Les serviettes hygiéniques lavables

Rubrique

Allez, hop ! On ressort les bécanes ! Mais non, pas les mobylettes… les machines à coudre !
Oui, il y avait longtemps que je ne vous avais pas fait coudre des petites bricoles. Ce mois-ci, je m’adresse aux femmes (eh oui, désolée, messieurs !) auxquelles je vais apprendre à fabriquer des SHL… Serviettes Hygiéniques Lavables… en tissu tout doux et lavables, donc réutilisables.

Pour votre santé et celle de la nature !

Matériel

- Tissus
- Carton
- Épingles
- Servicette hygiénique (pour modèle)
- Pressions
- Ciseaux

Le pourquoi

Je vous évite le speech sur les ingrédients pourris qui se cachent dans les serviettes hygiéniques jetables, qui sont souvent plus proches du cancérigène que du bénéfique. Et je ne vous parle pas non plus des déchets qu'elles engendrent.
Ce sont des petites choses dont les femmes ne peuvent pas vraiment se passer, sauf en cas d'utilisation de tampons, ce qui est bien pire, ou de la coupe menstruelle, mais qui n’est pas au goût de toutes !

Bref, si elles sont incontournables, autant qu’elles soient bonnes pour la santé et écologiquement viables.
Et c'est tout à fait le cas pour les SHL puisqu’elles sont fabriquées avec des tissus de récupération et/ou bio, avec une certitude de non pollution.

Le principe

Elles s’utilisent de la même façon que des serviettes hygiéniques jetables, et souvent à la même fréquence de changement, voire moins. Comme on les fabrique nous-mêmes, on peut jouer sur l’épaisseur du tissu absorbant et la largeur, et ainsi s’en faire des sur-mesure.

J’en fabrique pour l’association L'atelier éco'naturel et je propose 4 modèles différents :

♦ La Boun’Nui
Beaucoup plus grande et épaisse pour la nuit : 4 épaisseurs de tissu absorbant et 1 épaisseur de tissu imperméable.

♦ La Tout Terrain
Pour les flux abondants : 3 épaisseurs de tissu absorbant et 1 épaisseur de tissu imperméable.

♦ La Mini Maxi
Moins large que la précédente, elle est conçue de la même façon : 3 épaisseurs de tissu absorbant et 1 épaisseur de tissu imperméable.

♦ La Trankil
Protège-slip : 2 épaisseurs de tissu absorbant et 1 épaisseur de tissu imperméable. Vous pouvez vous servir de ces modèles pour savoir de combien d’épaisseurs vous avez besoin en fonction de vos flux.

Les tissus & Co

Mes SHL sont bien sûr fabriquées avec des tissus de récup’. Pour moi, c’est facile, comme je fabrique des couches lavables, j’ai déjà les tissus nécessaires et ça me permet de recycler mes chutes. Ce n'est pas le cas de tout le monde, mais les tissus adaptés sont assez variés et faciles à trouver dans vos placards (surtout si vous êtes du genre à tout garder en vous disant que ça peut toujours servir...). Vous pouvez aussi acheter pas cher des chutes de tissu en mercerie ou sur internet.

Les SHL sont fabriquées avec plusieurs sortes de tissus :

Le tissu en contact avec la peau

Il vous faut un tissu plutôt doux ; on peut utiliser du polaire pour son effet “fesses au sec” (il est hydrophobe et l’humidité ne s’y attarde donc pas), du velours pour son effet doux, ou, comme moi, du chanvre molletonné naturel. Pour le coloris, si les taches “propres” vous dérangent, vous pouvez utiliser du tissu foncé, gris, noir ou rouge.

Le tissu inséré au milieu

Absorbant, interne à la serviette : tissu éponge de serviettes de toilette usées, coton bio, vieux tee shirt, microfibre… Pour moi, ce sera aussi du chanvre molletonné. Pas visible, donc la couleur importe peu.

Le tissu imperméable

Tissu d’un ancien parapluie, d’une ancienne veste ou pantalon imperméable… Ici, ce sera du PUL – polyuréthane laminé en tissu recyclé certifié Oeko-Tex® (sans traitement aux produits chimiques) – celui de mes couches lavables. C'est le côté le plus visible, puisque c’est celui que l’on voit quand la SHL est fermée, alors autant en prendre un joli et rigolo...
On n'est pas obligé de mettre un côté imperméable si nos règles sont peu abondantes et si on peut se changer régulièrement, mais si on aime être tranquille, en cas d’oubli ou d’impossibilité de change, c’est préférable.

Pour les maintenir en place et les refermer après usage

Évitez les boutons-pression en métal car, comme les SHL vont être lavées… ça risque de rouiller.
J’utilise des pressions en résine, mais on peut très bien mettre des boutons normaux, il faudra juste en prendre des petits et faire une boutonnière.

La fabrication

⇒ Trouver (ou emprunter !) une serviette hygiénique jetable avec des ailettes, à choisir en fonction de l'usage (taille Jour ou Nuit), l’ouvrir en entier, l’étaler sur un carton et faire le contour au stylo afin d’en tracer le patron "c" (c comme contour) – photo 1 (je n’ai plus de serviettes jetables depuis de nombreuses années, donc vous ne la verrez pas sur la photo).

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⇒ Pour faire le patron "i" de l’insert, on prend la même serviette, mais on coupe les ailettes, on ne garde que la partie centrale – photo 2.

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⇒ Poser les patrons "c" et "i" sur les tissus choisis, tracer et découper – photo 3.

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⇒ Découper autant d’épaisseurs que nécessaire pour l’insert (suivant l'absorption choisie) – photo 4.

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⇒ Épingler et coudre l’insert sur le revers du côté doux (en contact avec la peau) – photo 5.

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⇒ Maintenant, il faut assembler les trois éléments.

Ici 2 techniques de couture :

La technique du endroit contre endroit couturé et retourné à la fin.

Poser les tissus endroit contre endroit (insert à l'extérieur), et coudre le contour en laissant une ouverture de quelques centimètres (ne pas mettre d’épingle pour éviter les trous dans le tissu imperméable, les trombones sont parfaits pour ça !) – photo 6 a.

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Retourner la serviette et coudre pour fermer – photo 6 b.

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OU

La technique du surjet.

⇒ Poser les tissus envers contre envers et coudre le contour au point bourdon (point zigzag serré) ou à la surjeteuse et couper le surplus du contour – photo 6 A.

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⇒ Coudre les boutons ou poser les pressions – photo 7.

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⇒ C’est terminé ! – photo 8. Il n'y a plus qu'à recommencer pour s’en faire un stock suffisant.

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On peut se coudre un petit sac imperméable qui nous servira à les stocker après usage quand on est en déplacement – photo 9.

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Le mode d'emploi

⇒ Mettre la serviette en place et la pressionner sous la culotte afin qu’elle ne bouge pas.

⇒ Après usage, plier la serviette et la pressionner sur elle-même ainsi il n’y aura aucune fuite.
La stocker dans sa petite pochette imperméable.

⇒ Rincer les serviettes à l’eau froide et les savonner si besoin.
Les stocker dans un seau à sec en attendant la prochaine machine.

⇒ Laver à 40° et faire sécher au soleil puisque celui-ci est un très bon détachant… oui, oui, c’est pour cette raison que nos grands-mères faisaient sécher les draps au soleil, posés à plat dans l’herbe.

Les SHL ont une grande durée de vie. Les miennes ont été faites il y a une dizaine d’années et elles vieillissent plutôt bien. À l’époque, elles étaient assorties aux couches lavables de ma Rosalie jolie… J’étais la seule à le savoir, mais je trouvais ça classe et plutôt rigolo… Oui, je sais, je suis d’humeur facile…

Pour info, il existe aussi les tampons hygiéniques lavables ; ils sont tressés en coton bio, en bambou et même parfois crochetés. Moins évident puisqu’insérés à l'intérieur du corps, ils doivent être nickel au niveau hygiène et doivent être, à mon sens, hypoallergéniques, ce qui est difficilement réalisable avec du fait-maison.

Voilà, j’espère avoir éclairé votre lanterne en ce qui concerne les SHL, mais si vous avez des questions, n’hésitez pas : lateliereconaturel.net

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