Les aliments «enrichis»

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Il est des nutriments particuliers, synonymes de pleine forme, de coups de pouce antifatigue et de santé. Vitamines, minéraux, oméga 3… sont ainsi les vedettes des denrées alimentaires enrichies, présentées alors comme des aliments complets, sains et bénéfiques pour l’organisme.

Qu’est-ce que c’est ?

Les aliments enrichis sont des aliments dont le profil nutritionnel a été modifié par l’adjonction intentionnelle d’un ingrédient ou la modification de la recette originale, de façon à augmenter sa teneur en un nutriment jugé intéressant.

Décodez les mentions !

=> Enrichi en [nom d’un nutriment]. Le produit en contient, après ajout par le fabricant, au moins 15 % des AJR pour 100 kcal, et au moins 30 % de plus qu’un produit similaire.
=> Riche en [nom des vitamines] et/ou [nom des minéraux]. Le produit en contient au moins 30 % des AJR pour 100 g, 15 % des AJR pour 100 ml, 10 % des AJR pour 100 kcal.
=> Naturellement riche en [nom des vitamines] et/ou [nom des minéraux]. Le produit contient les mêmes pourcentages que quand il est dit "riche en vitamines/minéraux", sans que le fabricant en ait ajouté.
=> Teneur garantie en [nom des vitamines] et/ou [nom des minéraux]. Le produit en contient, après les pertes dues au processus industriel (cuisson, pasteurisation) et les ajouts compensateurs du fabricant, par rapport aux quantités présentes naturellement, entre 80 et 200 % pour les vitamines, 80 et 120 % pour les minéraux.

Comment enrichit-on un aliment ?

L’industrie agro-alimentaire dispose pour ce faire de plusieurs procédés. Elle peut tout simplement ajouter une molécule de synthèse (comme une vitamine) à un paquet de céréales ou un jus de fruit. Plus naturellement, on peut modifier l’alimentation de la poule (par exemple en «forçant» un peu sur les graines de lin) pour obtenir des oeufs davantage pourvus en oméga 3. La même idée de base inspire aussi la recherche en matière d’organismes génétiquement modifiés : des vaches OGM pourraient ainsi fournir un lait plus riche en protéines…

À quoi ça sert ?

Vitamines et minéraux sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme humain. Bien sûr, ils devraient normalement être apportés en quantités nécessaires par une alimentation suffisamment diversifiée, composée d’aliments sains aux qualités préservées. Ce qui n’est pas toujours évident au vu des modes de vie, des procédés de fabrication et de la composition des denrées alimentaires aujourd’hui. Les aliments enrichis sont donc présentés comme évitant les risques, bien réels, de carences, même dans nos sociétés développées. Quant aux acides gras oméga 3, qui ont prouvé tout leur intérêt dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, il est de notoriété publique que la grande majorité des Français n’en consomme pas assez.

Que leur reproche-t-on ?

Bien sûr, d’éventuelles carences peuvent constituer un problème de santé publique (c’est ainsi qu’en France le lait peut légalement être supplémenté en vitamine B, ou les produits à base de soja en calcium…), mais un risque de surdoses peut aussi s’avérer dangereux. Ainsi, un excès de vitamine A chez la femme enceinte peut être responsable de malformations du foetus, trop de vitamine D peut provoquer des dépôts de calcium sur les os et les vaisseaux sanguins, une surcharge en fer peut s’avérer nocive pour le foie, le fluor déclencher une fluorose (atteinte des dents)… À force de tout enrichir, ne risque-t-on pas ces surdosages ?

D’autre part, les aliments enrichis ne le sont pas toujours selon des procédés ou avec des molécules au-dessus de tout soupçon. C’est que synthétique ou naturelle, par exemple, pour une vitamine, cela ne veut pas dire la même chose ! Ainsi, il est aujourd’hui reconnu que la vitamine E de synthèse est moins bio-disponible (moins bien assimilée par l’organisme) et moins efficace que sa soeur originelle. D’autre part, elle ne serait pas dénuée d’effets secondaires comme des troubles gastriques ou des palpitations…

Peuvent-ils être utiles ?

Combien faudrait-il ingurgiter de ces enrichis pour espérer atteindre des apports suffisants en tel ou tel nutriment ? Impossible à déterminer pour les vitamines et les minéraux, dont les sources peuvent être infinies et très diversifiées. Quant aux oméga 3, on a calculé que pour atteindre les apports conseillés uniquement avec des denrées alimentaires enrichies, il faudrait avaler quotidiennement 8 oeufs ou 22 tranches de jambon blanc ou encore 285 g de beurre enrichis… Bon courage ! D’autant qu’en général, ils ne sont pas «enrichis» qu’en nutriments : leur prix, lui aussi, fait dans l’«un peu plus» !
Non décidément, les enrichis ne devraient jamais servir d’alibi pour ne pas au moins essayer de garder une alimentation équilibrée et diversifiée, de préférence naturelle et bio, qui devrait, faut-il le rappeler, apporter tout ce dont l’organisme humain a besoin.

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