Hanches douloureuses : faites votre enquête

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Les pathologies de la hanche sont nombreuses et se manifestent toutes par des douleurs qui rendent pénibles la marche et la station debout.  Gros plan sur les pistes diagnostiques en cas de douleur de la hanche.

Sans la formidable capacité d’adaptation de l’articulation de la hanche, il est probable que nos ancêtres n’auraient jamais pu passer de la quadrupédie (marche à 4 pattes) à la bipédie (station debout). Avant le cerveau, c’est d’abord la hanche qui fait l’homme ! C’est donc une articulation essentielle pour la marche et la station debout. Comme pour tout organe indispensable, un grain de sable peut enrayer la machine. D’où l’intérêt de bien comprendre son fonctionnement et les différents symptômes. Si son examen précis dans les règles de l’art nécessite une consultation médicale (médecin traitant, rhumatologue) et des examens complémentaires (radiographie, bilan sanguin à la recherche d’un syndrome inflammatoire, IRM, scanner…), certains éléments permettent déjà d’orienter le diagnostic.

Un toit pour protéger la tête

Mais difficile d’évoquer les pathologies de la hanche sans aborder son anatomie. La hanche, qu’on appelle aussi articulation coxo-fémorale, correspond à l’articulation formée par la tête du fémur et l’os du bassin. Plus précisément, la tête du fémur recouverte de cartilage s’emboîte dans le bassin au niveau d’une zone appelée « cotyle », recouverte elle aussi de cartilage pour favoriser les glissements. Le cotyle s’apparente donc à un toit. Comme son nom l’indique, le col du fémur correspond à une zone rétrécie de l’os de la cuisse. Il est donc fragile, d’autant plus qu’il supporte tout le poids du tronc par l’intermédiaire du bassin. L’ensemble est maintenu par tout un bataillon de ligaments, de tendons et de muscles qui lui permettent une stabilité dans un grand nombre de mouvements et d’activités diverses.

Une douleur de la hanche…

Schématiquement, la douleur est le signe de dysfonctionnement le plus fréquemment rencontré lorsque survient le grain de sable évoqué précédemment. Rares sont les gonflements et autres manifestations inflammatoires (chaleur, rougeur) visibles à l’œil nu, car la hanche est une articulation profonde. La douleur d’origine coxo-fémorale se situe au niveau du pli de l’aine, irradie vers la face antérieure de la cuisse ou vers l’extérieur.

… ou du genou

Attention, dans 10 % des cas, une pathologie de la hanche peut également se manifester par une douleur projetée au niveau du genou du fait de l’existence de nerfs communs au genou et à la hanche, et ce sans douleur spontanée de la hanche. Toute douleur du genou demande donc un examen de la hanche.

137° d'angle

Pour que la tête du fémur soit bien positionnée dans le cotyle, et que l’ensemble soit stable, le col du fémur doit faire un angle inférieur à 135° avec l’axe du fémur. Seule une radiographie de la hanche permet de prendre cette mesure. Toute variation dans cet angle peut se traduire par une tendance à la luxation, ou tout simplement par une surcharge sur la tête et/ou sur le cotyle. Il en est de même également de l’inclinaison du cotyle par rapport à l’horizontal et par la taille même du cotyle : trop petit, il risque de ne pas couvrir la hanche et donc, d’entraîner un risque de luxation.

Quelques pistes

Si la douleur se manifeste le plus souvent en position debout ou à la marche, ses caractéristiques peuvent orienter vers un diagnostic :

Douleur nocturne, qui va diminuer dans la journée : origine inflammatoire (rhumatisme ?).
Douleur « mécanique » chez le senior, qui s’accentue dans la journée, à la marche, et qui concerne tous les mouvements : origine arthrosique.
Douleur brutale chez une personne jeune dans un contexte inflammatoire, avec de la fièvre : arthrite infectieuse ou rhumatisme inflammatoire.
Douleur à la mise de la hanche en abduction (extension sur le côté), a fortiori lorsque l’abduction est contrariée (on s’oppose au mouvement en s’interposant avec la main). Plutôt nocturne, la douleur spontanée siège à l’extérieur de la hanche : tendinite du moyen fessier, le muscle qui permet d’écarter la cuisse.
Douleur en adduction lorsque la cuisse est ramenée vers l’intérieur contre une résistance effectuée par la main : tendinite des adducteurs, les muscles qui permettent de ramener la cuisse vers l’intérieur. Une douleur brutale en position debout évoque plutôt une déchirure des adducteurs (shoot dans le vide, par exemple).
Douleur lorsqu’on fait rouler en rotation la hanche à l’intérieur et à l’extérieur, en position allongée : nécrose de la hanche, a fortiori lorsqu’existent des facteurs de risque.
Douleur et impossibilité de se mettre debout après une chute : probable fracture du col du fémur.
Douleur sur l’extérieur de la hanche après une chute, sans difficulté pour tenir debout : fracture possible du trochanter, l’os externe du col du fémur.
Douleur à la palpation de la hanche : périarthrite de hanche avec calcifications.

Les ennemis jurés de la hanche

Le surpoids.
Un cœur malade. Le risque de fracture de hanche est multiplié par 3 dans l’année qui suit un accident cardiaque et par 15 lorsqu’il s’agit d’une insuffisance cardiaque !
L’alcool et le tabac, qui favorisent la nécrose, autrement dit la destruction de la tête du fémur.
Les sports traumatisants.

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