JENNY, elle a jeûné avant sa chimio

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En mars dernier, le jour des 20 ans de sa fille, Jenny a appris qu’elle avait un cancer du poumon. Elle a affronté l’épreuve avec un courage incroyable et elle reprend maintenant le travail en douceur.

Jenny travaille avec moi depuis 17 ans, c’est ma plus ancienne collaboratrice. Elle a vu naître le magazine, quand on le photocopiait à 50 exemplaires en noir et blanc. Elle s’est occupée des abonnés de Belle-Santé, puis de Rebelle-Santé, « ses abonnés » comme elle dit, depuis toutes ces années, secondée maintenant par son binôme Agnès qui, comme nous tous, a été bien chamboulée au printemps dernier.

Des thromboses, un essoufflement...

Fin 2012, Jenny, qui toussait depuis plusieurs mois, a eu une phlébite, puis une thrombose au bras, à nouveau une phlébite en janvier... Elle était fatiguée, essoufflée, mais ce n’est pas le genre à se plaindre. Elle avait plusieurs fois tenté d’arrêter de fumer sans y parvenir et avait pris rendez-vous, fin février, pour essayer l’hypnose.

La veille de ce rendez-vous, Maryse est venue dans mon bureau me signaler que Jenny était toute pâle, passant du jaune au vert au gris, un teint inquiétant, et qu’elle respirait mal. Je suis immédiatement descendue (je travaille un étage au-dessus de Jenny). En effet, Jenny avait l’air mal en point. Elle voulait attendre 14 h, heure des visites chez son médecin traitant. Elle refusait qu’on appelle les secours et c’est finalement Caroline (voir Rebelle-Santé N° 158) qui l’a emmenée aux urgences.

Une péricardite

Le soir même, elle était transférée à l’hôpital Georges Pompidou, à Paris. Son cœur battait très difficilement. Elle a été opérée dans la nuit. Le lendemain, en service de soins intensifs, branchée de tous les côtés, elle avait retrouvé un peu de souffle, un drain évacuant le liquide qui comprimait son cœur. Jenny avait donc une péricardite, pathologie qui peut avoir diverses origines : infection virale ou bactérienne, réaction allergique, mycose, cancer...
15 jours plus tard, elle apprenait que tous ses ennuis avaient une cause commune : un cancer du poumon avec des métastases sur une vertèbre, une surrénale...

Un caractère exceptionnel

Jenny est une personne assez exceptionnelle. Très sociable, très drôle, avec un caractère bien trempé aussi. Passé le choc de l’annonce, elle a décidé de prendre son destin en main. Il faut dire que cette « tête de mule » – qui se moquait de moi quand je partais jeûner en me disant qu’elle viendrait avec moi le jour où ce serait un jeûne au Nutella – ne prenait pas vraiment en considération son hygiène de vie. Elle a sans doute un peu trop tiré sur la corde, abusant des « bonnes choses » sucrées, du café, des Marlboro, des petits gâteaux, de la viande rouge..., mais elle a su réagir sans tarder et son exemple montre bien qu’il n’est jamais trop tard pour tout changer !

Un protocole amélioré

Avant même que l’oncologue ne lui ait annoncé à quelle sauce elle allait être soignée, Jenny a accepté de changer radicalement d’alimentation : plus de protéines animales ni de sucre. Elle s’est mise à manger des céréales complètes, des légumes bio de l’Amap de Donnemarie, des bonnes huiles bio, des tisanes, elle buvait du jus de citron dilué, du café d’épeautre... Un régime des plus stricts avec seulement quelques petites « entorses » pour un bon filet de poisson ou de poulet une à deux fois par semaine. On lui a annoncé qu’elle aurait d’abord 6 séances de chimio, une toutes les trois semaines, avec un cocktail redoutable en perfusion. Elle s’est offert une belle perruque, s’est fait coupé les cheveux tout courts et l’a enfilée. On lui avait dit qu’elle perdrait ses cheveux avant la seconde chimio.

Dès la première chimio, elle a fait un jeûne de courte durée. Les premières fois, elle a jeûné deux jours avant sa chimio et un jour après, ensuite trois jours avant et un jour après. Et quand elle craquait, elle grignotait seulement quelques noix. Elle n’a finalement pas perdu ses cheveux et a eu des effets secondaires tout à fait supportables. Après deux séances de chimio, son oncologue l’a accueillie avec le sourire : toutes les tumeurs étaient en régression.

Des aides extérieures

Le jour où Jenny a été transportée à l’hôpital, une amie qui travaille en énergétique à distance a décidé de lui donner un coup de pouce. Comment ça marche ? On ne sait pas, mais il semblait bien que Wendy (c’est son prénom) arrivait à donner de l’énergie à Jenny. Au début de la maladie, Jenny avait aussi très mal dans les jambes, parfois si mal qu’elle ne pouvait pas poser le pied par terre. En un rendez-vous, un guérisseur lui a fait un bien fou, en imposant ses mains, en la massant. Dès le lendemain, elle était de nouveau sur pied. Là aussi, peu importe de savoir « comment » ça marche : on a constaté le résultat. Par ailleurs, Jenny accompagne son traitement par la prise quotidienne de compléments alimentaires conseillés par un médecin et prend du desmodium au moment des chimios pour protéger son foie.

De la chimio lourde au traitement d’entretien

Après 4 sessions de chimio, les résultats étaient suffisamment bons pour que le cocktail de médicaments injectés soit modifié. L’oncologue a alors prescrit une cure « d’entretien » à Jenny, avec des chimios plus « légères », toujours toutes les trois semaines. Fin août, elle a repassé une batterie d’examens. Elle a ensuite attendu patiemment son rendez-vous chez l’oncologue, le vendredi 13 septembre. Évidemment, les avis sont partagés quand il s’agit d’un vendredi 13, est-ce porte-bonheur ? Ce jour-là, oui. Car l’oncologue avait un plus grand sourire encore que les fois précédentes quand il a ouvert la porte de son cabinet à Jenny : les examens ne laissaient plus apparaître qu’un nodule de 5 mm au poumon, tout le reste avait disparu.

Et la suite ?

Les médecins se sont concertés pour la suite du traitement et ont décidé de continuer les chimios légères quelque temps pour « parfaire » les résultats. Jenny, quant à elle, est en forme. Elle reprend le travail tranquillement et, même si elle a décidé d’alléger les contraintes de son régime — pour à nouveau sortir chez des amis le week-end avec son mari et sa fille en mangeant comme eux —, elle conservera un régime végétarien et sans sucre dans la semaine. Et elle continuera à jeûner trois jours avant et un jour après la chimio, consciencieusement, et même si elle adôôôôre manger !

Halte au sucre et aux protéines animales

Il suffit de regarder le film La Santé dans l’assiette pour être convaincu qu’en cas de cancer, la première chose à faire consiste à supprimer de son alimentation les protéines animales. Par ailleurs, les cellules cancéreuses adorent le sucre, il leur en faut 18 fois plus qu’aux cellules normales pour se nourrir... Alors la nourriture complète s’impose, avec un maximum de fibres et plus aucun sucre rapide, et bio, bien entendu. Le cas de Jenny nous montre bien qu’une telle modification n’est pas vaine ! Quant au jeûne avant la chimio, celles et ceux qui ne sont pas encore convaincus devraient lire le livre de Thierry de Lestrade : Le Jeûne, une nouvelle thérapie ? *

* Éditions Arte/La Découverte, en librairie, 19 €

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