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Le cri des Soulaillans

Mohican
Éric Fottorino
Éditions Gallimard – 288 pages – 14 x 20,5 cm – 19,50 € (livre numérique 13,99 €)

C’est un roman dans la lignée des excellents Pleine terre de Corinne Royer et La malchimie de Gisèle Bienne (paru en 2019). Un livre qui montre encore une fois ce que peut la littérature pour dire l’histoire et la souffrance du monde paysan, ce monde témoin des nombreux bouleversements du XXe siècle et qui meurt en silence dans l’indifférence créée par son isolement. Car le silence est bien le personnage principal de Mohican. C’est le silence qui s’installe entre un père et son fils, incarnant deux générations incapables de se comprendre : chantre d’une agriculture productiviste et intensive d’un côté et militant pour l’agriculture biologique de l’autre. C’est aussi le silence qui se brise, lorsque la mort vient remettre le vieux jeu de dames sur la table du salon, une fois le cancer annoncé du vieil agriculteur, en face à face avec ses souvenirs. Et c’est encore le silence qui laisse entendre les bruits de la nature, troublé par l’installation d’un champ d’éoliennes, dans cette ferme jurassienne des Soulaillans que la famille, étranglée par les dettes, les promoteurs et la marche du progrès, a été contrainte d’accepter. Alors que des engins d’acier transforment les terres nourricières en désert, décapitent les oiseaux et euthanasient le bétail, vaches et moutons qui pâturent à proximité, le journaliste écrivain ranime la mélancolie d’une nature décimée dans un plaidoyer poétique en hommage à ces hommes chargés depuis des millénaires de nourrir la planète. En écho aux prophéties du chef amérindien Seattle qui mettaient déjà en garde contre la destruction du monde, le stratagème romanesque propose un happy end en faveur de la mémoire de la terre et de l’humanité.

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