La PCR, comment ça marche ?

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La technique de la PCR permet de dépister la présence des virus dans les sécrétions. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Difficile de ne pas entendre parler de PCR en ce moment. En effet, c’est grâce à la PCR que l’on peut dépister rapidement la présence du virus Covid-19. La PCR, pour « polymerase chain reaction », ou polymérisation par chaîne, consiste à identifier l’ARN ou l’ADN des micro-organismes à l’aide d’un simple prélèvement nasal, comme on le voit dans le dépistage du Covid-19.

Brin d'’ARN ou D’ADN

L’ARN (un brin) et l’ADN (deux brins) représentent la carte d’identité génétique des organismes, des virus, en passant par celles des cellules humaines ou animales, des bactéries et même des végétaux. Ainsi, à chaque organisme correspond un ADN ou un ARN spécifique. Retrouver un brin de matériel génétique, c’est donc identifier l’organisme dont il est issu, qui peut correspondre à un virus, une bactérie, etc.

PCR et sérologie : quelles différences ?

La PCR va cibler la présence d’un intrus, alors que la sérologie (recherche des anticorps spécifiques du virus) recherche les traces laissées par l’intrus lors de son passage. Dans le cas du Covid-19 (virus à ARN), la PCR permet de recher­cher en temps réel la présence du virus alors que la sérologie permet de savoir si le sujet a été en contact avec le virus il y a plusieurs semaines ou simplement depuis quelques jours, auquel cas le patient est peut-être encore contagieux.

Multiplication génétique

Problème : si le virus est petit (celui du Covid-19 mesure de l’ordre de 60 à 140 nanomètres, soit 40 à 140 millionièmes de millimètre), son matériel génétique l’est encore plus. Il est donc impossible de retrouver son ADN ou son ARN au fond d’une narine. C’est tout l’intérêt de la PCR, qui multiplie les brins d’ADN ou d’ARN, même incomplets. En d’autres termes, au lieu d’essayer de retrouver une aiguille dans une botte de foin, on multiplie des aiguilles identiques, ce qui facilite grandement la recherche. Une fois le matériel génétique démultiplié et identifié, il ne reste plus qu’à le comparer avec le matériel génétique de l’organisme que l’on recherche.

En pratique

De façon extrêmement simplifiée*, la PCR consiste à cloner in vitro le brin génétique ou l’ensemble de l’ADN ou de l’ARN retrouvé, grâce à une enzyme, la polymérase. On parle d’amplification. Cette opération peut être pratiquée 20 à 50 fois successivement. À partir d’un seul fragment, on peut en fabriquer plusieurs millions de copies identiques en moins d’une heure.

Faux négatifs

On l’a vu pour le Covid-19, il peut exister de « faux négatifs » : 30 % des malades symptomatiques ont été diagnostiqués négatifs à la PCR. De nombreuses explications sont possibles, comme une zone de prélèvement nasopharyngé malheureusement indemne de virus alors qu’il est présent dans d’autres sécrétions. La mauvaise qualité du prélèvement peut aussi être en cause. Il peut aussi exister des « faux positifs », liés à la contamination externe du matériel d’examen. Vous l’aurez compris, quel que soit le résultat de la PCR, il ne faut pas baisser la garde.

*De façon plus précise, la PCR ne concerne que les brins d’ADN. La PCR qui s’applique à l’ARN est appelée RT-PCR.

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