Gérer écologiquement les intrus

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Nos jardins accueillent toutes sortes de parasites. Sans pour autant vouloir les supprimer tous, ce qui mettrait en péril l’équilibre de votre jardin, voici un arsenal le plus écologique possible pour vous aider à ne pas vous laisser envahir.

Toute substance, même naturelle, utilisée en quantité et régulièrement, finit par perturber l’écosystème. Le cuivre, antifongique idéal, en est un exemple ; il a fini par s’accumuler à des doses telles dans les sols que des effets négatifs sont apparus. Nous avions déjà pointé que l’usage systématique de pièges à insectes non sélectifs avait des conséquences négatives sur certaines populations, et pourtant la technique est très écolo !
Les méthodes douces (pièges à glu) ou les produits naturels (pyrèthres, nicotine…) ne suffisent donc pas si l’on décide de gérer de la façon la plus écologique possible les intrus dans nos jardins.

IL NOUS FAUT DÉVELOPPER DEUX TYPES D'ACTION
> être au plus près du fonctionnement de l’écosystème et surtout l’optimiser pour générer un équilibre propice à l’activité, c’est la règle de base en jardinage biologique ;
> diversifier au maximum les moyens de lutte, les alterner, en rechercher de nouveaux, retrouver ceux qui ont été oubliés ; faire le point sur les « recettes » des uns et des autres pour les mettre en œuvre.

LES PRINCIPES DU JARDINAGE ÉCOLOGIQUE
En tout premier lieu : nourrir le sol, ses habitants, et non les plantes, pour maintenir et développer la vie microbienne qui est la clé de voûte de toute l’activité du sol et des plantes. Cela veut dire aérer le sol en évitant de le retourner, favoriser la colonisation et la diversité racinaires (pivot, racines fasciculées…), maintenir au maximum le couvert végétal ou pailler, limiter les variations du pH (pas d’apport brutal d’engrais minéraux, de chaux), enrichir en magnésie et, bien sûr, incorporer régulièrement de la matière organique, en veillant à varier la nature et les stades de décomposition du produit pour maintenir la biodiversité des habitants du sol.
Ne pas chercher à détruire totalement les parasites des cultures, mais trouver le niveau de populations parasites acceptable.

Favoriser la biodiversité qui est source de fertilité du milieu. Diversité des plantes dans l’espace, mais aussi dans le temps, pour offrir un habitat et de la nourriture à tout un cortège d’insectes et d’animaux, chevilles ouvrières de la chaîne alimentaire et de l’équilibre du jardin. Pourquoi ne pas faire un jardin à cueillir, plutôt qu’à récolter ! Où est la nuance ? La récolte suppose de l’accumulation, la cueillette demande moins de quantité et plus de diversité ; en jouant cette carte à la fois sur la surface (dispersion des plantes identiques et grande diversité d’espèces et variétés : plus de 20 espèces différentes de salades, racines carottes, navets, rutabagas, panais, persil tubéreux, pommes de terre, poires de terre…) et en les étalant tout au long de la saison (jouer sur les différences de précocités, sur la diversité encore), l’approvisionnement de la famille est garanti, sous réserve d’accepter de manger ce qui est de saison !

Intervenir de façons adaptées (en fonction de l’état des lieux et de l’histoire culturale du jardin) et progressives ; tout changement brutal induit des effets en retour qui sont parfois « boomerang ».

Pour encore plus de détails sur l’utilisation de la faune auxiliaire au jardin, reportez-vous à l’article d’Angela : Une réserve animalière dans votre jardin  (Belle-Santé n° 104 -avril 2008). Il était consacré aux ravageurs et aux auxiliaires les plus efficaces pour les éloigner.

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