Les accidents de la main

Gare au jardinage et bricolage !
Rubrique

Pour beaucoup, l’arrivée des beaux jours sonne le début des grands travaux, du jardinage en passant par le bricolage, sans oublier la pratique des sports de plein air. Autant de situations propices aux traumatismes des mains, des « outils » indispensables mais très fragiles.

Pour beaucoup, l’arrivée des beaux jours sonne le début des grands travaux, du jardinage en passant par le bricolage, sans oublier la pratique des sports de plein air. Autant de situations propices aux traumatismes des mains, des « outils » indispensables mais très fragiles. Chute avec la main comme amortisseur principal, plaie par cutter ou tout simplement torsion d’un doigt en sport... les lésions, bénignes dans la plupart des cas, peuvent toutefois laisser des séquelles lorsqu’elles ne sont pas prises en charge correctement.

Plaies

Les plaies recouvrent toutes sortes de blessures, de la simple écorchure à la section d’un tendon, sans parler de l’amputation d’une phalange. Gare aux coupures (cutter, scie à pain...) qui s’accompagnent d’une perte de la fonction de flexion (plaie de la paume de la main) ou d’extension (plaie du dos de la main) d’un doigt, du fait de l’interruption du tendon.

Conseil : la désinfection est le premier des réflexes et ce, quelle que soit l’origine ou la profondeur de la blessure. Utilisez un antiseptique (Hexomédine ou Bétadine) et retirez les éventuels débris dans la plaie avec une pince à épiler. S’il s’agit d’une plaie superficielle, type écorchure, laissez-la « à l’air » afin de diminuer le risque d’infection par macération et de favoriser l’assèchement et donc la cicatrisation. Si la plaie vous paraît trop béante, utilisez des Stéristrips, adhésifs vendus en pharmacie et destinés à refermer une plaie. Si la plaie vous paraît trop profonde, recouvrez-la d’une compresse stérile après l’avoir désinfectée et consultez votre médecin. Des points de suture peuvent être nécessaires. N’utilisez pas de coton qui, une fois retiré, favorise la reprise du saignement.

Faut-il s'inquiéter de l'importance de l'hémorragie ?

Non ! Car les doigts sont très vascularisés. Toute plaie s’accompagne donc d’un saignement important qui ne risque pas, sauf exception (traitement anticoagulant), d’entraîner un quelconque danger sur le plan cardiaque. Le malaise qui s’ensuit parfois tient plus de la peur du sang qu’autre chose. Quant à la douleur, elle s’explique par une innervation importante : les mains sont des capteurs de sensibilité de haute précision.

Et l'hématome ?

Toujours du fait de cette vascularisation importante, un choc même minime sur la main peut entraîner un hématome, autrement dit un épanchement sanguin juste sous la peau. L’hématome se manifeste par un gonflement (le sang va « repousser » la peau vers l’extérieur) et va rapidement bleuir. C’est l’ecchymose. La douleur progresse au fur et à mesure du gonflement. L’hématome passe ensuite au vert puis au jaune au fur et à mesure de sa résorption. Attention, contrairement à une idée reçue, un bleu n’est pas obligatoirement synonyme de fracture. S’il n’y a pas eu de déformation osseuse lors du choc, il y a peu de risque que l’os se soit rompu.

Conseil : refroidissez l’hématome avec des glaçons ou de l’eau glacée afin de ralentir la progression du saignement et calmer les douleurs. On peut utiliser également un « cold pack », une poche glacée à usages multiples. Arnica 7 CH accélère la guérison (3 granules toutes les 10 minutes puis toutes les heures).

Fracture des métacarpes

Curieusement, les phalanges se prêtent moins aux fractures, hormis les arrachements osseux lors des entorses. En revanche, les 5 os métacarpes situés entre le poignet et les premières phalanges, eux, sont assez fragiles et peuvent se fracturer lors d’une chute, notamment lorsque la main tombe à plat ou refermée. Attention au coup de poing rageur contre une porte ou un mur qui va se solder par une fracture du 5e métacarpe (auriculaire). C’est la « fracture du boxeur ». La fracture d’un métacarpe se manifeste par une douleur sourde, immédiate, et associée à un hématome sur le dos de la main, pareil à une « bosse de chameau ». L’hématome servant indirectement d’attelle, ce type de fracture est assez stable mais réclame une immobilisation, voire une intervention chirurgicale en cas de fort déplacement (réduction et/ou broche).

Conseil : tout comme l’hématome, le refroidissement rapide de la lésion est nécessaire. Une radiographie permet de confirmer le diagnostic, souvent évident à l’examen clinique.

Entorses

Les entorses des doigts sont très fréquentes. Rappelons que l’entorse correspond à une distorsion brutale de l’articulation avec un retour à l’état initial. Les deux surfaces articulaires s’écartent et reviennent en bonne position en un temps éclair. Mais, lorsque la distorsion est très exagérée, elle distend, voire déchire ou arrache le(s) ligament(s) qui entoure(nt) l’articulation, enlevant au passage un fragment d’os sur lequel le ligament adhère. L’entorse est donc toujours douloureuse et s’accompagne d’une diminution de la mobilité du doigt. Les entorses peuvent concerner les articulations phalangiennes entre elles (entorse interphalangienne) ou l’articulation entre un métacarpe et la première phalange d’un doigt (entorse métacarpo-phalangienne), la plus fréquente étant celle du pouce. Dans les deux cas, un hématome apparaît. Il traduit l’atteinte ligamentaire, sans préjuger de la gravité réelle de l’entorse.

Conseil : hormis le refroidissement et les antalgiques, une radiographie est utile, non pas pour confirmer qu’il s’agit bien d’une entorse (le simple fait de se tordre un doigt est une entorse), mais surtout pour mettre en évidence un éventuel arrachement osseux au pourtour de l’articulation. Qui dit arrachement dit immobilisation. La pose d’une attelle de doigt pendant 2 à 3 semaines est suffisante pour mettre au repos l’articulation, la capsule et les ligaments. Attention à ne pas la maintenir trop longtemps au risque de développer une ankylose difficile à vaincre par la suite.

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