Une forêt qui nourrit les hommes : rencontre avec Aviram Rozin

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En Inde, Aviram Rozin a créé Sadhana Forest, un vaste projet de reforestation. Respectueux de l’environnement et peu coûteux, il utilise des arbres comestibles pour redonner l’autonomie alimentaire aux populations. Ce modèle est désormais répliqué dans d’autres régions du monde.

Aviram était psychologue, sa femme Yourit architecte, lorsqu’en 2002 ils décident de tout quitter, y compris leur terre natale d’Israël, pour venir s’installer à Auroville, en Inde du sud, à la recherche d’un autre sens à donner à leur vie. C’était l’endroit idéal : Auroville est née de l’inspiration de Sri Aurobindo, philosophe et sage indien. Elle représente la cité de la paix et de l’unité humaine et une vie en harmonie avec l’environnement naturel.

Aviram et Yourit ont ainsi trouvé leur vocation en mettant sur pied le projet Sadhana Forest. Leur vision ne manquait pas d’ambition : recréer une forêt de 28 hectares sur une terre quasi désertique. Et lorsque la forêt est là, c’est l’humus qui revient, fertilisant les sols et permettant de nouveau la culture vivrière. Au bout de dix ans, plus de 27 000 arbres ont été ainsi plantés. Pour réaliser ce tour de force, Aviram a d’abord réglé le problème de l’eau. Sur des sols lessivés par la mousson, l’eau ravine sans entrer dans la terre, emportant sur son passage les jeunes pousses et tout espoir de culture. Il a donc commencé par creuser des bassins de rétention et construire des kilomètres de digues sur les terres de Sadhana. Pendant la mousson, les bassins se remplissent, pour ensuite inonder les terres et alimenter les nappes phréatiques. Après avoir sélectionné plus d’une centaine d’espèces d’arbres adaptés au climat tropical, ils ont commencé les plantations.

POUR REBELLE-SANTÉ, AVIRAM REVIENT AU CŒUR DE SON ACTION
Comment est née l'idée de créer Sadhana Forest ?
Pendant mes voyages en Inde, ma femme Yourit et moi nous avons travaillé comme volontaires dans une ferme biologique et j’ai été très impressionné de voir comment les volontaires avaient transformé un terrain aride en une ferme hautement productive. Nous avons alors décidé de commencer notre propre projet pour recréer la forêt originale de notre secteur (sur les terres d’Auroville), qui était vraiment en danger à cause du déboisement massif. C’est une mission à très long terme. Ce sont surtout les générations futures qui profiteront de ces arbres. Dans le monde d'aujourd'hui, cette sorte de planification à long terme est très rare.

Comment peut-on définir la philosophie générale de cette action ?
Joindre le geste à la parole ! Chacune de nos actions quotidiennes devrait refléter nos aspirations les plus profondes ! C’est une vie de longs efforts pour aligner nos actions sur nos aspirations et ça se joue à chaque moment de notre vie. Par exemple, on aspire à utiliser moins de ressources naturelles, mais on peut laisser le robinet ouvert en savonnant ses mains. L'aspiration est là, mais l'action n'est pas au rendezvous parce qu'on laisse des litres d'eau couler du robinet inutilement. Un autre exemple : on peut être convaincu de l’intérêt de la nourriture bio, mais parce c’est moins cher, on continue d'acheter des aliments non bio pour se nourrir.

En arrivant sur un nouveau territoire, quelles sont les premières actions que vous menez ?
La première étape est de connaître l'histoire botanique de la région et la situation des gens qui vivent là. Cela se traduit par une enquête botanique détaillée sur ce que les espèces locales peuvent apporter pour subvenir aux besoins courants, tout en créant un environnement naturel, sain et résistant à longterme.Lechoixdesespèces peut cibler des questions de santé très spécifiques. Par exemple, dans une zone où il y a de la malnutrition et une mortalité infantile très élevée, on choisira une espèce qui favorise la production de lait maternel. Au Nord du Kenya, nous utiliserons le Moringa Stenopetala à cette fin.

Dans vos campements parfois très isolés, quelles sont vos astuces de santé ?
Nous essayons toujours d'utiliser des herbes et des remèdes locaux dans la mesure du possible. Chaque culture a des solutions pour les problèmes de sa région, et apprendre à utiliser ces solutions est un aspect très important de notre intégration dans l'environnement. En Inde, nous cultivons une plante qui désinfecte les blessures, la Tridax procumbens ; pour les brûlures, nous appliquons du jus d’Aloe vera, et une autre plante, l’Andrographis alata, nous permet de soigner les morsures ou les piqûres.

De quoi avez-vous besoin aujourd'hui ?
Principalement de financement. Nous voulons impliquer beaucoup de monde dans le projet en lançant une campagne sur notre site pour une donation mensuelle aussi faible que 5 €, le prix de deux tasses de café. Cette petite somme peut devenir une aide importante si de nombreuses personnes nous soutiennent de cette façon. Nous avons l'équipe, l'expérience et la motivation pour transformer les vies de beaucoup de personnes dans le monde et nous avons besoin de votre soutien pour le faire.

POUR CONTINUER À FAIRE VIVRE LE PROJET
Vous pouvez apporter votre aide financière en adressant vos dons par chèque à :
Association Sadhana Forest France, 16 rue CEPRE, 75015 PARIS
ou par virement ponctuel ou régulier. Pour toutes les coordonnées bancaires et toute information supplémentaire : contact@sadhanaforestfrance.com

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