘Turkestanica’, Salvia yunnanensis

LES SAUGES AROMATIQUES, CONDIMENTAIRES ET MÉDICINALES
Elles sont cultivées pour leurs feuilles que l’on récolte au fur et à mesure des besoins ou pour la conservation ; dans ce cas, prévoyez de couper des tiges, faites-les sécher à l’ombre et stockez les feuilles à l’abri de l’air et de la lumière dans une boîte hermétique. Les sauges sont de bonnes voisines ; elles repoussent certains parasites dont la piéride du chou et elles auraient aussi un effet répulsif vis-à-vis des escargots et des limaces ;
elles attirent de nombreux pollinisateurs (hyménoptères surtout), ce qui améliore les rendements du potager ou des porte-graines. Certains jardiniers font entrer les sauges dans la rotation (sauge officinale surtout), le délai de retour sur un même endroit est de 4 ans en principe ; cette stratégie est plus liée aux exigences de la plante qu’aux risques sanitaires. Pour une famille, la sauge officinale est cultivée en bordure et un ou deux pieds suffisent.

LA MULTIPLICATON
La récolte et la conservation des graines de sauge sont faciles : chaque capsule en clochette renferme deux à trois graines ; la récolte se fait à maturité sur des plantes saines, le séchage à l’ombre. La durée de conservation est de trois-quatre ans en moyenne pour la plupart des espèces. Bien entendu, il faut vérifier périodiquement la faculté germinative de vos lots de semences.
La division des touffes reste une bonne solution, surtout pour les vivaces herbacées. On peut pratiquer aussi le bouturage, ce qui permet aux frileuses de passer l’hiver. Pour les arbustives, le bouturage semble préférable. La division des touffes se fait au printemps. Prélevez des éclats avec bourgeons et racines pour replanter.
Certaines sauges se marcottent naturellement, il faut coucher la marcotte en mars–avril. Pour le bouturage, prélevez des tiges de l’année en avril-mai, mettez-les en pépinière en laissant sortir de terre deux à trois feuilles. La mise en place se fait à l’automne. Pour les espèces peu rustiques ou pour avoir de beaux plants, repiquez en godet et mettez en pleine terre au printemps suivant.

PAS DE JARDIN BIO SANS SAUGE
Les qualités agronomiques et écologiques des sauges en font des incontournables du jardinage biologique : économes en eau, répulsives pour certains insectes, faciles à utiliser en associations, elles favorisent la pollinisation, donc la formation des fruits et légumes, mais aussi, au-delà de l’échelle du jardin, la biodiversité (hybridation des plantes, alimentation d’insectes à la base de la chaîne alimentaire) ; grâce à leur abondante floraison, les sauges font partie des programmes de corridor à nectar pour préserver insectes et papillons. Le développement de leur utilisation en aménagement paysager est tout à fait intéressant. Les propriétés médicinales, aromatiques et nutritionnelles militent largement en faveur de la culture des sauges qui sont riches en antioxydants et en vitamines K.

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