Les saignements rectaux...

... sont-ils graves ?
Rubrique

En tant que tel, le saignement par l’anus, appelé rectorragie, n’est pas grave. Mais ses causes peuvent l’être, d’où l’importance de s’en occuper.

Les rectorragies constituent souvent un motif d’inquiétude, surtout lorsqu’elles surviennent de façon brutale. Mais rassurez-vous, dans la majorité des cas il s’agit d’une hémorragie discrète, qui ne fait craindre qu’une banale anémie si elle se poursuit trop longtemps. La gravité d’une rectorragie dépend essentiellement de sa cause. D’où l’importance de pratiquer un bilan digestif systématique à la recherche de son origine. 

Sang noir ou sang rouge ?

La couleur du sang est un élément d’orientation important :

Noir et malodorant (on parle de méléna), il s’agit d’un saignement provenant d’un segment haut du tube digestif. La coloration sombre est liée à la digestion du sang par le tube digestif à l’instar des aliments. En cause, des polypes ou une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), type maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique, ou encore un cancer.

Rouge vif, le sang provient d’un saignement proche de l’anus (il n’a pas eu le temps d’être « digéré » par le tube digestif). Il peut survenir à cause des hémorroïdes, d’une fissure anale, d’un cancer du rectum ou de la marge anale.

Dans les deux cas, le sang peut être ou non mélangé aux selles.

Hémorroïdes le plus souvent

Fort heureusement, les rectorragies sont le plus souvent liées à la présence d’hémorroïdes, internes ou externes (visibles et palpables en dehors de l’anus). Il s’agit de petites varices. Sous l’effet du passage des selles par l’anus ou de la contraction abdominale nécessaire à l’expulsion des matières, la pression dans l’hémorroïde augmente, la varice s’ouvre et laisse sortir du sang rouge vif. Attention, on peut être porteur en même temps d’hémorroïdes et d’autres problèmes digestifs. Même si vous savez que vous souffrez d’hémorroïdes, toute rectorragie doit être quand même explorée pour vérifier l’absence de cancer.

Autres causes

• Ulcération ou lésion de passage (selles dures, thermomètre, pratiques sexuelles…)
• Traitement médicamenteux (anti-inflammatoires non stéroïdiens, aspirine et anticoagulants, certains antibiotiques…)
• Chaleur
• Diverticulose colique
• Activité sportive (course à pied, haltérophilie, body-building…) qui concourt à augmenter la pression sanguine dans les hémorroïdes
• Constipation, favorisant les fissures anales
• Radiothérapie pour cancer (colite ou rectite radique)
• Angiome colique
• Ingestion de betterave, de raisin noir ou de carmin (dans ces cas, ce n’est pas du sang)
• Infection colique (amibiase, salmonellose…)
• MST (gonococcie notamment).

De l'anuscopie…

Dans un premier temps, le praticien peut choisir l’anuscopie, autrement dit un examen direct de l’anus au moyen d’un instrument muni d’un système optique permettant de mettre en évidence une fissure, des hémorroïdes, une ulcération ou un cancer de l’anus.

… à la colonoscopie

L’autre choix repose sur la colonoscopie, à même de retrouver un cancer situé plus haut. Pratiquée sous anesthésie générale, la colonoscopie permet de retrouver une lésion cancéreuse colique ou rectale, mais aussi des polypes ou des lésions inflammatoires. Elle consiste à insérer dans le tube digestif une longue fibre optique pourvue d’une caméra pivotante, d’une source lumineuse et de micro-pinces destinées à faire des prélèvements ou à retirer des petits polypes.      

Sélection de livres disponibles dans notre boutique

Mon cahier pour brasser de la bière
Recettes gourmandes anti-cancer
Vos ordonnances naturelles
Mon cahier de confitures des 4 saisons