Iris, plante somptueuse, roi des allées

Rubrique

Tout y est : couleurs, rondeurs, parfum des fleurs, élégance du feuillage, capacité à s'adapter... Difficile de ne pas succomber au charme de l'iris!

UN PETIT DESCRIPTIF
Ce qui caractérise les iris, ce sont les tiges souterraines charnues qui leur permettent de s’enraciner (elles n’en ont pas toutes..) et leurs fleurs très particulières : le bouton floral dense et pointu s’épanouit au milieu d’un feuillage rigide pour donner une fleur tout en rondeur et en douceur. La fleur est hermaphrodite, avec trois pétales, trois sépales ornés ou non suivant les espèces d’une barbe chacun, trois étamines et un pistil formé de trois styles. Les barbes semblent jouer un rôle dans l’attractivité des fleurs pour les insectes. Les couleurs sont extrêmement variées et si le bleu des iris reste incomparable, les efforts des sélectionneurs s’orientent vers le rouge, encore difficile à obtenir.

LA CLASSIFICATION HORTICOLE
Elle concerne les iris barbus de nos jardins, appelés Pogoniris ou vrais barbus ; elle repose sur la hauteur de floraison.
Hauteur de floraison inférieure à 40 cm :
=> feuillage plus court que la hampe florale = nains miniatures
=> feuillage de même hauteur que la hampe florale = nains standards ou lilliputs.

Hauteur de floraison supérieure à 40 cm :
=> hampe florale de 40 à 71 cm
- si tige florale flexible mince = grands miniatures
- si tige florale solide et fleurs de 10 à 13 cm de diamètre = intermédiaires
- si tige florale solide, fleurs de 10 à 15 cm de diamètre et floraison parallèle aux grands iris = iris de bordure
=> hampe florale de plus de 71 cm = grands standards.

DES CAPACITÉS D'ADAPTATION REMARQUABLES
Vous avez une zone difficile dans votre jardin, il y a forcément un iris qui s’en accommodera.
=> Pour des bordures d’allées, bordures de pelouses, îlots, massifs, en exposition ensoleillée, le choix est vaste : grands iris, iris de Sibérie, iris nains et iris Spuria qui fleurissent en décalé et dont le feuillage disparaît...
=> Pour les talus, les iris barbus sont adaptés, mais préférez les lilliputs qui ont des racines très puissantes.
=> Les zones sèches, caillouteuses accueillent les iris barbus rhizomateux.
=> Les zones exposées au vent préfèrent les iris intermédiaires, aux tiges plus courtes et fleurs moins lourdes.
=> Pour les bacs et potées, retenez les iris bulbeux (les reticulata).
=> Pour le verger et le potager, vous aurez le choix entre les iris spuria et les iris sibirica qui s’installeront volontiers.
=> Du côté des zones ombragées, l’iris foetidissima est le seul capable de fleurir à l’ombre. La fructification est décorative avec ses graines rouge corail.
=> L’iris bulbeux d’Angleterre apprécie les prairies humifères, alors que l’iris stylosa sur sol sec vous offrira la surprise d’une floraison hivernale.
=> Bien sûr, l’iris est connu comme une fleur des milieux humides par tous les amateurs de promenades. Parmi les iris cultivés, quatre espèces peuvent satisfaire les amateurs de jardins aquatiques et supportent l’immersion : les laevigata, les pseudacorus qui sont les iris du bord de nos rivières, les versicolor et les virginica. Ajoutez à cela quelques hybrides de ces différentes espèces et vous conviendrez qu’il y a un choix abondant.
=> Pour les zones humides (prairies humides, bordures de bassins, zones souvent arrosées...), vous pourrez adopter une de ces quatre catégories : les iris du Japon (iris Ensata ou Kaempferi), encore insuffisamment connus en Occident, les iris de Louisiane, les iris de Sibérie et quelques autres iris appartenant à la série Sibiricae comme I. forrestii, I. buleyana, I. delavayi, I. clarkei, I. setosa...
=> Sachez que l’iris est une plante qui s’ accommode facilement du voisinage d’autres espèces. On peut donc réaliser de superbes effets en tenant compte de la persistance du feuillage qui sert de fond aux autres floraisons.

CONSEILS DE CULTURE
Ces conseils valent pour les iris barbus ou iris de jardin (appelées aussi iris germanica) qui sont les plus représentés dans nos jardins.

=> Pour la plantation : choisissez une exposition ensoleillée pour avoir une bonne floraison et un sol bien drainé, dont le pH peut varier entre 6 et 8. Ne vous inquiétez pas du froid hivernal, en principe les iris sont assez rustiques et ne nécessitent pas de protection hivernale. La plantation se fait de juillet à septembre, car il faut que les rhizomes aient eu le temps de faire de nouvelles racines avant l’hiver :
- ameublissez le terrain jusqu’à 20 cm de profondeur environ
- désherbez correctement (éliminez au maximum le chiendent et le liseron qui sont très gênants lorsque le massif d’iris est installé)
- apportez du compost mûr, et en terrain lourd un peu de sable grossier
- plantez les rhizomes à 5 cm de profondeur en sol léger et 2 cm en sol lourd
- étalez bien les racines dans le trou de plantation ; pour cela, n’hésitez pas à tailler les racines trop longues ; coupez les feuilles de deux tiers de leur longueur et tassez soigneusement la terre.

=> La plantation doit être suivie de copieux arrosages, ce d’autant plus qu’elle se fait en période estivale. La difficulté de la mise en place des iris réside surtout dans le choix des variétés en fonction de leur hauteur, de leur couleur et de leur période de floraison. Les distances de plantation sont fonction de la vigueur et de la taille de la variété (voir tableau) : pour un beau résultat, travaillez par bloc de 3, 5 ou 7 rhizomes de la même variété. Cela évite l’impression de fouillis et met en valeur les coloris choisis. Préférez la plantation en quinconce qui «lisse» un peu la rigidité du feuillage...

=> La division des touffes d’iris est obligatoire tous les quatre ans (en ce qui concerne les iris barbus... Pour les autres espèces, cela varie), sous peine de voir la floraison décroître et une fragilité sanitaire augmenter. Extrayez la touffe du sol, lavez la terre, faites sécher les rhizomes une journée à l’air (évitez le plein soleil), cassez les rhizomes au niveau de leur point d’insertion sur le rhizome-mère et replantez séparément.

=> L’entretien d’une plantation est simple : un peu d’engrais pauvre en azote, en sortie d’hiver (mars) et après la floraison, à raison de 40g/m2, complété de temps à autre par un apport de compost. Si l’arrosage n’est pas vital (un arrosage mensuel suffit, sauf canicule), le désherbage par contre est tout à fait essentiel : l’enherbement réduit la floraison, maintient l’humidité, ce qui favorise la pourriture et l’installation des limaces, escargots et autres. Attention, cette opération est délicate car il ne faut pas blesser les rhizomes. Coupez les feuilles sèches et surveillez les taches sur le feuillage sans hésiter à éliminer et brûler les organes suspects ; supprimez les fleurs fanées et les tiges défleuries en les rabattant à 8-10 cm du sol.

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