Les ganglions : un signal d’alerte

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Une petite boule devant le cou, une douleur dans l’aine ou encore un gonflement dans le creux de l’aisselle… À la palpation, le médecin peut suspecter l’existence d’une adénopathie, autrement dit d’un ganglion hypertrophié. Est-ce grave ? Faut-il faire des examens ? Et comment le faire disparaître ?

On a tous vu au moins une fois un médecin palper notre cou, nos aisselles ou encore les aines à la recherche de ganglions anormalement gonflés. Dans bien des cas, ces ganglions hypertrophiés, qui deviennent alors palpables (ils ne le sont pas à l’état «  normal  »), traduisent l’existence d’une infection de voisinage et donc la capacité de l’organisme à se défendre. Mais, parfois, le ganglion prend une valeur plus inquiétante et vient signaler l’existence d’une pathologie plus grave. D’où l’intérêt de ne pas le négliger. L’apparition de ganglions, à plus forte raison en nombre, doit être considérée comme un signal d’alerte.

Petit rappel

Impossible d’évoquer les ganglions sans aborder la lymphe, ce liquide blanc épais issu de la filtration du plasma sanguin à travers les vaisseaux capillaires et constitué de protéines, de lymphocytes T et de graisses alimentaires. La lymphe emprunte un réseau de vaisseaux qui lui sont dédiés, les vaisseaux lymphatiques superficiels et profonds situés à côté des veines, et parcourt l’ensemble du corps. Les ganglions sont des sortes de capsules traversées par la lymphe, qui va récupérer au passage des lymphocytes T. On en compte une centaine. Lors de son passage dans l’organisme, la lymphe est susceptible de transporter de nombreux éléments : germes, bactéries surtout, mais aussi cellules cancéreuses, autant d’éléments qui peuvent « contaminer » les ganglions.

Infection surtout…

La lymphe peut transporter des bactéries et s’infecter à son tour. C’est la lymphangite qui se manifeste par un lacet rouge, chaud et douloureux juste sous la peau. Mais la nature a bien fait les choses : du fait de son rôle de filtre/barrière, le ganglion, riche en lymphocytes T, les cellules de l’immunité, est traversé par la lymphe. Les lymphocytes T traitent alors le problème en fabricant les anticorps adéquats et jugulent l’infection. Mais il arrive parfois que l’infection dépasse les capacités de défense du ganglion. Résultat, le ganglion s’enflamme et gonfle, devient douloureux et parfois purulent. Tout rentre dans l’ordre quand l’infection est maîtrisée.

Selon la localisation de l’adénopathie, on peut aisément retrouver l’infection responsable :

Adénopathie sous la mâchoire (sous-maxillaire), habituelle chez l’enfant (stimulations immunitaires répétées), ou derrière l’oreille (rétro-auriculaire) : infection ORL (angine, amygdalite, otite…), buccale (gingivite, aphtes…) ou dentaire (abcès).
Adénopathie derrière le cou (cervicale) : infection du cuir chevelu.
Adénopathie de l’aisselle (axillaire) : plaie du membre supérieur (main, bras, avant-bras…), morsure ou griffure (maladie des griffes du chat).
Adénopathie du coude à la face interne du bras (épitrochléenne) : plaie.
Adénopathie de l’aine (inguinale) : plaie du membre inférieur (pied et jambe surtout).
Adénopathie diffuse : infection généralisée (toxoplasmose, rubéole, mononucléose infectieuse, sida…), lupus, hypersensibilité médicamenteuse.
Adénopathie dans le creux derrière la clavicule (sus-claviculaire) : tuberculose, cancer.

… Et dissémination cancéreuse parfois

Lors de son passage au voisinage d’une tumeur cancéreuse, la lymphe peut emporter avec elle des cellules cancéreuses qui vont essaimer dans l’organisme. Les ganglions peuvent être atteints et les cellules cancéreuses vont s’y multiplier, pour provoquer un gonflement ganglionnaire. Plusieurs pathologies graves peuvent se manifester par des adénopathies dont les cancers et les métastases, les leucémies et les lymphomes, mais aussi le sida.

Examens complémentaires

Lorsque l’examen clinique n’est pas suffisant pour faire un diagnostic de certitude, des examens complémentaires deviennent nécessaires selon la localisation de l’adénopathie :

• Bilan sanguin à la recherche d’une infection ou d’une inflammation (taux de globules blancs, VS, protéines de l’inflammation…)
• Radiographie du poumon
• Échographie de l’abdomen
• Scanner ou IRM dans certains cas.

Ponction-biopsie

Lorsque l’origine de l’adénopathie ne fait pas ses preuves par l’examen clinique ou qu’aucune cause ne peut être retrouvée, la ponction ou la biopsie du ganglion s’avère indispensable. Le contenu du ganglion permet alors de faire le diagnostic. Et dans certains cas, la « boule » prélevée n’est pas un ganglion, mais un kyste ou un abcès.

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