La fréquence cardiaque de repos...

... un indicateur de santé
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C’est l’un des examens médicaux les plus simples à réaliser : prendre son pouls. Mais derrière la banalité de ce geste se cache un indicateur de santé à ne pas négliger.

La prise du pouls par le médecin qui pose le bout de ses doigts sur le poignet (pouls radial) ou sur le cou (carotidien) de son patient n’étonne plus personne tant elle paraît automatique. Ne vous y trompez pas. Derrière ce geste banal se cache un indicateur sanitaire important qui permet de rechercher de nombreuses pathologies, cardiaques ou non. En effet, la fréquence cardiaque de repos est assez finement corrélée à l’état de santé.

Pouls

Le pouls correspond à l’onde provoquée par le passage du sang dans les artères dans les zones du corps où leur trajet superficiel favorise leur palpation. Chaque battement cardiaque effectué par le ventricule gauche va pulser le sang dans les artères par un simple effet de pompe.

S’autopalper

Palper son pouls n’est pas compliqué. Il suffit de se servir de son index et de son médius et de les poser sur le bord extérieur du poignet (face antérieure) ou sur le cou (sur les côtés). N’utilisez pas votre pouce pour palper le pouls d’un proche : l’artère du pouce étant superficielle, c’est votre propre pouls que vous risqueriez de palper.

Variations

La fréquence de repos dépend du sexe et s’avère physiologiquement plus élevée chez la femme. Elle a tendance à augmenter naturellement avec l’âge. D’autres situations quotidiennes la font monter : lors du sommeil paradoxal, pendant la digestion, en cas de surpoids ou de sédentarité, pendant la grossesse et, bien entendu en cas de stress. Elle augmente également avec la prise d’alcool, de tabac ou en cas d’hyperthyroïdie.

Repos strict

La fréquence cardiaque augmente avec l’effort (quelques pas suffisent !), a fortiori pendant l’activité sportive et dans les minutes qui suivent. Pour être fidèle, la recherche de la fréquence cardiaque de repos doit être pratiquée au strict repos depuis 10 minutes au moins, ou, mieux encore, en position allongée.

Risque cardio-vasculaires

Toutes les études convergent : la fréquence au repos est étroitement corrélée à l’état de santé d’un individu, indépendamment des autres facteurs de risque cardio-vasculaire. Chez l’adulte d’âge moyen, une fréquence cardiaque de repos supérieure à 81 battements par minute (bpm) chez la femme et 79 chez l’homme traduit l’existence d’un risque, qu’il s’agisse de maladie coronarienne (risque d’infarctus) ou d’insuffisance cardiaque. D’autres études démontrent que l’espérance de vie élevée est corrélée à une fréquence basse. De façon schématique, plus de 80 bpm chez un adulte indemne de pathologies multiplierait par 4 le risque de mort subite.

Syndrome métabolique

Tout se tient. En effet, l’accélération de la fréquence au repos peut être considérée comme l’un des éléments clés du syndrome métabolique (ou syndrome X) et du ris­que cardio-vasculaire. Le syndrome métabolique correspond à la coexistence chez un individu d’une obésité abdominale (tour de taille supérieur à 80 cm chez les femmes et à 94 cm chez les hommes), d’une hypertriglycéridémie, d’un HDL-cholestérol bas (bon cholestérol), d’une intolérance au glucose ou d’un diabète de type 2 (non insulino-dépendant) et d’une hypertension.

Hygiène de vie

Sauf exception (insuffisance cardiaque connue, infarctus du myocarde…), baisser artificiellement la fréquence cardiaque de repos par des médicaments tels que les bêtabloquants n’est pas efficace. Seules les mesures hygiéno-diététiques s’avèrent utiles, comme la perte de poids en cas de surpoids, la pratique d’une activité physique quotidienne ou l’évitement de certaines substances (tabac, alcool…).

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