Douleur chronique. Et si la solution s’appelait PEA ?

Compléments alimentaires : les essentiels
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Vous souffrez de douleurs chroniques qui vous gâchent l’existence ? Et vous rêveriez d’un antidouleur efficace et sans effets indésirables que vous puissiez prendre en continu sans risque de dépendance ? Cette perle rare existe : il s’agit du PEA.

Mais comme ce composé naturellement produit par l’organisme n’est pas brevetable, aucun gros laboratoire pharmaceutique ne s’y intéresse. Il reste heureusement possible de s’en procurer sous forme de complément alimentaire.

J’étais loin d’imaginer que la prévalence de la douleur chronique au sein de la population française d’âge adulte était de 27,2 % (1). Concrètement, cela veut dire qu’une personne sur quatre souffrira de douleur chronique au cours de sa vie ! De quoi donner envie de s’intéresser d’un peu plus près au sujet…

C’est quoi, la douleur chronique ?

Pour la Haute Autorité de Santé (HAS), la douleur chronique est une douleur :
• qui dure ou réapparaît depuis plus de 3 mois ;
• qui est insuffisamment soulagée par les médicaments contre la douleur ;
• qui occasionne une détérioration progressive de la qualité de vie.

Le spectre des douleurs chroniques est très large : cela va des douleurs chroniques inflammatoires (douleurs ostéo-articulaires) aux douleurs chroniques en lien avec une lésion ou une compression des nerfs (douleurs neuropathiques telles que sciatique et névralgies) en passant par les douleurs chroniques centralisées, dans lesquelles la sensibilité à la douleur est exacerbée (fibromyalgie, syndrome de l’intestin irritable).  

Il n’est pas rare que les patients souffrent de douleurs mixtes, par exemple une douleur centralisée associée à une douleur inflammatoire ou neuropathique.

Le traitement pharmacologique des douleurs chroniques

Les médicaments contre la douleur ont été développés, à la base, pour traiter la douleur aiguë, et ils s’en chargent d’ailleurs très bien. En revanche, ils ne sont pas adaptés à la gestion de la douleur chronique, leur utilisation prolongée exposant à des effets indésirables et à un risque d’accoutumance et d’addiction. Le cas le plus emblématique est celui des opioïdes, à l’origine d’une épidémie d’overdoses mortelles aux États-Unis (plus de 100 décès par jour !).

Les douleurs inflammatoires répondent aux antalgiques anti-nociceptifs, qu’il s’agisse des antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène…) ou opioïdes (codéine, morphine, oxycodone…).

Il en va tout autrement des douleurs neuropathiques, qui concernent tout de même 4 millions de personnes en France. Ces douleurs répondent très mal aux antalgiques. La seule parade consiste à prescrire des antiépileptiques et des antidépresseurs dans l’espoir que cela apporte un soulagement aux patients, mais ce type de traitement donne des résultats insatisfaisants chez deux tiers d’entre eux. Bien que la recherche soit très active, on attend toujours une thérapie spécifique des douleurs chroniques.

La douleur centralisée s’inscrit dans le sillage de la douleur neuropathique, en ce sens qu’elle répond peu aux traitements pharmacologiques.

Vers une nouvelle génération d’antidouleurs ?

Compte tenu des ravages causés par les opioïdes et de l’incapacité à traiter les douleurs chroniques rebelles, il est plus que jamais indispensable d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques.

De nombreuses équipes de recherche travaillent donc sans relâche à la mise au point d’une nouvelle génération d’antidouleurs. Il suffit de consulter le site de l’Inserm, organisme public de recherche dans le domaine biomédical, pour connaître les pistes actuellement explorées. En vrac : les enképhalines (morphines endogènes), les mambalgines (toxines issues du venin du serpent Mamba), la toxine botulique ou encore les nanoparticules de leu-enképhaline-squalène.

En revanche, silence radio sur un circuit de contrôle de la douleur inaccessible aux antalgiques classiques (2) et qui, de ce fait, mériterait d’être exploré et exploité. Le circuit en question n’est autre que le circuit cannabinoïde endogène. « Cannabinoïde » évoque immanquablement le cannabis. Rien que de très normal puisque le système endocannabinoïde endogène doit sa dénomination au cannabis, qui a permis sa découverte à la fin des années 1980.

C’est par l’entremise des récepteurs cannabinoïdes que les phytocannabinoïdes du cannabis parviennent à moduler le message douloureux, sauf que l’un d’entre eux, le THC, est également responsable des fameux effets psychoactifs de la plante (sensation d’euphorie légère, de relaxation…). Pour ne pas subir ce type d’effets, le cannabis à visée thérapeutique est largement ou pratiquement dépourvu de THC.

À quand la légalisation du cannabis thérapeutique en France ?

Au sein de l’Union Européenne, 21 pays sur 28 ont déjà légalisé le cannabis à visée thérapeutique. La France, quant à elle, reste à la traîne, même si une expérimentation très encadrée d’une durée de deux ans a été décidée par l’Agence du Médicament. Cette politique des « petits pas » fait qu’il ne faut donc pas escompter une légalisation du cannabis thérapeutique en France avant plusieurs années…

Il existe toutefois une alternative au cannabis thérapeutique encore largement méconnue en France : le Palmitoyl Ethanol Amide ou PEA.

C’est quoi, le PEA ?

Voici, en cinq points, ce qu’il y a d’essentiel à savoir sur le PEA :

1 – Le PEA est une substance grasse. Les scientifiques le décrivent comme un lipide bioactif en raison du rôle de messager qui est le sien au sein du système endocannabinoïde.

2 – Le PEA est fabriqué « à la demande » par les cellules soumises à un stress (traumatisme, inflammation, manque d’oxygène…), puis il est rapidement dégradé par des enzymes spécialisées.

3 – Le mode d’action du PEA rejoint, pour bonne part, celui du cannabidiol (CBD), principal composant du cannabis thérapeutique.

4 – Le PEA possède une activité anti-inflammatoire et analgésique, mais également neuroprotectrice de par sa faculté à combattre la neuro-inflammation. Les douleurs en lien avec les nerfs, si difficiles à soulager, figurent parmi les cibles thérapeutiques privilégiées du PEA.

5 – Le profil sécuritaire du PEA est total : pas d’effets secondaires – pas d’accoutumance – pas de dépendance – pas d’interaction médicamenteuse. Sur ce terrain-là, il n’a aucun équivalent parmi les antidouleurs classiques.

Les effets positifs du PEA sur le thermomètre de la douleur

Il existe une sorte de « thermomètre » de la douleur permettant au patient d’auto-évaluer sa douleur. Le thermomètre en question se présente sous la forme d’une échelle graduée de 0 à 10. Le patient évalue l’intensité de sa douleur au moyen d’un curseur qu’il déplace entre 0 (absence de douleur) et 10 (pire douleur imaginable). La douleur est considérée comme légère entre 1 et 3, modérée entre 4 et 6, et sévère entre 7 et 10.

Le tableau ci-contre présente quatre études dans le cadre desquelles cette échelle de mesure a été utilisée pour évaluer l’efficacité du PEA.

Contexte d’utilisation du PEA

De façon générale : inflammations chroniques – douleurs chroniques – douleurs neuropathiques – douleurs rebelles.

Des situations cliniques où le PEA a déjà montré son utilité (liste non-exhaustive) : lombalgie – sciatique – douleurs orofaciales chroniques – syndrome de la bouche brûlante (glossodynie) – syndrome du canal carpien – névralgie post-zostérienne – névralgie pudendale – douleurs pelviennes chroniques – douleurs neuropathiques d’origine diabétique ou chimio-induite – migraine avec aura – fibromyalgie – sclérose en plaques – douleurs arthrosiques – douleurs post-chirurgicales (douleur après échec de la chirurgie rachidienne, syndrome douloureux régional complexe de type 2) – douleurs cancéreuses – cystite interstitielle.

*

Conseils d’utilisation du PEA

Commencer par une dose d’attaque de 400 mg 3 fois par jour au moment ou en dehors des repas pendant 3 à 6 semaines puis passer à 400 mg 2 fois par jour pendant 1 à 2 mois. Il s’agit d’une posologie standard que chacun adaptera en fonction de son ressenti. Le PEA peut, au besoin, être pris au long cours, et aucun surdosage n’est à craindre, l’organisme étant doté d’un système régulateur des taux de PEA.
Pour le moment, on trouve deux produits sur le marché français :

• PEAlgic de Nutrixeal - Tel. 04 80 80 53 10 - www.nutrixeal.fr
• OptiPEA de Supersmart - Tel. 0800 666 742 - www.supersmart.com

Notes :
(1)  Chenaf C et al, Prevalence of chronic pain with or without neuropathic caracteristics in France using the capture-recapture method : a population-based study, Pain, 2018 Jun
(2) Mis à part de manière indirecte pour le paracétamol.
(3) Gatti A et al, Palmitoylethanolamide in the treatment of chronic pain caused by different etiopathogenesis, Pain Med, 2012 Sep
(4) Keppel Hesselink JM et al, Palmitoylethanolamide, a nutraceutical, in nerve compression syndromes : efficacy and safety in sciatic pain and carpal tunnel syndrome, J Pain Res, 2015 oct
(5) Passavanti MB et al, The beneficial use of ultramicronized palmitoylethanolamide as add-on therapy to Tapentadol in the treatment of low back pain : a pilot study comparing prospective and retrospective observational arms, BMC Anesthesiology, 2017
(6) La radiculopathie se caractérise par une atteinte des racines nerveuses de la colonne vertébrale. Elle peut être provoquée par la compression d’un nerf (secondaire à une hernie discale ou une tumeur), une scoliose, une arthrose, une infection ou un diabète. Symptômes : douleurs irradiant vers les membres inférieurs ou supérieurs, paresthésies, perte de sensibilité…
(7) Chirchiglia D et al, Nonsurgical radiculopathies treated with ultramicronized palmitoylethanolamide (umPEA) : a series of 100 cases, Neurol Neurochir Pol, 2018 Jan

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