C’est quoi exactement un virus ?

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À la faveur de l’épidémie exceptionnelle de coronavirus et surtout des peurs qu’elle suscite, il n’est pas inutile de revenir sur ce qu’est un virus et sur ce qui le différencie ou le rapproche des bactéries et autres agents microbiens.

Tout comme les bactéries qui ont colonisé la terre il y a plus de trois milliards d’années (premiers organismes vivants), les virus sont vieux comme le monde. Des chercheurs ont même trouvé des fragments d’ADN du virus de l’hépatite B sur des ossements datant de plus de 7000 ans. D’autres chercheurs ont isolé un virus vieux de 30 000 ans dans le permafrost sibérien (Pithovirus). Quant aux grandes épidémies virales qui ont dévasté la planète, les chiffres du coronavirus paraissent encore, et heureusement, loin du milliard d’individus contaminés dans le monde par la grippe espagnole de 1918 et ses 20 à 40 millions de morts ou avec l’épidémie de Sida (HIV) et ses 32 millions de morts (chiffre de 2018).

Petite taille d'abord…

Première différence avec les bactéries, la taille. En effet, les virus sont des agents microbiens invisibles à l’œil nu ou au microscope classique. Ils mesurent entre 10 et 400 nanomètres et sont mille fois plus petits qu’une bactérie. C’est cette petite taille qui leur permet d’entrer facilement dans les cellules.

… et pas de noyau

Tout comme la bactérie, le virus n’a pas de noyau et pas non plus d’organite intracellulaire comme en disposent les cellules. Les virus sont limités par une enveloppe protectrice constituée de protéines complexes. Ils sont donc théoriquement « nus ». Mais certains d’entre eux peuvent avoir une enveloppe extérieure supplémentaire constituée de lipides et de protéines. Ce sont les virus dits « enveloppés ».

Génome viral

Le centre du virus abrite un patrimoine génétique, ou génome viral, sous forme de quelques filaments d’ADN (acide désoxyribonucléi­que) ou d’ARN (ribonucléique) de très petite taille (le coronavirus est à ARN). Le virus est redoutable et emporte parfois avec lui un peu d’ADN de la cellule qu’il a infectée pour le transporter dans une autre cellule.

Inerte ou vivant ?

La plupart des chercheurs considèrent les virus comme inertes à l’extérieur des cellules (pas de réplication possible), et « vivants » – ou plus exactement actifs – à l’intérieur des cellules dans la mesure où ils se multiplient. Le délai d’inactivation à l’air libre dépend du type de virus, de quelques minutes pour le virus de l’hépatite C, de quelques heures pour le HIV ou le virus de la grippe, entre 3 et 14 pour le coronavirus (études en cours) jusqu’à 15 jours pour le rotavirus (gastro-entérite de l’enfant). Les bactéries, elles, n’ont pas besoin d’une cellule pour vivre. On les retrouve donc dans le sol ou l’eau. Si les virus sont pathogènes et certains extrêmement mortels, la plupart des bactéries sont inoffensives, voire bénéfiques pour la santé.

Dans la cellule

Le virus a besoin d’une cellule pour se répliquer. Selon son agressivité, la cellule peut éclater et libérer les éléments virulents qui vont à leur tour contaminer d’autres cellules et s’y multiplier.

Antibiotiques inutiles

Enfin, dernière différence significative avec les bactéries, champignons ou autres parasites, les antibiotiques sont inefficaces sur les virus (mais utiles contre les bactéries en cas de surinfection). Précisons que les antibiotiques sont issus des bactéries ou des champignons. 

En revanche, on utilise les antiviraux qui vont agir avec plus ou moins d’efficacité sur les virus en phase de réplication.

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