L’épicondylite ou tendinite du coude

Une tendinite d'exception
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La tendinite du coude, qu’on appelle épicondylite, est très certainement la tendinite la plus coriace à soigner. Une prise en charge précoce est essentielle pour éviter un passage à la chronicité.

Sport, activité profession­nel­le ou domestique, jardinage, bricolage… autant d’activités manuelles qui peuvent être sources de tendinites, dès lors qu’elles comportent des mouvements répétés, réguliers et/ou quotidiens, qu’il s’agisse de tenir un manche de raquette ou de pelle, un tournevis, un marteau… ou même de tourner une clé dans une serrure ! Et dans ce domaine, les tendinites du bras dominant, et en particulier du coude, sont les plus redoutées car elles peuvent déboucher sur un handicap important, source d’arrêt professionnel ou sportif parfois. Il faut réagir vite pour ne pas laisser la pathologie s’installer durablement.

L’épicondylite, c'est quoi ?

L’épicondylite, qu’on appelle également « tennis elbow », correspond à une inflammation tendineuse située à l’extérieur du coude, au niveau de la saillie osseuse sur laquelle s’insèrent de nombreux tendons correspondant à de nombreux muscles « épicondyliens ». Repérer cette masse tendineuse est facile : il suffit de poser ses doigts sur cette saillie osseuse et de bouger le poignet et les doigts pour sentir les contractions sous la peau. Tous les muscles qui concourent à fermer la main et les doigts tout en étendant le coude sont mis à rude épreuve dans les travaux manuels.

Pièges diagnosticques

- Poussée d’arthrose aiguë du coude
- Lésion du ménisque dans l’articulation radio-cubitale
- Inflammation de l’articulation radio-cubitale (entre le radius et le cubitus)
- Lésion du cartilage de la tête du radius
- Douleur projetée sur le coude provenant d’un conflit entre deux vertèbres cervicales (5e, 6e ou 7e)
- Compression du nerf radial.

Douleur sourde

L’épicondylite se manifeste par une douleur sourde au niveau de l’insertion des tendons. La palpation des tendons réveille la douleur. La flexion du coude n’est pas douloureuse mais l’extension l’est. Enfin, n’attendez ni rougeur ni gonflement avant de réagir car ces deux symptômes font toujours défaut.

D’abord le repos…

Plus que toute autre tendinite, l’épicondylite réclame une mise au repos absolue, avec l’arrêt de toute activité de l’avant-bras et du coude. Trois semaines sont nécessaires dans un premier temps, jusqu’à six mois ou plus parfois. Côté traitement, les anti-inflammatoires (voie orale, pommade ou crème…), la très efficace huile essentielle de gaulthérie en massages, l’argile verte en cataplasmes, l’usage d’une coudière de maintien et bien entendu la kinésithérapie (ultrasons, massages transverses profonds, stretching…) permettent de soulager les douleurs.

… avant infiltrations

Ce n’est que lorsque les douleurs persistent qu’il peut être envisagé de recourir aux infiltrations de corticoïdes au point d’insertion des tendons, à une intervention chirurgicale (microténotomie-peignage tendineux, arthro­scopie…) ou à une infiltration localisée de plasma riche en plaquettes (PRP), le tout sous échographie.

Bon à savoir

L’épicondylite :

- se manifeste plutôt entre 30 et 50 ans
- est plus fréquente en hiver, quand il fait froid et humide
- est reconnue comme maladie professionnelle donnant le droit à une indemnisation en fonction de la limitation des mouvements (barème indicatif des taux d’invalidité)
- peut être entretenue par une carie
- peut être évitée par un échauffement avant un effort et l’utilisation d’un matériel adapté
- peut être causée par des erreurs hygiéno-diététiques (abus d’aliments riches en protéines, hydratation insuffisante, tabagisme…).

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