Influence de nos produits de beauté sur notre environnement

Nous sommes de plus en plus nombreux à être attentifs à la composition de nos produits cosmétiques, pour éviter les composants dangereux pour la santé ou ceux qui peuvent être responsables d’allergies. On pense souvent moins à leur impact éventuel sur l’environnement, et pourtant…

Matières premières, procédés de fabrication, emballages : un produit d’hygiène et de beauté peut se révéler plus ou moins respectueux de la nature. Et il faut le dire, même les cosmétiques « écologiques » ne sont pas toujours au-dessus de tout soupçon, au regard de ce critère !
Sur la dizaine de milliers d’ingrédients mise à disposition des formulateurs, environ 6 000 se retrouvent couramment dans nos produits d’hygiène et de beauté. Ces matières premières sont obtenues par des biais divers, qui peuvent aller d’une simple extraction très naturelle par distillation au procédé chimique le plus lourd, provenir de la pétrochimie, de la synthèse ou de ressources naturelles, plus ou moins renouvelables…
La formule une fois fabriquée, il faut la proposer à la vente dans un contenant en verre ou en plastique, éventuellement inséré dans un étui souvent en carton, parfois lui-même scellé à l’aide d’un film plastique. Tout cela, bien sûr, n’est pas non plus sans conséquences en termes de potentiel polluant ou de recyclage des déchets.
Sans parler du bilan carbone* d’une matière première « exotique » ou d’un cartonnage fabriqué à Taïwan ! Oui, nos cosmétiques peuvent avoir des répercussions en termes écologiques. Et à ce niveau-là aussi, le consommateur peut choisir, et agir.

TOUT EST CHIMIE
Les détracteurs de la cosmétique naturelle ne se privent pas de le dire à qui veut l’entendre : il est faux de dire qu’un cosmétique peut ne pas être chimique, car en la matière, tout est chimie.  La saponification, à la base (et depuis la nuit des temps) de la fabrication d’un simple savon, est déjà une réaction chimique ! Et nombre de procédés d’extraction, d’isolement des molécules actives ou d’obtention de matières premières relèvent effectivement de la chimie.
À noter à ce propos que même une matière première d’origine végétale peut être passée par une étape de transformation chimique avant d’être intégrée dans une formule. Et c’est bien ainsi qu’il faut comprendre sur les étiquettes la nuance entre un « ingrédient naturel » (provenant directement de la production agricole, de la récolte ou de l’exploitation) et un « ingrédient d’origine naturelle » (qui peut, lui, avoir été transformé selon des procédés chimiques).

MÉTHODES DOUCES ET CHIMIE LOURDE
Mais il y a chimie et chimie. Et en termes d’impact sur l’environnement, il est bien évident qu’une torréfaction, une condensation ou même une réaction de type biotechnologique comme la fermentation (pour obtenir, par exemple, des enzymes à partir d’une culture de champignons) n’a rien à voir avec la chimie du chlore, l’irradiation ou l’éthoxylation. Cette dernière technique est très employée notamment pour l’obtention de tensioactifs, ces agents moussants que l’on retrouve systématiquement dans les gels douche, les shampooings et également dans bien d’autres produits. Elle donne naissance à tous les ingrédients de type PEG (ou encore aux composés dont le nom se termine par le suffixe –eth suivi de chiffres), et son process s’avère particulièrement polluant.

BIEN SOUS TOUS RAPPORTS ?
La seule formule d’un cosmétique ne fait pas tout. Il faut aussi considérer son environnement global (son type de conditionnement, son « bilan carbone », voire ses implications sociales)… et ses répercussions sur notre environnement à nous !

LA VRAIE COSM-ÉTHIQUE
Que faire pour agir ? Encore une fois, à son niveau, le consommateur a toujours le choix, et son pouvoir d’achat doit aussi se comprendre en capacité à influer sur le marché. Si tout le monde boycottait les cosmétiques polluants, les fabricants entendraient vite le message et ne manqueraient pas de faire porter leurs efforts sur des matières premières plus naturelles et sur des process de fabrication et de distribution plus respectueux de l’environnement.
Pour ne pas se tromper, on peut commencer par lire les étiquettes un peu plus attentivement : on y trouve souvent des informations assez éclairantes sur la vraie nature des produits. Mais, c’est vrai, pas toujours de façon très claire.
À savoir  : les labels bio (Écocert, Cosmébio, Nature & Progrès, BDIH…) offrent quelques garanties intéressantes, tant dans l’éviction des ingrédients les plus polluants que dans l’interdiction du recours à la chimie la plus lourde. Certes, ils ne prennent pas en compte, malgré leur philosophie globale, tous les aspects environnementaux d’un cosmétique (notamment en termes de packaging ou de bilan carbone), mais c’est déjà ça…

* Bilan carbone : évaluation des émissions de gaz à effet de serre induites par une activité.

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