Vous avez le droit de ne pas prendre de petit déjeuner, si, si...

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On nous bassine pour nous faire manger le matin ! Si vous sautez le repas « le plus important » de la journée ou si vous n’obligez pas vos petits à partir à l’école le ventre plein, vous pouvez vous attendre à de sacrées remontrances ! Pourtant, difficile de trouver les preuves de cette idée bien ancrée ! On risquerait l’obésité, le diabète et la crise cardiaque, rien que ça ! Dans l’American Journal of Nutrition, sont parues en septembre les conclusions de chercheurs de l’Université de l’Alabama qui ont analysé plus de 50 études menées depuis 1990 sur l’incidence du petit déjeuner sur la santé. Eh bien devinez ? Les études sont très peu fiables et très mal interprétées, ce qui n’empêche pas les nutritionnistes de reprendre en chœur et sans réfléchir les analyses « arrangées » montrant que, sans petit déjeuner, point de salut !
Et vous l’aurez sans doute remarqué, elles sont très utiles aux fabricants de céréales raffinées bourrées de sucre et de produits laitiers qui n’hésitent pas à s’appuyer sur des résultats tournés « à leur sauce » pour vendre leurs aliments à index glycémique record !
L’un des grands spécialistes du jeûne du siècle dernier, le Dr Dewey, n’hésitait pas à conseiller à certains de ses patients de supprimer le petit déjeuner. Pour lui, l’envie de manger au lever était affaire d’habitude et non de besoin de l’organisme. Ce médecin américain a sauvé des milliers de malades abandonnés par la médecine officielle de son époque. Il proposait ce régime des « deux repas » aux personnes sédentaires, mais aussi aux travailleurs de force, et ses patients se débarrassaient ainsi, très souvent, de leurs rhumatismes et de leurs maux d’estomac. L’un de ses patients, fermier, débarrassé de son arthrite et de ses infections respiratoires avec ce « régime », déclara que « sa matinée était la meilleure moitié de sa journée, tant pour le dur travail corporel que pour la lucidité d’esprit ».
Le Dr Dewey conseillait également son système des deux repas par jour aux enfants qui, d’après lui, se développent bien mieux lorsque les aliments ont eu le temps d’être complètement digérés et assimilés. L’estomac, qui a eu le temps de se reposer, est d’autant plus efficace pour entreprendre le « traitement » du nouveau repas qui arrive. Le Dr Dewey vivait à une époque où les enfants n’étaient pas sollicités par toutes les céréales sucrées raffinées et les multiples propositions de « spécialités laitières » qui s’étalent dans les rayons de nos supermarchés.
Le bon sens ne serait-il pas de manger quand on a faim ? Si on n’a pas faim le matin, il n’y aucune raison de se forcer, vraiment ! Ni de forcer nos enfants !

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