Neuf façons - et mille raisons d'endiguer la pub

Voici neuf façons de désamorcer ces armes de manipulation massive

1. Un tiers de la pub nous incite à manger trop, parce qu’un bon citoyen est un citoyen qui grossit.

Et la pub vante uniquement de mauvais produits, un bon produit n’a pas besoin de pub. Écoutez le Professeur Henri Joyeux : « Si vous voulez savoir ce qu’il ne faut pas manger, il suffit d’allumer la télé. » Et une fois renseigné, il est préférable de l’allumer le moins possible, parce que, plus encore que la « malbouffe », c’est la « surbouffe » qui provoque des dégâts énormes : 30 millions de morts prématurées en 2009 (Sources OMS 2011 – Les maladies non transmissibles).

2. Le deuxième tiers de la pub nous incite à ne plus bouger, et la sédentarité est à l’origine de la plupart des maladies de civilisation – qui sont un vecteur de croissance important.

On y vante des voitures dernier cri, des produits chimiques agressifs qui permettent de « nettoyer sans frotter », des appareils qui font tout travail physique à notre place – allant jusqu’à la ridicule brosse à dents électrique. Ce deuxième facteur contribue également – et combien ! – au chiffre effarant avancé par l’OMS en 2011.

3. Le troisième tiers de la pub nous propose des produits qui cachent un peu les dégâts provoqués par les deux premiers.

Cosmétiques, baumes, antidouleurs, déodorants… Toute une panoplie qui nous permet de manger encore plus et de bouger encore moins.

4. La première source de pollution publicitaire est la télé.

Pour y échapper, il suffit de la couper. Mais on peut aussi imaginer une application pour transformer un smartphone en télécommande qui reçoit des impulsions pour enregistrer des émissions SANS PUB sur disque dur. Une deuxième tête lit l’enregistrement avec un certain décalage dans le temps, et à la fin, vous savez en même temps que tout le monde si c’est le jardinier qui a tué la marquise. TIVO (un magnétoscope numérique à disque dur) avait proposé une telle solution aux États-Unis, mais la pression massive des publicitaires l’a fait disparaître. De toute façon, les programmes automatiques n’éliminent que 60 % des publicités. Il faut donc un serveur qui fournisse les impulsions de façon manuelle et en temps réel…
AVIS AUX BIDOUILLEURS qui veulent mettre en place un tel système, ici et maintenant !
C’est facile, ce n’est pas cher… et ça peut rapporter gros.

5. La deuxième source de pollution publicitaire est la presse écrite.

Rebelle-Santé a trouvé un bon compromis – en séparant la partie rédactionnelle du « Petit Journal » dans lequel sont rassemblées les publicités… Pour d’autres revues, un service payant, strictement limité aux seuls abonnés, pourrait permettre de recevoir, par courrier postal, une version papier, et le même jour, par Internet, une version digitale sans pub. AVIS AUX CRÉATEURS DE START-UP : il doit être légalement possible de payer quelqu’un qui me fournit une copie sans pub de ma revue – que j’ai bien payée, preuve à l’appui !!!

6. La troisième source de pollution publicitaire est Internet.

Mais des services anti-spam très efficaces existent déjà : contre un abonnement annuel, vos mails passent d’abord par leur filtre. Un rapport vous signale chaque jour les expéditeurs éliminés. À vous de repêcher les faux spams ou d’en bannir d’autres. Vous fournissez au début la liste de vos contacts autorisés, et les nouveaux contacts reçoivent un mail de confirmation avec des chiffres et lettres à copier – une seule fois. Petit à petit, ce système fonctionne de façon presque totalement autonome – et à votre plus grande satisfaction.
Attention : il ne faut JAMAIS publier une adresse mail en clair sur le net !

7. La quatrième source de pollution publicitaire se trouve au bord des routes et dans les couloirs du métro.

Les « casseurs de pub » et « Paysages de France » attaquent – souvent avec succès – tout publicitaire qui ne respecte pas la législation vaguement restrictive. Mais beaucoup reste à faire. Quant aux mêmes panneaux dans des quartiers résidentiels, des « Commissions de Quartier » devraient prendre contact avec les propriétaires des murs pour obtenir une entente à l’amiable : pourquoi on ne se cotiserait pas tous pour voir l’immortel sourire de Mona Lisa en 4 m sur 6 – à la place des campagnes publicitaires qui se succèdent sans cesse !

8. La dernière source de pollution publicitaire est la boîte aux lettres.

Elle est en train de perdre de son importance, mais il faut continuer à résister, par exemple en y apposant un autocollant.
Nos amis belges sont allés un pas plus loin : celui qui dépose sa pub dans une boîte qui porte l’autocollant belge officiel EST PASSIBLE D’UNE AMENDE dont le montant est fixé par décret.

9. Après plusieurs décennies sans télé, j’y ai découvert récemment l’ampleur actuelle des dégâts publicitaires.

À ma question : comment est-il possible que, tant d’années après le célèbre sketch de Coluche, on passe encore plusieurs publicités chaque soir pour des lessives qui lavent plus blanc que blanc, et on m’a appris que, quand on arrête la pub pour un produit qui a été lancé par la télé, LES VENTES CHUTENT DE 40 %. Voilà la raison pour laquelle Coca-Cola nous bombarde sans arrêt, tous les jours et partout dans le monde. Voilà la raison pour laquelle nous consommons trop, beaucoup trop, avec des conséquences dramatiques.

Visitez les sites Publiphobe, Casseurs de Pub, Déboulonneurs, Paysages de France, Brigade Anti Pub (BAP). Ils ne pourraient pas se regrouper un peu pour faire une Fédération qui lessive la pub « plus blanc que blanc » ?

Stopper la pub, c’est ralentir la progression de la surcharge pondérale, des maladies de civilisation, de l’exploitation du Tiers-Monde, et du réchauffement climatique. L’objectif final doit être la disparition de la pub – comme c’est déjà fait pour les pubs vantant le tabac. En attendant, rien ne vous empêche de coller un stop-pub sur votre boîte aux lettres.

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